The Molotovs - Jeudi 1er Octobre 2026 - Machine du Moulin Rouge (Paris)
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The Molotovs, c’est depuis quelques mois une petite hype qui monte, qui monte. Oh pas une explosion inattendue comme celle d’Angine de Poitrine, mais quand même : un duo frère-sœur qui arpente les scènes britanniques depuis 2020, alors que Mathew et Issey Cartlidge étaient encore adolescents, en jouant une musique nerveuse et 100% anglaise, tissant un lien entre plusieurs époques glorieuses du rock d’outre-Manche, de The Jam aux Libertines, en passant par Blur. Et puis, et ce peut être une raison de leur succès, regarder Mathew et Issey ne fait pas mal aux yeux !
Ne les ayant encore jamais vus sur scène, et ayant apprécié leur premier album, Wasted Youth, paru en début d’année, nous nous rendons donc plein d’espoirs à leur concert à la Machine du Moulin Rouge, qui affiche complet avec sa jauge déjà très raisonnable de 800 personnes. En revanche, l’inquiétude règne dans la file d’attente à l’entrée de la salle, après l’annonce que le concert de la veille, au 106 de Rouen, a dû être écourté du fait d’un problème de santé (grippe ? en cette saison ?) de Mathew…
20h00 : la salle accueillante de la Machine du Moulin Rouge (une salle que nous aimons beaucoup, offrant la plupart du temps une bonne visibilité sur la scène avec ses deux coursives, son balcon et son escalier, mais surtout un excellent son et d’excellentes lumières) est déjà bien pleine quand les Anglais de The Velvet Hands – originaires plus précisément de Cornouailles - investissent la scène. Le programme offert par Live Nation ce soir est riche car The Velvet Hands, ce n’est pas un groupe de seconde zone : ils tournent depuis huit ans, et ont deux albums à leur actif, et déjà une ribambelle de chansons. Des influences très riches aussi, qui démarrent avec le punk rock classique de The Clash, mais qui couvrent aussi ce moment décisif en 1978-1979 quand le punk s’est enrichi de la tradition « pop classique » anglaise. Et puis, inévitablement pour des gens de cette génération, un impact de The Strokes, en particulier dans le chant.
Dès le démarrage pied au plancher du set, le plaisir déferle sur la fosse (composée quand même d’un public un peu plus âgé qu’on ne l’aurait attendu pour The Molotovs) : The Velvet Hands mélangent parfaitement les mélodies évidentes et l’énergie juvénile aux pics d’intensité occasionnels que l’on attend de la tradition « garage punk », une recette à laquelle nous avons bien du mal à résister ! Nous apprécierons particulièrement – évidemment - Chick Habit, la version anglaise de Laisse tomber les filles de France Gall (un titre de Gainsbourg) : bénéfice d’être à Paris, Lise, la chanteuse de Pythies qui chante sur le single, monte sur scène pour pousser la chansonnette avec le groupe. À l’autre extrémité du spectre musical, si l’on veut, il y aura un Sick of Living à toute allure, bien dans la tradition 1977, donc parfait pour les nostalgiques de cette époque.
30 minutes très convaincantes, un excellent démarrage de soirée, et un groupe qu’il ne faudra pas manquer quand il reviendra jouer à Paris : d’après notre discussion au stand de merchandising, ce serait en avril 2027, peut-être au Supersonic.
21 h : le « power trio » (dans l’esprit The Jam, donc) de The Molotovs attaque son set avec un puissant Johnny Don’t Be Scared, et tout est simplement parfait. Le look à la Paul Weller de Mathew, en plus blond peroxydé et plus mignon, le son tranchant des Rickenbacker, le martèlement furieux de la batterie, et, bien sûr… le look ravageur d’Issey qui attire bien des regards masculins. Sans même parler de son jeu de scène très expansif – surtout si l’on considère la tradition britannique des bassistes immobiles ! -, qui « dépote » vraiment… au point d’attirer même parfois un peu trop les regards ! Rhythm of Yourself, qui suit, est un titre encore meilleur, porté par une mélodie efficace, et on se rassure (à tort, on le verra) quant aux capacités vocales ce soir de Mathew, même si on remarque qu’il n’effectue pas beaucoup de ses célèbres sauts « à la Pete Townshend ».
Le nouveau et accrocheur Born In Society est une bonne nouvelle : The Molotovs ont encore de l’inspiration en réserve. Daydreaming louche vers une power pop consensuelle, ce que l’on ne saurait leur reprocher, le set est vraiment bien lancé… Quand, patatras ! Après Today’s Gonna Be Our Day, Mathew jette sa guitare au sol et quitte la scène en courant… On reste évidemment interloqués, mais Issey et Noah se lancent dans une version féline du Should I Stay or Should I Go du Clash : même si Issey n’est pas une grande chanteuse, avec la salle qui participe avec elle, c’est un beau moment.
On espère le retour de Mathew, mais on nous annonce que son état ne lui permet pas de continuer, et que le concert va s’interrompre après seulement un dernier titre ! Matthew revient quand même pour un ultime More More More, qu’on a du mal à apprécier dans ces circonstances…
Trente minutes, coitus interruptus ! C’est fini. Matthew disparaît. Issey descend dans la fosse pour « donner de sa personne », poser pour des selfies, parler avec un maximum de gens. Noah reste lui aussi pour discuter avec le premier rang. Force est d’admettre que, en dépit de leur succès déjà notable, The Molotovs ne se comportent pas comme les nombreuses mini-stars arrogantes auxquelles les groupes anglais nous ont habitués. Simples, sympathiques, voilà des musiciens comme on aime… Evidemment, la frustration est forte dans le public.
Se pose aussi la question de savoir si, connaissant le risque lié à la mauvaise santé de Mathew, le groupe a voulu quand même essayer de jouer pour satisfaire son public, ou si, hypothèse plus cynique, Live Nation a préféré que les Molotovs jouent aussi longtemps que possible afin d’éviter une annulation et le remboursement des billets…
En tous cas, Issey nous a juré que le groupe reviendrait très vite à Paris. Nous y serons, évidemment !
Les musiciens de The Molotovs sur scène :
Mathew Cartlidge – voice, guitar
Issey Cartlidge – bass, backing vocals
Noah Riley - drums
La setlist du concert (interrompu) de The Molotovs :
Johnny Don't be Scared (Rhythm of Yourself EP – 2025)
Rhythm of Yourself (Wasted on Youth – 2026)
Born In Society
Daydreaming (Wasted on Youth – 2026)
Today's Gonna Be Our Day (Wasted on Youth – 2026)
Should I Stay or Should I Go (The Clash cover)
More More More (Wasted on Youth – 2026)