Gyasi - Samedi 3 Octobre 2025 - Petit Bain (Paris)
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Gyasi, c'est simple : depuis 2022, année où on a entendu parler de lui pour la première fois, chacun de ses concerts est une garantie de ne pas être déçu. Du coup, il n’y a jamais de véritable surprise : on ressort toujours de là avec « la banane », et avec les oreilles remplies de délicieux sons de guitare typiques des années glam du début des seventies. De quoi se demander pourquoi un artiste de cette trempe n’arrive pas à remplir des salles parisiennes plus grandes que la Maro ou Petit Bain où on le voit (quasiment) chaque année. Gyasi est en train de devenir l’un de ces secrets musicaux trop bien gardés que seuls les initiés se partagent, alors que le beau jeune homme de Nashville rêvait sans doute d’une carrière sinon à la Bowie, mais au moins à la Bolan (sans la fin prématurée et tragique, bien sûr). En tout cas, en ce samedi soir, Petit Bain n’est même pas totalement complet, même s’il se remplit vite d’une foule bigarrée et enthousiaste… mais pas aussi jeune qu’on l’aimerait…
19h50 : Nous ne sommes pas particulièrement excités par la perspective d’une première partie assurée par Soft Palms, duo US présenté comme faisant de la dream pop, un genre musical qui nous donne souvent… sommeil. C’est que nous n’avions pas écouté leur dernier album, In Echo, qui, sans perdre un aspect « flottant », marque un virage vers une drôle de musique sentant le déséquilibre malsain à plein nez… et qui sera joué en quasi-intégralité. Dès le début, la guitariste chanteuse Julia Kugel combine étrangement le son abrasif de sa guitare avec un chant de petite fille perverse, tombant occasionnellement dans de petits dérapages quasi-psychotiques. Les mélodies louchent du côté de la pop sixties, il y a de jolies chansons presque commerciales (comme l’excellente Nervous As Hell), il y a de légères tendances « grunge » aussi… Mais ce qui stupéfie, ce sont des montées en intensité inattendues, en particulier dans un fracassant final, enchaînant un Radio quasi punk et un The Wedding Song bien ironique avec ses « Show up and shut up / Do what I say, do what I want » en illustration des joies du mariage. 35 minutes intrigantes, et des gens qu’on essaiera de suivre désormais.
20h50 : Après la soirée quasi-zeppelinesque que nous avait offerte Gyasi à la Maro l’année dernière et la récente parution de l’album Songs From The Holler, consacré à des reprises acoustiques dépouillées de classiques du blues, on s’attendait, logiquement, à voir notre guitar hero anticonformiste nous plonger dans une autre soirée blues rock… Eh bien, inutile de faire durer le suspense, il n'en sera rien !
Au contraire, ce soir, Gyasi et son band vont revenir au glam rock de leurs débuts, dans une version quand même un tantinet plus « heavy » pour faire bonne mesure. Est-ce l’influence de la redoutable guitariste Leilani Kilgore, qui n’était pas là en 2025, et revient cette fois rendre le son plus explosif, plus punk, plus heavy metal ? Peut-être, mais en tout cas, ce soir, beaucoup moins de longs soli à la Jimmy Page, priorité à l’efficacité des chansons, et à l’intensité des duels de guitare spectaculaires. À propos de la guitariste, il nous faut admettre que, du fait de son passage du blond au noir corbeau et d'une robe très féminine à un look cuir / metal, nous n’avons pu reconnaître Leilani que grâce à ses très beaux tatouages…
La setlist de ce soir va puiser de manière équilibrée dans toute la discographie de Gyasi, y compris son récent single, You've Got the Look, une chanson découverte il y a déjà un an à la Maro… ce qui permet de constater que le « style Gyasi » est resté cohérent au fil des années. Une identité renforcée par une interprétation plutôt « rentre-dedans », avec des soli beaucoup moins dilués, mais donnant toutefois lieu à ces moments spectaculaires dont Gyasi est friant : poses provocatrices et postures archétypales des guitar heroes seventies (au second degré, heureusement). Car Gyasi et son groupe prennent visiblement un énorme plaisir à être là, à partager leur musique avec un public qui répond à leur enthousiasme. On regrettera des lumières difficiles, et un niveau de voix insuffisant pour le public du premier rang : pour le reste, le son de la basse de Cole Bearden est remarquable, et la combinaison des deux guitares de Leilani et Gyasi irrésistible.
Nous avons droit, comme toujours, à la pause « cabaret + boa » sur 23, seul moment un peu plus calme du set, et à la fin du rappel à un court crowdsurfing de Gyasi lui-même. Un rappel original, puisque Gyasi nous jouera d’abord une chanson récemment composée et offerte par son acolyte de chez Alice Cooper, Dennis Dunaway (le bassiste historique du Alice Cooper Group) : An American In Paris est un hommage parfait à la capitale, ville où Gyasi termine sa tournée européenne, et amuse avec ses « Ouh Là Là » caricaturaux que nous reprenons tous en chœur. S’ensuit une reprise – rajoutée au feutre sur la setlist – brouillonne mais évidemment satisfaisante du Rebel Rebel de Bowie, joli cadeau aux spectateurs les plus âgés dans la foule qui ont vécu les années 70. Et le set se termine avec le jouissif Bang Bang (Runaway), extrait du dernier album.
On se quitte rapidement, le staff de Petit Bain devant préparer la salle pour la soirée « club » traditionnelle du samedi soir, mais nombreux sont quand même ceux qui s’attardent au merch où les attend un Gyasi souriant de toutes ses dents. Visiblement aussi satisfait que nous ! On savait tous que Gyasi serait excellent, mais on ne savait simplement pas quel Gyasi on allait retrouver, et cette coloration très glam / heavy rock’n’roll de la soirée a été un vrai bonheur.
Les musiciens de Soft Palms sur scène :
Julia Kugel – voix, guitare
Scott Montoya – batterie
La setlist du concert de Soft Palms :
Batshit (In Echo – 2026)
Rainbows (Soft Palms – 2020)
Garbage In The Sand (In Echo – 2026)
Nervous As Hell (In Echo – 2026)
Pretty Dancer (Soft Palms – 2020)
Bone Dry (Soft Palms – 2020)
Baddy (Soft Palms – 2020)
Dog 'n' Bone (In Echo – 2026)
Pretty Boring (In Echo – 2026)
In Plain Sight (In Echo – 2026)
Radio (In Echo – 2026)
The Wedding Song (In Echo – 2026)
Les musiciens de Gyasi sur scène :
Gyasi — chant, guitare
Leilani Kilgore — guitare
Cole Bearden — basse/claviers
Sam Skorik — batterie
La setlist du concert de Gyasi :
Cheap High (Rock N’ Roll Sword Fight – 2024)
Mind explorer
She Says (Here Comes The Good Part – 2025)
Tongue Tied (Androgyne – 2019)
Androgyne (Androgyne – 2019)
Teacher (Rock N’ Roll Sword Fight – 2024)
You've got the look (Single – 2026)
Baby Blue (Rock N’ Roll Sword Fight – 2024)
Lightning (Here Comes The Good Part – 2025)
Kiss Kiss (Androgyne – 2019)
23 (Rock N’ Roll Sword Fight – 2024)
Godhead (Pronounced Jah-See – 2022)
Snake City (Here Comes The Good Part – 2025)
All Messed Up (Pronounced Jah-See – 2022)
Encore:
American in Paris (Dennis Dunaway song)
Rebel Rebel (David Bowie cover)
Bang Bang (Runaway) (Here Comes The Good Part – 2025)
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