Franz Ferdinand / Sparks / Biffy Clyro - Vendredi 28 Août 2026 - Festival Rock en Seine (Parc de Saint-Cloud)
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Ce vendredi de Rock en Seine au riche programme est une journée « différente » pour moi : Sparks sont programmés, et il est évidemment hors de question de manquer un seul concert des Frères Mael… qui plus est en compagnie de ma fille, grande fan devant l’éternel depuis ses huit ans (et qui a déjà vu le groupe trois fois, toujours au premier rang, bien entendu !). La présence de Sparks redéfinit donc mes priorités pour cette journée (qui sera joliment ensoleillée, qui plus est !) : ils sont le seul groupe sur la planète qui justifie de ne pas assister à la « grande messe » de Nick Cave sur la Grande Scène ! Et, cerise possible sur le gâteau, la programmation de Franz Ferdinand sur la même scène, immédiatement après eux, peut laisser espérer aux fans une réapparition « fortuite » des défunts FFS…
17h05 : Biffy Clyro, c’est un nom qui me titille depuis un petit moment : un groupe dont je n’ai jamais écouté grand-chose, qui est associé dans mon esprit à une sorte de heavy metal un peu bourrin, qui a récolté une célébrité conséquente en Grande-Bretagne mais qui végète en France, et que certains amis mélomanes de goût me recommandent chaudement. Le fait qu’ils passent juste avant Sparks sur la Scène Boursobank (ex-Scène de la Cascade, celle que j’ai toujours préféré à Rock en Seine) m’offre une occasion en or de rattraper mon retard, en me confrontant au groupe dans le meilleur élément qui soit : le live.
L’apparition de Simon Neal sur scène, torse nu et abondamment tatoué, ne me rassure pas quant à la subtilité potentielle du groupe, mais, très rapidement, l’énergie déployée interpelle, ainsi que la richesse des compositions, qui évoluent dans un genre musical certes peu innovant mais finalement assez indéfinissable : il y a bien un soupçon de classic rock un peu heavy là-dedans, mais aussi des sonorités grunge, hardcore, et même de bonnes mélodies ! Il y a surtout une remarquable énergie, jusque dans les abus lyriques occasionnels qui font, évidemment, pincer le nez aux esthètes. Mais le plus important, c’est l’enthousiasme, qu’on pourrait presque qualifier de juvénile, avec lequel le groupe joue (et pas seulement l’expansif Simon Neal !). Et une indiscutable générosité vis-à-vis d’un public clairement conquis par avance.
Pour les « retardataires » comme moi, la setlist est consacrée presque pour moitié à l’album Only Revolutions, apparemment considéré comme leur meilleur, avec trois titres quand même de leur dernier opus, Futique : une bonne base pour la découverte de leur musique ! Je me surprends donc peu à peu à dodeliner de la tête, à sourire franchement devant les excès scéniques de Simon et ses acolytes, d’admirer les beaux t-shirts noirs marqués d’un « Billy Fuckin’ Clyro » des fans dans la fosse. A noter aussi le joli hommage à la grande Dolly Parton, consistant à inclure un extrait de I Will Always Love You dans l’une des chansons. Bref, Biffy Clyro ont tout bon, sans rien révolutionner. Des gens que j’écouterai avec plus d’attention dans le futur…
18h55 : les « sachants », massés devant la scène avec leur mine réjouie, sont d’accord avec ma fille et moi : depuis le tout début des années 70, Sparks sont sans rivaux réels en termes de génie mélodique, de brillance des textes, de créativité et d’originalité musicale… et leurs concerts sont la plupart du temps un mélange impensable d’intelligence, de drôlerie et de gentillesse. Evidemment, seulement une heure de Sparks, ce sera un problème, avec un insupportable goût de trop peu.
Mais, je le dis d’emblée, ce court set s’est avéré une pure merveille : Russel, vêtu d’un costume – et de chaussures – roses flashy du plus bel effet, est en meilleure forme vocale que lors de leur dernier passage à Pleyel (on le notera avec une interprétation parfaite des notes hautes de No1 Song in Heaven), tandis que Ron semble moins fatigué, et sera même « démonstratif » selon ses standards (on repère quelques sourires çà et là, presque un miracle !).
La setlist – version raccourcie de celle de leur dernière tournée, telle que capturée dans le récent album live, On The Moon – est cette fois bien orientée électro, le passage le plus rock étant peut-être, hormis l’inévitable This Town…, une nouvelle excellente version de Running Up a Tab at the Hotel for the Fab, extraite du dernier LP, MAD!. Les deux nouveautés, par rapport au set de juin 2025 à Pleyel, sont l’apparition d’un Let’s Get Funky bien décalé, avec les deux frères se partageant les vocaux sur le devant de la scène (une image rarissime !), et puis un (Baby, Baby) Can I Invade Your Country? en version… « country », se moquant de l’expansionnisme des dictateurs, et donc parfaitement pertinente en 2026.
Même si le fantasque – et brillant - guitariste du groupe, qui s’en donne à cœur joie comme s’il faisait partie du public de fans, a fini par attirer l’attention des caméramen de scène de RES, nous sommes surtout sortis de cette heure enchantée plus amoureux des Frères Mael que jamais : les meilleurs, c’est eux !
21h05 : Bon, il est impossible de ne pas être d’accord avec tous ceux qui disent que le Franz Ferdinand d’aujourd’hui n’arrive pas à la cheville du gang écossais qui enflammait les scènes de la planète en 2003, et qui nous avait pris par surprise avec son génial Take Me Out, et avec des prestations live d’une énergie inégalable. Mais il est inutile d’être nostalgique, le temps passe et le groupe de Kapranos, même dans son nouveau format, ne démérite pas sur scène.
Surtout qu’il a comme munition les chansons d’un dernier album (The Human Fear) qui n’a pas à rougir devant les premiers que nous vénérions alors. Toujours extrêmement dynamique, spectaculaire même en live, Franz Ferdinand répond parfaitement aux attentes d’un public renouvelé, qui ne les a pas connus à leurs débuts, mais qui explose de joie à chaque chanson. Et s’il manque un peu d’émotion et de profondeur au set, Alex Kapranos fait un « Monsieur Loyal » d’un professionnalisme irréprochable. Les grands moments de la soirée, hormis l’irremplaçable Take Me Out, auront été Build It Up – meilleure mélodie du dernier album – et Hook, placé judicieusement en avant-dernière position avant le traditionnel final sur This Fire.
Et non, Russell ne sera pas monté sur scène avec FF pour chanter le Johnny Delusional dont nous rêvions, mais au moins Kapranos a dédié la chanson 40’ à Sparks !
Et voilà, il est l’heure de quitter Rock en Scène, alors que les premières notes du concert de Nick Cave résonnent dans la nuit… me laissant avec ce sentiment bienfaisant que, après trois sets d’excellente qualité (et un Sparks au sommet !), et avec la voix du grand « prophète » du rock tonnant au bord de la Seine, le Rock’n’roll est loin, bien loin d’être mort.
La setlist du concert de Biffy Clyro :
The Captain (Only Revolutions - 2009)
That Golden Rule (Only Revolutions - 2009)
Hunting Season (Futique - 2025)
A Little Love (Futique - 2025)
Black Chandelier (Opposites – 2013)
Living Is a Problem Because Everything Dies (with a snippet of "I Will Always Love You" by Dolly Parton) (Puzzle – 2007)
A Hunger in Your Haunt (The Myth of the Happily Ever After - 2021)
Goodbye (Futique - 2025)
Mountains (Only Revolutions - 2009)
Bubbles (Only Revolutions - 2009)
Many of Horror (Only Revolutions - 2009)
La setlist du concert de Sparks :
So May We Start (Annette - 2021)
Do Things My Own Way (MAD! – 2025)
Beat the Clock (Nº 1 in Heaven - 1979)
Running Up a Tab at the Hotel for the Fab (MAD! – 2025)
Let's Get Funky (Ron on vocals) (Music That You Can Dance To - 1986)
Music That You Can Dance To (Music That You Can Dance To - 1986)
When Do I Get to Sing "My Way" (Gratuitous Sax & Senseless Violins - 1994)
The Number One Song in Heaven (Nº 1 in Heaven - 1979)
This Town Ain't Big Enough for Both of Us (Kimono My House - 1974)
Whippings and Apologies (A Woofer in Tweeter's Clothing – 1972)
(Baby, Baby) Can I Invade Your Country (Hello Young Lovers – 2006)
All That (A Steady Drip, Drip, Drip - 2020)
La setlist du concert de Franz Ferdinand :
The Dark of the Matinée (Franz Ferdinand – 2004)
Night or Day (The Human Fear – 2025)
Do You Want To (You Could Have It So Much Better – 2005)
40' (Dedicated to Sparks who played on the same stage 1H earlier)
Build It Up (The Human Fear – 2025)
No You Girls (Tonight: Franz Ferdinand – 2009)
Glimpse of Love (Always Ascending – 2018)
Black Eyelashes (The Human Fear – 2025)
Walk Away (You Could Have It So Much Better – 2005) (The Human Fear – 2025)
Audacious (The Human Fear – 2025)
Michael (Franz Ferdinand – 2004)
Love Illumination (Right Thoughts, Right Words, Right Action – 2013)
Take Me Out (Franz Ferdinand – 2004)
Hooked (with Master Peace) (The Human Fear – 2025)
This Fire (Franz Ferdinand – 2004)