Canalblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...

29 août 2026

Franz Ferdinand / Sparks / Biffy Clyro - Vendredi 28 Août 2026 - Festival Rock en Seine (Parc de Saint-Cloud)

Ce vendredi de Rock en Seine au riche programme est une journée « différente » pour moi : Sparks sont programmés, et il est évidemment hors de question de manquer un seul concert des Frères Mael… qui plus est en compagnie de ma fille, grande fan devant l’éternel depuis ses huit ans (et qui a déjà vu le groupe trois fois, toujours au premier rang, bien entendu !). La présence de Sparks redéfinit donc mes priorités pour cette journée (qui sera joliment ensoleillée, qui plus est !) : ils sont le seul groupe sur la planète qui justifie de ne pas assister à la « grande messe » de Nick Cave sur la Grande Scène ! Et, cerise possible sur le gâteau, la programmation de Franz Ferdinand sur la même scène, immédiatement après eux, peut laisser espérer aux fans une réapparition « fortuite » des défunts FFS…

17h05 : Biffy Clyro, c’est un nom qui me titille depuis un petit moment : un groupe dont je n’ai jamais écouté grand-chose, qui est associé dans mon esprit à une sorte de heavy metal un peu bourrin, qui a récolté une célébrité conséquente en Grande-Bretagne mais qui végète en France, et que certains amis mélomanes de goût me recommandent chaudement. Le fait qu’ils passent juste avant Sparks sur la Scène Boursobank (ex-Scène de la Cascade, celle que j’ai toujours préféré à Rock en Seine) m’offre une occasion en or de rattraper mon retard, en me confrontant au groupe dans le meilleur élément qui soit : le live.

L’apparition de Simon Neal sur scène, torse nu et abondamment tatoué, ne me rassure pas quant à la subtilité potentielle du groupe, mais, très rapidement, l’énergie déployée interpelle, ainsi que la richesse des compositions, qui évoluent dans un genre musical certes peu innovant mais finalement assez indéfinissable : il y a bien un soupçon de classic rock un peu heavy là-dedans, mais aussi des sonorités grunge, hardcore, et même de bonnes mélodies ! Il y a surtout une remarquable énergie, jusque dans les abus lyriques occasionnels qui font, évidemment, pincer le nez aux esthètes. Mais le plus important, c’est l’enthousiasme, qu’on pourrait presque qualifier de juvénile, avec lequel le groupe joue (et pas seulement l’expansif Simon Neal !). Et une indiscutable générosité vis-à-vis d’un public clairement conquis par avance.

Pour les « retardataires » comme moi, la setlist est consacrée presque pour moitié à l’album Only Revolutions, apparemment considéré comme leur meilleur, avec trois titres quand même de leur dernier opus, Futique : une bonne base pour la découverte de leur musique ! Je me surprends donc peu à peu à dodeliner de la tête, à sourire franchement devant les excès scéniques de Simon et ses acolytes, d’admirer les beaux t-shirts noirs marqués d’un « Billy Fuckin’ Clyro » des fans dans la fosse. A noter aussi le joli hommage à la grande Dolly Parton, consistant à inclure un extrait de I Will Always Love You dans l’une des chansons. Bref, Biffy Clyro ont tout bon, sans rien révolutionner. Des gens que j’écouterai avec plus d’attention dans le futur…

18h55 : les « sachants », massés devant la scène avec leur mine réjouie, sont d’accord avec ma fille et moi : depuis le tout début des années 70, Sparks sont sans rivaux réels en termes de génie mélodique, de brillance des textes, de créativité et d’originalité musicale… et leurs concerts sont la plupart du temps un mélange impensable d’intelligence, de drôlerie et de gentillesse. Evidemment, seulement une heure de Sparks, ce sera un problème, avec un insupportable goût de trop peu.

Mais, je le dis d’emblée, ce court set s’est avéré une pure merveille : Russel, vêtu d’un costume – et de chaussures – roses flashy du plus bel effet, est en meilleure forme vocale que lors de leur dernier passage à Pleyel (on le notera avec une interprétation parfaite des notes hautes de No1 Song in Heaven), tandis que Ron semble moins fatigué, et sera même « démonstratif » selon ses standards (on repère quelques sourires çà et là, presque un miracle !).

La setlist – version raccourcie de celle de leur dernière tournée, telle que capturée dans le récent album live, On The Moon – est cette fois bien orientée électro, le passage le plus rock étant peut-être, hormis l’inévitable This Town…, une nouvelle excellente version de Running Up a Tab at the Hotel for the Fab, extraite du dernier LP, MAD!. Les deux nouveautés, par rapport au set de juin 2025 à Pleyel, sont l’apparition d’un Let’s Get Funky bien décalé, avec les deux frères se partageant les vocaux sur le devant de la scène (une image rarissime !), et puis un (Baby, Baby) Can I Invade Your Country? en version… « country », se moquant de l’expansionnisme des dictateurs, et donc parfaitement pertinente en 2026.

Même si le fantasque – et brillant - guitariste du groupe, qui s’en donne à cœur joie comme s’il faisait partie du public de fans, a fini par attirer l’attention des caméramen de scène de RES, nous sommes surtout sortis de cette heure enchantée plus amoureux des Frères Mael que jamais : les meilleurs, c’est eux !

21h05 : Bon, il est impossible de ne pas être d’accord avec tous ceux qui disent que le Franz Ferdinand d’aujourd’hui n’arrive pas à la cheville du gang écossais qui enflammait les scènes de la planète en 2003, et qui nous avait pris par surprise avec son génial Take Me Out, et avec des prestations live d’une énergie inégalable. Mais il est inutile d’être nostalgique, le temps passe et le groupe de Kapranos, même dans son nouveau format, ne démérite pas sur scène.

Surtout qu’il a comme munition les chansons d’un dernier album (The Human Fear) qui n’a pas à rougir devant les premiers que nous vénérions alors. Toujours extrêmement dynamique, spectaculaire même en live, Franz Ferdinand répond parfaitement aux attentes d’un public renouvelé, qui ne les a pas connus à leurs débuts, mais qui explose de joie à chaque chanson. Et s’il manque un peu d’émotion et de profondeur au set, Alex Kapranos fait un « Monsieur Loyal » d’un professionnalisme irréprochable. Les grands moments de la soirée, hormis l’irremplaçable Take Me Out, auront été Build It Up – meilleure mélodie du dernier album – et Hook, placé judicieusement en avant-dernière position avant le traditionnel final sur This Fire.

Et non, Russell ne sera pas monté sur scène avec FF pour chanter le Johnny Delusional dont nous rêvions, mais au moins Kapranos a dédié la chanson 40’ à Sparks !

Et voilà, il est l’heure de quitter Rock en Scène, alors que les premières notes du concert de Nick Cave résonnent dans la nuit… me laissant avec ce sentiment bienfaisant que, après trois sets d’excellente qualité (et un Sparks au sommet !), et avec la voix du grand « prophète » du rock tonnant au bord de la Seine, le Rock’n’roll est loin, bien loin d’être mort.

La setlist du concert de Biffy Clyro :

The Captain (Only Revolutions - 2009)

That Golden Rule (Only Revolutions - 2009)

Hunting Season  (Futique - 2025)

A Little Love (Futique - 2025)

Black Chandelier (Opposites – 2013)

Living Is a Problem Because Everything Dies (with a snippet of "I Will Always Love You" by Dolly Parton) (Puzzle – 2007)

A Hunger in Your Haunt (The Myth of the Happily Ever After - 2021)

Goodbye  (Futique - 2025)

Mountains (Only Revolutions - 2009)

Bubbles (Only Revolutions - 2009)

Many of Horror (Only Revolutions - 2009)

La setlist du concert de Sparks :

So May We Start (Annette - 2021)

Do Things My Own Way (MAD! – 2025)

Beat the Clock (Nº 1 in Heaven - 1979)

Running Up a Tab at the Hotel for the Fab (MAD! – 2025)

Let's Get Funky (Ron on vocals) (Music That You Can Dance To - 1986)

Music That You Can Dance To (Music That You Can Dance To - 1986)

When Do I Get to Sing "My Way" (Gratuitous Sax & Senseless Violins - 1994)

The Number One Song in Heaven (Nº 1 in Heaven - 1979)

This Town Ain't Big Enough for Both of Us (Kimono My House - 1974)

Whippings and Apologies (A Woofer in Tweeter's Clothing – 1972)

(Baby, Baby) Can I Invade Your Country (Hello Young Lovers – 2006)

All That (A Steady Drip, Drip, Drip - 2020)

La setlist du concert de Franz Ferdinand :

The Dark of the Matinée (Franz Ferdinand – 2004)

Night or Day (The Human Fear – 2025)

Do You Want To (You Could Have It So Much Better – 2005)

40' (Dedicated to Sparks who played on the same stage 1H earlier)

Build It Up (The Human Fear – 2025)

No You Girls (Tonight: Franz Ferdinand – 2009)

Glimpse of Love (Always Ascending – 2018)

Black Eyelashes (The Human Fear – 2025)

Walk Away (You Could Have It So Much Better – 2005) (The Human Fear – 2025)

Audacious (The Human Fear – 2025)

Michael (Franz Ferdinand – 2004)

Love Illumination (Right Thoughts, Right Words, Right Action – 2013)

Take Me Out (Franz Ferdinand – 2004)

Hooked (with Master Peace) (The Human Fear – 2025)

This Fire (Franz Ferdinand – 2004)

28 août 2026

Wednesday - Jeudi 27 août 2026 - Festival Rock en Seine (Parc de Saint-Cloud)

Il faut l’admettre, le programme concocté en 2026 par les responsables de Rock en Seine a fait briller les yeux de tous ceux qui regrettaient la quasi-disparition du Rock durant de longues années. Les journées de vendredi, samedi et dimanche sont tout simplement glorieuses, que ce soit au niveau des têtes d’affiches qu’à celui des groupes et artistes moins célèbres. Mais comme la fête risquait d’être trop belle, la météo semble avoir décidé de perturber autant que possible un festival qui ne méritait pas ça. Qu’importe ! Nous n’allons pas résister à l’appel du rock’n’roll.

Bon, le programme de ce jeudi est encore dirigé avant tout à l’attention des fans d’electro, de rap et de pop, mais j’ai décidé de risquer le tout pour le tout (surtout de me faire tremper !) pour enfin voir sur scène Wednesday, dont j’avais manqué leur dernier passage au Trabendo, ainsi que Florence Road, jeune groupe irlandais que la jeunesse (enfin, celle qui écoute du Rock) plébiscite.

16h25 : alors que la Grande Scène est déjà bien remplie par un public attendant les stars de la soirée, le programme commence donc par un groupe de Rock, atypique par rapport à la programmation de ce jeudi, Florence Road : les jeunes Irlandaises originaires de Bray (ce qui nous change de Dublin), ont très rapidement captivé les rockers de la nouvelle génération, avec un style musical qui peut rappeler celui des Cranberries ou de U2, pour nommer d’autres enfants du pays. Du lyrisme, une voix qui n’hésite pas à en faire des tonnes, des solos de guitare en veux-tu, en voilà : rien de nouveau sous le soleil, mais les réseaux sociaux portent le groupe.

Dès le début, on réalise que, en effet, pas mal de gens très jeunes dans la foule apprécient beaucoup ce groupe : c’est une bonne nouvelle pour le Rock ! La moins bonne, c’est que Florence Road, en dépit de sa jeune gloire, peine à convaincre. La voix de Lily Aron est puissante, mais ne nous caresse pas dans le sens du poil, nous qui avons un problème avec les « gueulardes », comme nous les appelons. Les solos de guitare sont spectaculaires, mais très envahissants, façon seventies. Et les chansons n’ont, dans leur ensemble, pas grand-chose d’original. Bon, le final sur Break The Girl a toutefois bien fonctionné, grâce à une mélodie bien troussée, et en dépit de ses « La La La » trop clicheteux. Au final, je me suis un peu ennuyé, mais je dois admettre que, globalement, le public de la Grande Scène a été enthousiaste.

L’attente est longue jusqu’au set de Wednesday, mais ça me permet au moins de me restaurer, avant d’affronter le premier orage de l’après-midi qui fait fuir tout le monde, dans une tentative désespérée d’échapper aux torrents d’eau qui se déversent sur le Parc de Saint-Cloud…

18h45 : la pluie s’est calmée, mais ça n’est apparemment que temporaire. La scène AXS (ex-scène du Bosquet, rebaptisée au nom de l’un des sponsors) accueille un public assez international, pour accueillir Wednesday : ce groupe de Caroline du Nord, chantant la vie des gens ordinaires du Sud USA, est évidemment adepte de la country music et de l’Americana en général. Mais Wednesday, c’est plus compliqué que ça : ils se revendiquent punks « purs et durs » et mélangent leur musique « traditionnelle » à un indie rock parfois très grunge. Le groupe a bénéficié en termes de notoriété de la présence à la guitare de MJ Lenderman, mais la star de l’alt-country a été depuis remplacée par un nouveau guitariste, Spider, qui va se révéler très convaincant.

Wednesday est donc beaucoup LE groupe le plus attendu de la journée, et ils ne vont pas décevoir. Leur set, qui débordera de cinq minutes sur le temps prévu (punks toujours !), démarre par une période d’observation mutuelle : la scène est encore trempée, comme le public massé devant, et le mélange de genres, avec une pedal steel guitar très présente, mais distordue, surprend un peu. Et puis, à mi-course, après un touchant hommage country à Dolly Parton (« une vraie punk », d’après Karly Hartzman, la charismatique chanteuse de Wednesday), tout se met en place.

Ce qui provoque ce basculement du set, c’est un nouvel orage qui se déverse sur nous : la majorité des spectateurs décident de rester, et résistent stoïquement ; le groupe, lui, recule juste de quelques pas, protège les pédales dans des sacs plastiques, et se met à jouer littéralement comme si sa vie en dépendait. Et les dernières trente minutes du set sont magiques, jusqu’à un final ultra-violent (enchaînant les très punks Bull Believer et Wasp), d’une folle générosité.

Un grand moment de rock’n’roll, en dépit – ou peut-être à cause – des circonstances difficiles.

Glacé jusqu’à la moelle, je décide de - malheureusement - faire une croix sur le concert de Kompromat, qui me tentait bien. Espérons que, demain, le temps sera plus compatible avec le plaisir d’assister à un festival !

Les musiciennes de Florence Road :

Lily Aron – voix et guitare

Emma Brandon – guitare

Ailbhe Barry – basse

Hannah Kelly - batterie

La setlist du concert de Florence Road :

7563 (Single – 2026)

Storm Warnings (Spring Forward EP – 2026)

Heavy (Fall Back EP – 2025)

Figure It Out (Fall Back EP – 2025)

Miss (Spring Forward EP – 2026)

Hanging Out to Dry (Spring Forward EP – 2026)

Surprise Surprise

Goodnight (Fall Back EP – 2025)

Break the Girl (Fall Back EP – 2025)

La setlist du concert de Wednesday :

Reality TV Argument Bleeds (Bleeds – 2025)

Got Shocked (Rat Saw God – 2023)

Fate Is... (I Was Trying to Describe You to Someone – 2020)

Wound Up Here (By Holdin On) (Bleeds – 2025)

Hot Rotten Grass Smell (Rat Saw God – 2023)

Candy Breath (Bleeds – 2025)

Phish Pepsi (Bleeds – 2025)

Pick Up That Knife (Bleeds – 2025)

Twin Plagues (Twin Plagues – 2021)

Elderberry Wine (Bleeds – 2025)

Bitter Everyday (Bleeds – 2025)

Townies (Bleeds – 2025)

Bull Believer (Rat Saw God – 2023)

Wasp (Bleeds – 2025)

22 août 2026

The Bats - Vendredi 21 Août 2026 - Point Ephémère (Paris)

Quarante-quatre ans à faire la même musique, sans changement de style mais avec la même inspiration, et avec la même formation de quatre musiciens, qui d’autre que The Bats peut prétendre à ça ? Car oui, leur excellent dernier album, Corner Coming Up (de 2025) pourrait avoir été composé et publié en 1987, à la place de leur premier, Daddy’s Highway, qu’on n’y trouverait rien d’anormal, rien à y redire. Le seul côté négatif de cette incroyable obstination – mêlée de résilience – c’est que nos très, très chers Bats ne remplissent pas mieux à Paris que le Point Ephémère : on ne peut donc pas dire que le succès commercial ait été au rendez-vous. Mais le plaisir, non le bonheur, plutôt, de jouer – pour eux – et celui de les écouter – pour nous -, oui !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20h30 : la soirée commence devant une salle déjà complète avec le duo franco-américain Special Friend (accompagné ce soir par un troisième larron aux claviers), ce qui est une excellente combinaison avec The Bats, musicalement : ils jouent un indie-rock à la fois intimiste et pétulant, alternant entre « ligne claire » et sons plus lourds, avec des vocaux à deux voix qui fonctionnent joliment – même si, comme il se doit dans ce style de musique, qui est née quelque part avec le fameux troisième album du Velvet Underground, ça ne porte pas à conséquence de chanter parfois un peu faux.

Petite déception quand même pour nous qui suivons le duo depuis ses débuts et l’excellent Ennemi Commun, il y a cinq ans déjà, la setlist est consacrée en quasi-totalité au nouvel album (dix titres sur les douze interprétés), ce qui nous prive de chansons que nous aimions sur les disques précédents, et tend à créer une certaine uniformité. Il reste que ce set de 45 minutes constitue une belle confirmation de la valeur de ce groupe discret mais talentueux.

21h30 : changement de matériel express, en une dizaine de minutes, et Paul, Malcolm, Robert et Kaye sont là devant nous, neuf ans après leur dernier passage à Petit Bain. Neuf ans qui ont marqué les visages et les corps – aussi bien sur scène que dans la salle, le fidèle public du groupe n’ayant pas rajeuni non plus -, mais… pas la musique de nos Néo-Zélandais préférés (depuis l'AVC de Chris Knox et le décès de Martin Phillips, il ne reste plus que The Bats pour nous remémorer les grandes heures du « Dunnedin sound »).

Première – et très agréable – constatation : comme pour les Meatbodies il y a dix jours, le son et les lumières sont impeccables, et s’il n’y avait le problème récurrent de la chaleur dans la salle (… alors que dehors, il fait frais !), le Point Ephémère remonterait franchement dans notre top des salles parisiennes. Et ce son des Bats, qu’est-ce qu’il nous fait du bien ! Les deux guitares claquent et cisaillent, la rythmique propulse les comptines répétitives et faussement simples du groupe, avec les voix – un peu en retrait – qui planent au-dessus, comme un baume charmant. Tout simplement idéal pour une heure de voyage les yeux grands ouverts et le sourire aux lèvres

 

 

 

 

Si ce n’est qu’ils sont désormais accompagnés d’un cinquième musicien, bien plus jeune qu’eux, Ryan Fisherman aux claviers et parfois aux percussions, le quatuor reste inchangé : Robert Scott est toujours renfrogné, et a besoin désormais d’énormes anti-sèches posées devant lui sur la scène pour les paroles de ses chansons, Malcolm Grant continue à marteler ses fûts sans décocher un seul sourire, Kaye Woodward se concentre largement sur son remarquable travail de soliste à la guitare (gros plaisir que de la voir opérer !), et c’est au jovial Paul Kean qu’incombe la communication avec les spectateurs, ce dont il s’acquitte avec une classe et une gentillesse rares. On notera d’ailleurs qu’il semble connaître pas mal de spectateurs dans la salle, ce qui reflète la fidélité d’un public qui suit le groupe sur plusieurs dates de sa tournée européenne.

 

La setlist de ce soir est assez impeccablement composée, avec dix-sept titres (dont un rappel parfait avec North by North), dont quatre du dernier album et quatre du premier, confirmant que le grand écart entre 1987 et 2025 n’en est pas un pour The Bats, le reste des chansons se répartissant sur le reste de leur discographie. On regrettera bien sûr ne pas avoir plus entendu de chansons de Fear of God et The Law of Things, les classiques du début des années 90, mais on se réjouira d’une magnifique version de Claudine, l’un des premiers « hits » (relatifs) du groupe, et d’un Smoking Her Wings d’anthologie. Même s’il est toujours délicat d’extraire des chansons d’un répertoire aussi cohérent que celui de ce groupe.

Un dernier point non négligeable : on avait cru comprendre qu’il s’agirait de la dernière tournée du groupe, donc de l’ultime occasion de les voir sur scène chez nous, mais Paul a répété à deux reprises qu’ils reviendraient – ou essaieraient de revenir -, ce qui nous a donné encore plus le sourire.

Ce qui s’appelle une belle soirée, bonne pour l’âme.

Les musiciens de Special Friend sur scène :

Erica Ashleson – chant, batterie

Guillaume Siracusa – chant, guitare

???? - claviers

La setlist du concert de Special Friend :

Theoretical (Clipping – 2026)

Unwound (Clipping – 2026)

Clipping (Clipping – 2026)

Breakfast (Clipping – 2026)

Isolation (Clipping – 2026)

Mold (Clipping – 2026)

Selkie (Wait Until The Flames Come Rushing In – 2023)

Nothing (Clipping – 2026)

Mustard (Clipping – 2026)

Paints a Picture (Clipping – 2026)

Fault Lines (Wait Until The Flames Come Rushing In – 2023)

OOO (Clipping – 2026)

Les musiciens de The Bats sur scène :

Paul Kean – bass, guitar, vocals

Malcolm Grant - drums

Robert Scott – lead vocals, guitar

Kaye Woodward – lead guitar, bass, vocals

Ryan Fisherman – claviers, percussions

La setlist du concert de The Bats :

Lucky Day (Corner Coming Up – 2025)

Trade in Silence (Foothills – 2020)

Busy (The Deep Set – 2017)

Claudine (Compiletely Bats - 1990)

Up to the Sky (At the National Grid – 2005)

Round and Down (Daddy’s Highway – 1987)

Horizon (At the National Grid – 2005)

Mir (At the National Grid – 2005)

Rooftops (The Deep Set – 2017)

Block of Wood (Daddy’s Highway – 1987)

A Line to the Stars (Corner Coming Up – 2025)

Corner Coming Up (Corner Coming Up – 2025)

Smoking Her Wings (The Law of Things – 1990)

Loline (Corner Coming Up – 2025)

Made Up in Blue (Daddy’s Highway – 1987)

Boogey Man (Fear of God – 1991)

Encore:

North by North (Daddy’s Highway – 1987)

14 août 2026

Phoenician Drive - Jeudi 13 Août 2026 - Supersonic (Paris)

En ce mois d’août 2026, le Supersonic défend presque seul la cause du Rock’n’roll dans un Paris déserté et écrasé par la canicule. Comme de plus, la salle est équipée d'une excellente climatisation, on pourrait espérer la voir bien remplie tous les soirs, autant d’aficionados de music live que de noctambules assoiffés de fraîcheur. Ce n'est malheureusement pas le cas en ce jeudi torride précédant le 15 août quand nous débarquons au « Superso », et il n'y aura guère que deux dizaines de personnes pour accueillir le premier groupe de la soirée…

20h35 : Beaucoup déplorent dans la programmation en grande partie remarquable de la salle la présence de groupes français débutants en ouverture de soirée, surtout d’ailleurs pendant la période des congés estivaux. Les Normands de Stangs présentent en effet pas mal des défauts que l’on retrouve régulièrement dans le rock hexagonal : des parties vocales faibles, (surtout quand on se met à brailler !) et ce manque de puissance assez endémique – qui renvoie malheureusement à la malédiction « lennonienne » (« le rock français, c’est comme le vin anglais… »). Dans le cas de Stangs, on regrettera aussi une guitare insuffisamment agressive pour le style de musique interprété, un classic rock parfois heavy, et souvent un assez mélodique. Les chansons, respectant fidèlement les codes du genre, sont loin d’être mauvaises, mais le trio n'est pas encore prêt à les défendre devant un auditoire qui ne soit pas composé que de membres de la famille et d'amis. On les reverra avec plaisir quand ils auront bossé et appris le métier sur le dur. En fait, l'une des grandes causes de la faiblesse du rock français, c'est qu'il nous manque une structure nationale qui permette aux jeunes groupes de jouer tous les soirs et de grandir ainsi en se frottant à un public exigeant. On réclame un Supersonic dans chaque ville française de plus de 100.000 habitants !

21h30 : Avouons-le, on est venus ce soir beaucoup pour Ralph of London, un artiste anglais installé dans le Nord de la France qu'on a suivi, il y a cinq ans, avec admiration, et puis qu’on a ensuite perdu de vue. C’est donc pleins d'espoir qu’on attend de voir où il en est aujourd'hui.

C’est en format duo qu'il se présente sur scène : Ralph est au chant et à la guitare électrique avec un maximum de vibrato (l’une de ses marques de fabrique) et sa complice Diane au mélodica, aux claviers et au chant. Ils nous expliquent que cela fait trois ans qu'ils n'ont pas joué sur scène... ça se sentira dans quelques imprécisions, qui confèreront au set de 40 minutes un aspect lo fi très touchant. Ralph est un compositeur talentueux, et les trois premiers titres se révèlent enchanteurs, en particulier le parfait Hopeless Melody, joyau de l’album The Potato Kingdom. Puis on attaque la partie plus « expérimentale » de la setlist : des rythmes chaloupés traduisant le goût de Ralph pour les musiques africaines (A Song for the Gamekeeper), des constructions vocales entre Denise et Ralph pas toujours au point, et toujours ce petit côté psyché barrettien (même si Ralph clame plutôt son amour pour Sparklehorse…), avec des dissonances parfois audacieuses.

Peut-être qu'une partie du public décroche à ce moment-là, toujours est-il qu'on en arrive à cette situation où certaines conversations bruyantes dans la salle deviennent dérangeantes, un problème récurrent au Supersonic quand la musique cesse d'être bruyante. Les deux derniers titres, leur « classique » Dotty qui rend hommage au Ray Davies de Lola avec un petit esprit Kurt Cobain, et un très beau Concrete Breeders (extrait de RBX Midnight, leur dernier disque, datant de 2025), seront plus consensuels. On a quand même le sentiment que Ralph sort de scène pas très satisfait du set. Nous, en tous cas, on est heureux qu'il soit de retour !

22h35 : Changement radical de genre avec le sextet bruxellois de Phoenician Drive, qui se lance avec quelques minutes de retard au démarrage dû au matériel évidemment plus complexe à installer.

 

Leur musique est assez indescriptible, même si le Supersonic a attiré le chaland avec les noms aguicheurs de King Gizzard et Altin Gün : il est vrai qu’il y a des accents psyché dans les longs morceaux du groupe, et que les sonorités orientales sont très présentes, en particulier avec ce qui ressemble à une version « customisée » d’un oud. Sur scène, il y trois guitares - ou deux guitares et un oud, mais traité comme une guitare électrique, et joué par l’étonnant virtuose qu’est Gaspard Vanardois -, une basse, une batterie et un multi-instrumentiste : tout cela permet à Phoenician Drive de produire de longs morceaux parfois imprégnés d'accents orientaux ou balkaniques (il y a même sur Bicky Beach, joué en hommage à l’ancien batteur du groupe, présent dans la salle, des tonalités surf rock instrumental, quelque part entre les Shadows et la musique de western), mais qui font souvent plus que flirter avec l'abstraction post rock. Des titres souvent instrumentaux mais parfois sublimés par des chœurs lyriques. Des tentations krautrock aussi… A chaque fois, c’est comme un univers nouveau qui s'ouvre, et le groupe nous entraîne dans une sorte de long voyage imaginaire, à moins qu'on soit en train de contempler les yeux fermés et le corps saisi de transes de petits films hallucinés.

Et puis, presque sur chaque morceau, il y a un moment de montée en puissance, ou en amplitude, ou en tension, sans que jamais on aille jusqu’à l'explosion. Seulement à la possibilité d'une explosion extatique. Phoenician Drive nous offre un festival de sons inouïs, avec quelques passages incroyables à la guitare électrique, avec des percussions titanesques (quel batteur !), avec des chants tribaux, avec même un retour temporaire à des structures rock indie, jusqu’à un final fracassant (Rollercoaster le bien nommé), où nous perdons tous nos repères qui nous permettraient de qualifier ce qu'on entend. C'est fort, c’est beau, le public du Supersonic répond avec enthousiasme pendant cinquante-cinq minutes d’un trip total… Au point où l’on se demande pourquoi on ne connaissait pas ces gens-là… qui nous disent pourtant que c'est la troisième fois de leur carrière qu'ils jouent au Supersonic, après 2016 et 2018 !

C’est en tous cas une expérience musicale remarquable que Phoenician Drive nous a offert, prouvant encore une fois – ce qui n’était pas nécessaire – que la Belgique est un incroyable vivier de grands groupes de Rock.

La setlist du concert de Ralph of London :

Viceheads

Hopeless Melody (The Potato Kingdom – 2020)

Stars

Shade

A Song for the Gamekeeper (Longformacus – 2016)

Patron

Rose of Shame (Yellow Sky Highway – 2022)

Warps of Life (The Potato Kingdom – 2020)

Dotty (The Potato Kingdom – 2020)

Concrete Breeders (RBX MIDNIGHT – 2025)

Les musiciens de Phoenician Drive sur scène :

Valérian Meunier - guitare, chant

Matthieu Peyraud - basse, chant

Gaspard Vanardois - guitare, oud

Diego Moscoso - percussions, claviers

Joaquin Garcia Bermudez - guitare

Jérémie Mossey - batterie

La setlist du concert de Phoenician Drive :

Dictator

Pull the Tiger (Glow – 2023)

Bicky Beach (Phoenician Drive – 2018)

Holy Security (Glow – 2023)

Coltrane

Urban Sailors (Glow – 2023)

Aguas Del Olvido II (Live in Brussels ‘23 – 2025)

Rollercoaster

 

 

12 août 2026

Meatbodies - Mardi 11 Août 2026 - Point Ephémère (Paris)

C’est l’été, il fait (très) chaud, il n’y a personne dans Paris : c’est donc le moment pour Meatbodies de venir jouer chez nous, dans une salle qu’ils peineront à remplir, et bien entendu sans clim’ ! On rigole, on rigole, mais ce serait bien de pouvoir apprécier ce groupe exceptionnel dans des conditions plus confortables, et avec le public qu’il mérite…

Le Point Ephémère est en travaux, et le seul bar ouvert est celui de la salle de concerts, ce qui oblige à organiser un flux inhabituel pour les nombreux consommateurs qui veulent profiter de la terrasse en ces jours d’été brûlants où il convient d’éviter la déshydratation. Le staff arrive malgré tout à gérer le mini-chaos pour que les portes de la salle se referment et s’ouvrent à nouveau pour les mélomanes à 20h. Dans la salle, on remarque le sol refait à neuf, et l’odeur de peinture fraîche, mais aussi que ce sont toujours quelques maigres ventilateurs qui vont brasser lourdement l’air chaud ce soir. On en serait presque heureux que le concert n’affiche pas complet, même si un groupe de la classe de Meatbodies devrait remplir une telle salle sans problème…

20h30 : On attaque avec Romance, des Parisiens dont le premier album doit sortir en septembre, qui s’auto-qualifie de « dandy punk », et qui a pas mal d’atouts pour lui : une entrée sur scène sur la musique iconique de Twin Peaks, des textes en français, des chansons rusées et mélodiques, un chanteur qui se donne à fond, un bel esprit de groupe, où l’on sent que chacun s’amuse. On remarque aussi l’importance du saxo, qui ajoute une touche inhabituelle et bienvenue dans la musique du groupe. Les morceaux ne sont malheureusement pas tous emballants, il y aurait du tri à faire dans la setlist, mais leur set de 40 minutes se termine par deux très bons titres, Faute à moi et Le Net. Incontestablement des gens à suivre, dans un style « très français » qui ne plaira pas à tout le monde, mais réjouira ceux qui déplorent que le rock hexagonal soit largement consacré à la copie de genres musicaux anglo-saxons.

21h45 : La scène du Point Ephémère est bien maintenant dégagée pour laisser respirer l’impressionnant « power trio » qu’est désormais Meatbodies, depuis le départ de Casey Hanson : Chad Ubovich, virtuose de la six cordes et compositeur inspiré, Dylan Fujioka batteur athlétique et excellent choriste pour prêter main forte au boss, et Noah Guevara, bassiste élégant qui tient la baraque avec un flegme de… bassiste ! On notera que Chad porte cette fois un t-shirt plus inattendu, à l’effigie de Suicide. Et que Dylan, torse nu (logique, vu la chaleur des lieux, qui doit sembler irréelle à des Californiens habitués à l’air conditionné glacé qui prédomine chez eux), nous laisse admirer son physique impeccable.

Le set démarre sur Hole, extrait de Flora Ocean Tiger Bloom, le dernier album en date – et leur meilleur, sans aucun doute – de Meatbodies, paru il y a deux ans. Si la voix de Chad est un peu en retrait dans le mix (ce qui sera partiellement corrigé par la suite), on remarque immédiatement un son fantastique, assez inhabituel, il faut le reconnaître, au Point Ephémère : félicitations à l’ingé son, qui a fait des merveilles et va nous permettre de jouir de la virtuosité des trois musiciens dans des conditions idéales. Et nous offrir ce qui aura été, à notre humble avis, le meilleur set des Meatbodies auquel nous ayons assisté, à date.

Même si la musique du groupe est un assemblage brillant de styles, entre rock psyché, grunge, classic rock, avec des moments planants assez shoegaze et des accélérations heavy metal teintées de punk rock (comme sur le jouissif Disorder qui suit), c’est – curieusement ? – à Neil Young que Chad nous fait penser ce soir : sans doute sa manière d’aller chercher sur sa guitare des sonorités complexes, hantées parfois, conjuguant musicalité fine et explosions de violence, en se reposant sur une section rythmique d’une fiabilité totale.

La setlist va alterner des titres de Flora Ocean Tiger Bloom, plus lourds, planants et psychés, et des brûlots des albums précédents, voire également ce qui nous a paru être des inédits (de nouveaux titres pour le prochain disque ?), conférant à la soirée une belle variété de genre qui sera pour beaucoup dans sa réussite. Bon, impossible de nier que la pop immédiate, furieuse et frénétique de Mountain est toujours un gros coup de cœur, mais c’est aussi quand le trio part dans de longues explorations complexes – comme sur un Move absolument parfait, qui frôlera les dix minutes - que Meatbodies impressionne.

Il faut noter, dans un registre plus léger, que Chad, taquin comme jamais, avait décidé que, ce soir, les mecs dans l’assistance devaient exposer leur ventre (supposé être bien rond du fait de la consommation de bière), et qu’il échouera largement dans ses tentatives répétées de nous transformer en un public US standard : comme quoi, même quand on partage les mêmes goûts musicaux, il y a des différences culturelles qui résistent ! Dernière tentative pour nous convaincre : il commence à jouer Seven Nation Army (sympa pour Jack White !), prouvant d’ailleurs qu’il n’a rien à envier en termes de maniement de la six cordes au guitar hero suprême de notre époque.

… Un set qui, comme d’habitude, sera bouclé en une heure (avec quand même un rappel en bonus…), et qui ne laissera personne frustré, cette fois. Un festival de guitare et une confirmation brillante des talents d’explorateur musical de Chad Ubovich, dans cette configuration en trio qui semble idéale pour lui.

On imagine qu’on se retrouvera en plein été dans deux ans, cette fois avec un nouvel album à soutenir !

La setlist du concert de Romance :

Méhari

Cigarettes et Verveine

Sueurs Froides

Je suis coupable

Aventurier

D'yeux que pour toi

Prague

Combien tu prends ?

Arkansas

Faute à moi

Le Net

La setlist du concert de Meatbodies :

Hole (Flora Ocean Tiger Bloom - 2024)

Disorder (Meatbodies - 2014)

They Came Down (Flora Ocean Tiger Bloom - 2024)

Mountain (Meatbodies - 2014)

Silly Cybin (Flora Ocean Tiger Bloom - 2024)

You thought

Move (Flora Ocean Tiger Bloom - 2024)

Fools Fold Their Hands (Grievous Evils Under the Sun) (Alice - 2017)

Reach for the Sunn (333 – 2021)

Off (Meatbodies - 2014)

Gyre (Alice - 2017)

Encore:

Feed the Void

24 juillet 2026

The Datsuns, Public House et Straight Arrows - Jeudi 23 Juillet 2026 - Square Dom Bedos (Bordeaux)

Pour tous ceux qui ne peuvent pas être à Binic – l’un des plus beaux festivals de France - en cette fin juillet, il y a une bonne nouvelle : certains groupes de la programmation de la Nef D Fous profitent de leur venue en France pour tourner un peu, avant ou après le festival. Ce qui nous vaut ce jeudi une bien belle affiche à Bordeaux, dans le cadre du Festival Relâche… en tous cas pour ceux qui aiment leur rock brutal et remuant (australien, quoi !). The Datsuns – néo-zélandais, en fait, mais bon -, Public House (découverts et déjà applaudis à Binic l’année dernière) et nos petits chéris de Straight Arrows (depuis leur album On Top! de 2018…) se produisent dans l’enceinte du bien sympathique Square Dom Bedos, à l’arrière de l'église Ste Croix.

Ouverture des portes à 19h, le site comporte pas mal de stands, nourriture, boissons, artisanat, merchandising, il y a de quoi s’occuper en attendant l’ouverture des hostilités musicales. Malheureusement le public met du temps à arriver, et se masse d’abord craintivement loin de la scène…

Ce qui fait que quand les « garage punk rockers » de Sydney, Straight Arrows montent débutent leur set, à 20h30, ils ne reçoivent pas l’accueil qu’ils méritent. Pourtant, très rapidement, alors qu’ils enchaînent des brûlots bien troussés de deux minutes, il est clair qu’on a affaire à un groupe également passionnant sur scène. Owen Penglis est un chanteur leader bien remuant, avec un petit côté Pete Townshend pour ses moulinets à la guitare… mais également dans sa musique. Car comme chez les grands ancêtres, toutes les chansons sont soit mélodiquement solides, soit portées par des riffs sanglants, soit les deux. La musique de Straight Arrows est joyeuse, énergique et très efficace. On a aussi remarqué qu’Owen portait un bandage à son poignet droit : il nous explique avoir été mordu par un chien, et avoir déjà composé une chanson sur cette mésaventure, Dog Bite, un punk rocker colérique que le groupe va nous interpréter. Une grosse demi-heure de bonheur quasi-total, qui souffre seulement d’un enthousiasme limité de la part d’un public encore clairsemé…

21h35 : … ce qui ne sera pas le cas avec Public House : devant un public désormais conséquent et agréablement turbulent, ils mettent le feu - comme à chaque fois - avec leur mélange de hard et de punk (hardcore), avec Wolfgang Buckley (ex-Stiff Richards), leur chanteur surexcité qui sait comme personne comment mettre une foule dans sa poche. C'est un crescendo dévastateur de violence et de colère (politique), en particulier quand le groupe attaque son hit actuel, Police State, qui questionne l’état de la démocratie dans nos sociétés : Wolfgang se déchaîne sur l’avancée de la scène, puis descend dans le moshpit « éveiller » tout le monde à la danse chaque membre du public. On regrettera quand même que ça devienne un peu trop violent, alors que dans le public, nombreuses sont les jeunes femmes qui se font bousculer. Bordeaux, il y a encore des progrès à faire en termes de comportement masculin dans les concerts punks !

Bon, les copains du groupe qui jouent aussi à Binic viennent renforcer le quatuor pour que le set se termine dans une atmosphère de liesse et de chaos : Public House est en effet rejoint sur scène par leur « driver » (?) à la guitare, puis par des membres de Straight Arrows et des Datsuns. L'esprit Binic souffle sur Bordeaux, et c'est impressionnant ! On notera un final bref et furieux sur le morceau Future, un appel à prendre en main le nôtre, qui sonne particulièrement pertinent en ce moment. 45 minutes d'une belle intensité, qui permet à cette musique parfois un peu simpliste de se transcender sur scène.

23h00 : la préparation du matériel de The Datsuns a été assez laborieuse et a pris plus se temps que prévu (un problème technique ?), ce qui fait que les tueurs néo-zélandais sont visiblement un peu énervés quand ils attaquent leur set. Leur look – vêtus de noir, cheveux longs – très seventies correspond idéalement à leur musique, qui ce soir, nous est livrée dans une version sonnant particulièrement extrémiste. Par rapport à leur dernier passage parisien, l’année dernière à la Maroquinerie, on dirait que le groupe a durcit son jeu, tout en rendant sa musique plus froide, plus impérieuse. Avec des lumières agressives au point de nous brouiller la vue (et on ne parle même pas de faire des photos corrects), les Datsuns sont là pour déployer ce soir une véritable démonstration de force.

Ce qui cause, avouons-le, un choc « thermique » après la bouillante énergie de Public House. Et ça se sent dans le public qui, mis à part les « vrais fans » connaissant bien le groupe qui sont en transe au premier rang, semble assez circonspect durant les vingt premières minutes. Le « tube » Sittin’ Pretty est joué sans doute trop tôt dans le set pour nous embarquer en dépit de son efficacité, et je trouve, comme à chaque fois, qu’il y a quelque chose de « clinique » dans la manière dont The Datsuns jouent leur (Hard) Rock « killer ». Difficile donc de s’exciter, de lâcher les amarres et de sombrer dans la frénésie. Bien sûr, le fabuleux Mf from Hell – qui aurait pu figurer sur Tyranny and Mutation du Blue Öyster Cult – fait toujours un p… d’effet.

Cela dit, on peut penser que dans l’atmosphère particulièrement torride du Festival de Binic, il y aura plus de chances que l’hystérie générale se déclenche que dans un Square Dom Bedos avec assez peu de fans de ce genre de musique extrême ! Alors, vous qui serez là-bas, vous nous raconterez !

La setlist du concert de Straight Arrows :

Headache (On Top! – 2018)

Don't Shoot Me (Surface World – 2025)

Petrified (Rising – 2014)

21st Century (On Top! – 2018)

Middleman (EP – 2026)

Make Up Your Mind (Rising – 2014)

Once Before

Never Enough (Rising – 2014)

It Happens Again (It’s Happening – 2010)

Out and Down (On Top! – 2018)

Fast Product (Surface World – 2025)

Dog Bite

Haunted Out (It’s Happening – 2010)

Bad Temper (It’s Happening – 2010)

13 juillet 2026

The Patti Smith Quartet - Dimanche 12 Juillet 2026 - Folies Bergère (Paris)

Patti Smith est l’une des icônes absolues du Rock. Quand on repense à la jeune femme immortalisée par Mapplethorpe sur la pochette elle aussi iconique de Horses, son premier album, et l’un des piliers ou des sommets, suivant l’allégorie que l’on préfère, du Rock, on prend pleinement la mesure du temps qui passe : elle a aujourd’hui 79 ans. Revoir encore et encore Patti sur scène, tant qu’elle peut encore physiquement nous offrir ce bonheur, n’est pas une option, c’est une nécessité. Et un luxe, aussi. Car à la différence de nombre d’artistes de son âge, voire plus jeunes (on pense au semi-naufrage qu’a été le concert de Costello il y a peu), Patti a conservé sa voix, sa force d’expression, son impact « physique » en live.

Il vaut mieux le savoir avant de pénétrer dans une salle des Folies Bergères bien climatisée et aux sièges semble-t-il rénovés, le Patti Smith Group historique n’est plus : exit les fidèles Lenny Kaye et Jay Dee Daugherty, on est passés au Patti Smith Quartet, une formation beaucoup moins punk / garage rock, beaucoup plus « cosy », comprenant surtout le fidèle des fidèles des deux dernières décennies, Tony Shanahan, à la basse et aux claviers, et le fils Jackson Smith à la guitare.

Le set est prévu très tôt ce dimanche, peu après 19 heures et sans première partie, et nombreux seront ceux qui manqueront une partie du concert de Patti, et ce d’autant que, la veille, les horaires étaient un peu plus « habituels », avec un démarrage à 20 heures. Image « iconique » oblige, le public est de tous les âges – même si les vingtenaires sont plus rares -, mais pas forcément « populaire », étant donné le prix des places.

19h10 : Patti Smith est là, accueillie par une salve bruyante d’applaudissements. Elle a un grand sourire sur le visage, elle irradie le plaisir d’être là, même si l’on réalise vite qu’elle se déplace plus lentement, qu’elle a plus de mal à se baisser pour prendre sa gourde. La lumière est excellente, et Patti demandera même qu’on l’augmente, sans doute parce qu’elle a des problèmes de vision… cela nous change très agréablement de la quasi-obscurité dans laquelle se réfugient les groupes d’aujourd’hui. On mentionnera aussi que le son restera parfait du début à la fin du set d’une heure quarante-cinq minutes, à la fois précis et chaleureux : les conditions sont idéales pour profiter de Patti !

Toujours militante – mais en faveur de l’humanité et de la poésie, plus que directement « anti-Trump », ses premiers mots sont pour affirmer que dans un monde divisé, fragmenté même, comme le nôtre, nous affirmer en tant que « peuple » est essentiel. Et que c’est pour ça qu’elle lance le set par Ghost Dance, cette magnifique chanson reprenant l’histoire des États-Unis là où elle aurait dû se poursuivre, avec les Indiens d’Amérique, les « native Americans » dansant ensemble pour l’unité, pour la vie : « We shall live again, we shall live again / We shall live again, shake out the ghost dance ! ». Impossible de retenir une larme, à ce moment-là, tant c’est fort, tant c’est beau. Et comme Patti enchaîne avec l’également sublime Dancing Barefoot, on s’accroche pour ne pas trembler de saisissement : on pourrait bien être au début de l’un des concerts de l’année !

Revenge, moins marquant, nous permet de nous ressaisir. On remarque le jeu de guitare du fiston Jackson, plus souple, plus fluide, presque jazzy par moments, que celui de Lenny Kaye, qui colore la musique d’une atmosphère plus « laidback », clairement moins rock qu’auparavant. Patti nous raconte ses échanges à la librairie parisienne « Shakespeare & Co », où on lui a raconté la lecture historique par William Burroughs de son Naked Lunch, à laquelle assistait Allen Ginsberg qui s’était dévêtu pour sa propre lecture afin de frapper l’auditoire… Parfaite introduction pour nous offrir un poème de Ginsberg : c’est Spell (sur l’album moins connu Peace and Noise…). Patti a chaussé ses grosses lunettes pour lire le texte, mais sa voix est ferme, sa conviction magnifique, et le crescendo musical final bouleversant. « The world is holy! The soul is holy! The skin is holy! The nose is holy! The tongue and cock and hand and asshole holy! »…

La version de Summer Cannibals que le Patti Smith Quartet nous offre ensuite nous rappelle que Gone Again avait été un bon disque de retour aux affaires de Patti après un long silence, mais c’est quand même quand elle reprend son éternelle posture de « fan éternelle » que Patti montre qu’elle n’a pas changé. On ne célèbrera pas Rimbaud cette fois, mais Jim Morrison : par le récit de sa première visite au Père Lachaise en 1973 (avant qu’il ait une vraie pierre tombale), puis par l’évocation d’un rêve où Jim s’évade d’une statue de pierre dans laquelle il était prisonnier… C’est la genèse de la chanson Break It Up, qui est interprétée dans la foulée, mais à laquelle manque les cris de la guitare de Lenny Kaye. Et l’hommage est sublimé par une très belle version du Crystal Ship des Doors (« on croirait que la chanson a été écrite pour elle ! », me murmure un ami…).

Et c’est là que le set, jusque-là impeccable, se délite. Patti prend sa pause, ce qui est bien compréhensible, laissant la scène – et le chant – à Shanahan : le groupe nous inflige une mauvaise version du Walk On The Wild Side de Lou Reed, avec un Shanahan particulièrement à la peine aux vocaux (il s’en rend compte et s’en excuse : « Ils m’ont forcé à le faire ! »), puis une reprise anecdotique du Isn’t It a Pity de George Harrison. Quand Patti revient, la faiblesse de la fin de la setlist ne va pas lui permettre de retrouver la même magie : trois titres mous de Gone Again et de Trampin’, alors qu’on espérait les brûlots rock de premiers albums, c’est dur à avaler. Quant au final sur l’incontournable Because the Night, s’il enflammera le public, il faut bien avouer que la version qu’en joue le Patti Smith Quartet manque de flamme et de conviction.

Le rappel se réduit à une seule chanson, l’anodin Power to the People, qui ne vaut réellement que par ses paroles. C’était néanmoins sympathique d’accueillir sur scène Jesse, la fille de Patti, aux claviers… Gloria, indiqué sur la setlist avec un point d’interrogation, passera à la trappe, mais vu le profil du groupe, ce n’est peut-être pas plus mal.

Pour finir, le « grand concert » entraperçu s’est évanoui dans une seconde partie qui manquait de fougue et d’intensité, mais on ne peut guère parler de déception : ce serait très injuste, tant la voix et la présence de Patti Smith sur scène ont constitué un motif de grand bonheur. Une icône, on vous dit.

Les musiciens de Patti Smith sur scène :

Patti Smith – chant, poésie, guitare

Jackson Smith – guitare électrique

Tony Shanahan – basse, claviers

Seb Rochford – batterie

La setlist du concert de Patti Smith :

Ghost Dance (Easter - 1978)

Dancing Barefoot (Wave – 1979)

Revenge (Wave – 1979)

Spell (Footnote to Howl) (Allen Ginsberg poem) (Peace and Noise – 1997)

Summer Cannibals (Gone Again – 1996)

Break It Up (Horses - 1975)

The Crystal Ship (The Doors cover)

Walk on the Wild Side (Lou Reed cover) (Tony Shanahan sang lead)

Isn't It a Pity (George Harrison cover) (Tony Shanahan sang lead)

Fireflies (Gone Again – 1996)

Beneath the Southern Cross (Gone Again – 1996)

Peaceable Kingdom (Trampin’ – 2004)

Because the Night (Easter - 1978)

Encore:

People Have the Power (Dream of Life – 1988) (With her daughter Jesse joining on keyboards)

4 juillet 2026

Elvis Costello & The Imposters - Vendredi 3 Juillet 2026 - Olympia (Paris)

Je l’affirme avec fierté, Elvis Costello a été pour moi, pendant dix ans – à partir de son My Aim Is True en 1977 jusqu’à la première déception qu’ a été le virage de Spike – l’artiste qui a affiné mon approche de la musique, ainsi que mes goûts en la matière : prépondérance de la mélodie dans une tradition pop classique, importance primordiale des textes (je considère Costello comme LE plus grand parolier du Rock, lui qui a même dépassé Ray Davies), versatilité musicale plutôt que fidélité à un seul style, et puis, en live… capacité à déclencher des émotions déchirantes comme des élans de colère épique. Quelque part, je sais que je juge toujours les artistes en utilisant la « grille Costello », sorte de standard de la perfection dans mon monde à moi. Et puis, rappelons, ce qui n’est pas rien, que c’est Costello qui m’a initié à l’Americana, à la country music, à toutes ces choses « exotiques », qui semblaient bien éloignées, quand j’avais 20 ans et quelques, de ma « culture punk londonienne ».

Aller revoir Costello sur scène, après son cancer, après toutes ces années à l’avoir manqué, était donc un must, mais aussi un risque énorme : comment se confronter au déclin d’un artiste aussi essentiel dans ma cosmogonie ? Et ce d’autant que les critiques britanniques avaient été assassines à propos de cette tournée consacrée peu ou prou à la première décennie de Costello : vocalement, c’était en général l’adjectif « désastreux » qui revenait le plus souvent dans les comptes-rendus. Et puis, l’annulation du concert de la veille pour des raisons de santé venait en rajouter une couche…

19h30 : dans une Olympia en configuration assise, remplie principalement de quinquagénaires blanchis sous le harnais (ce qui est logique), un artiste français, Kessada, ouvre les hostilités. Il est accompagné de deux jeunes femmes, l’une derrière deux ordinateurs, et l’autre à la guitare. Le premier morceau est intrigant, mélange bizarre de chanson française, de rock et de bidouillages électroniques, porté quand même par une jolie énergie quand le géant Kessada (il mesure deux mètres trois, me semble-t-il, une information communiquée par l’artiste lui-même quand il raconte qu’on le harcelait à l’école quand il était… petit) se laisse aller aux percussions. Malheureusement, cet intérêt initial s’étiole rapidement au fil des morceaux suivants, qui sombrent dans une quasi-nullité qui ne peut que nous consterner.

Disciple sincère de Frédéric François, Kessada se vautre dans les clichés de la pire variétoche hexagonale, sans avoir même la voix qui lui permettrait de faire illusion. A ses côtés, ses deux acolytes font de la figuration, voire ce qui ressemble à du playback pour la guitariste – en tout cas à peu près inaudible dans le mix. Voici l’une des choses les plus médiocres qu’on ait entendues depuis longtemps, au point qu’on se demande, alors que la scène Rock française est aussi riche en talents, pourquoi Kessada est là devant nous. Il nous expliquera qu’il a travaillé avec Steve Nieve, le génial pianiste de Costello, durant le confinement (et d’ailleurs, un EP conjoint a été produit à l’époque), ce qui confirme que le copinage n’est pas la meilleure façon de respecter le public.

20h30 : C’est Ghost Rider de Suicide qui annonce l’entrée en scène d’Elvis Costello et de ses Imposters (soit les Attractions sans Bruce Thomas, mais avec un autre bassiste), accompagnés du formidable Charlie Sexton à la guitare. Plutôt un bon signe, évidemment, indiquant qu’Elvis veut « en découdre ».

On sait, pour avoir regardé les setlists de la tournée, que le concert aura trois volets : on débutera par des chansons des tous débuts de Costello, puis on changera de registre musical en abordant ses aventures country / folk / soul US, avant de terminer par un retour au Rock énervé, et par les « tubes » les plus intenses et / ou les plus connus. Ce qu’on ne sait pas, par contre, ce sont les titres qui seront joués, près de la moitié de la setlist changeant chaque soir ! Ce qui est incontestablement un « plus ».

Mais ce qui est horrible, c’est que le démarrage de la soirée est littéralement cauchemardesque, avec un Elvis qui chante horriblement faux, dont la voix n’est plus capable d’offrir une interprétation au minimum acceptable des chansons. Mais aussi avec un groupe « mou du genou », sans aucune dynamique musicale, affaiblissant systématiquement les morceaux. Et, cerise sur un gâteau bien pourri, un son pâteux, voire boueux, indigne de l’Olympia, une salle où on a très souvent entendu le meilleur. Il n’y a honnêtement rien à sauver des premières quarante-cinq minutes du set, qui plongent d’ailleurs la salle tout entière soit dans la consternation, soit dans la torpeur. Lovers’ Walk peut-être ? D’autant que la guitare de Charlie Sexton est la seule chose qui surnage de ce gloubi-boulga indigne. En tous cas, Mystery Dance ne fera danser personne, le génial Watching the Detectives est une réelle souffrance, et même la chanson parfaite qu’est Beyond Belief ne ressemble absolument à rien. A ce stade, il est tout à fait logique de vouloir mettre fin à notre souffrance et de quitter la salle.

Costello, portant désormais une petite moustache ridicule, reste le cabotin qu’il a toujours été, même si les quelques blagues qu’il fera ne feront rire personne, et qu’on le préférait logiquement en rocker méchant qu’en septuagénaire conciliant. C’est à ce moment que le groupe, qui était jusque là positionné sur la droite de la scène (hormis Steve Nieve), émigre vers la gauche, et se rapproche autour d’Elvis, pour la partie « roots / US » du set. Une vraie rupture qui va permettre à la soirée de repartir d’un autre pied… même si le démarrage sur Almost Blue est encore une fois catastrophique, Elvis étant désormais incapable de la chanter. Heureusement, survient alors une belle reprise du Who Will the Next Fool Be de Charlie Rich, où, par miracle, Costello retrouve son style vocal de toujours – un style certes clivant, mais déchirant. La version totalement réinterprétée du sublime Everyday I Write the Book est loin d’être la meilleure qu’on ait entendue, mais fait l’affaire pour panser nos plaies. Je prie à ce moment là pour que Costello nous épargne Shipbuilding, les retours sur la chanson ayant été terrifiants dans les concerts précédents : heureusement, ce sera le cas.

Brilliant Mistake nous rappelle pourquoi King of America était (et reste) un chef d’œuvre, Alison résiste au traitement vocal infligé (cette chanson est capable de résister à n’importe quoi), Clubland est une horreur qu’on essaie d’oublier très vite, avant que A Good Year for The Roses vienne nous toucher, en nous remémorant notre première rencontre, via Costello, avec la country music. Il faut souligner que pendant tout ce second set, la complicité entre le brillant Charlie Sexton à la guitare et le non moins excellent bassiste / contrebassiste Davey Faragher permet de sauver musicalement les passages les plus périlleux.

Reste à passer sous le « rouleau compresseur » que, finalement, nous attendons tous. Les six chansons qui suivent, enchaînées sans une respiration (Chelsea, Pump It Up, No Action, Radio Radio, I Can't Stand Up for Falling Down et High Fidelity) sont logiquement une tuerie : Elvis chante toujours aussi mal, le groupe est toujours aussi approximatif, le son toujours aussi brouillon, mais le public est enfin debout, et je crois que tout le monde vit cet enchaînement de merveilles absolues dans sa tête. On n’entend pas ce qui est joué sur scène, on entend les morceaux idéaux tels qu’ils existent dans notre mémoire, tels qu’ils ont constitué notre ADN musical.

La soirée se conclut au bout de deux heures par le classique de Brinsley Schwarz, Peace, Love and Understanding, qui, dans le monde de 2026, prend les allures d’une véritable profession de foi, voire d’une déclaration politique : « As I walk through this wicked world / Searching for light in the darkness of insanity / I ask myself, "Is all hope lost? / Is there only pain and hatred and misery?" » (Alors que je traverse ce monde mauvais / En quête de lumière dans les ténèbres de la folie / Je me demande : « Tout espoir est-il perdu ? / N'y a-t-il que douleur, haine et misère ? »).

Pas si mal de sortir de l’Olympia, même si on a été terriblement déçu, même si on a parfois souffert le martyre devant le massacre de chansons autant aimées, avec ce titre en tête. Pas sûr qu’on retourne un jour voir Costello jouer sur scène, mais en tous cas, alors que l’âge et la maladie le privent aujourd’hui de la capacité de rendre à son propre songbook l’hommage qu’il médite, ces chansons tiennent toujours bon, un demi-siècle plus tard. Il nous incombe donc à nous tous de les relayer, de faire en sorte qu’elles ne soient pas oubliées.

Les musiciens d’Elvis Costello sur scène :

Elvis Costello — chant, guitares, piano

Steve Nieve — claviers / piano / melodica

Pete Thomas — batterie

Davey Faragher — basse, contrebasse

Charlie Sexton — guitare

La setlist du concert d’Elvis Costello :

Radio Sweetheart (Taking Liberties - 1980)

Sneaky Feelings (My Aim Is True - 1977)

Living in Paradise (This Year’s Model - 1988) (With snippets of Domino by Van Morrison)

Mystery Dance (My Aim Is True - 1977)

Watching the Detectives (Single – 1977) / Help Me

Crimes of Paris (Blood & Chocolate – 1986)

Lovers Walk (Trust - 1981)

Beyond Belief (Imperial Bedroom - 1982)

Almost Blue (Imperial Bedroom - 1982) (With All or Nothing At All and snippet of Adieu Paris)

Who Will the Next Fool Be (Charlie Rich cover)

Everyday I Write the Book (Punch the Clock - 1983)

Don't (Elvis Presley cover) (Played only part of this song)

Lovable (King of America - 1986)

Brilliant Mistake (King of America - 1986)

Alison (My Aim Is True - 1977)

Honey, Are You Straight or Are You Blind? (Blood & Chocolate – 1986)

Clubland (Trust - 1981)

A Good Year for the Roses (+ snippets of Suspicious Minds & Always on My Mind) (George Jones cover) (Almost Blue – 1981)

(I Don't Want to Go to) Chelsea (This Year’s Model - 1988)

Pump It Up (This Year’s Model - 1988)

No Action (This Year’s Model - 1988)

Radio Radio (Single – 1978)

I Can't Stand Up for Falling Down (Sam & Dave cover)(Get Happy! - 1980)

High Fidelity (Get Happy! - 1980)

(What's So Funny 'Bout) Peace, Love and Understanding (Brinsley Schwarz cover) (Armed Forces – 1979)

13 juin 2026

Aldous Harding - Vendredi 12 Juin 2026 - Salle Pleyel (Paris) :

Après cinq semaines de confinement à domicile pour cause de fracture de la cheville (même pas dans une salle de concert !), je fais mon retour grâce à l'ami Jérôme, qui a bien voulu me revendre sa place au balcon à Pleyel pour Aldous Harding. Tout le monde connaît mon aversion pour le fait d'assister à un concert assis, mais je n'allais pas faire la fine bouche, d'autant que mon plâtre et la rééducation qui suivra vont m'empêcher d'être debout dans la fosse pendant encore plus d'un mois.

La salle Pleyel n’est évidemment pas sold out ce soir pour une artiste aussi clivante que la Néo-Zélandaise, et ce d’autant que son dernier album, qui charge la barque au niveau des « bizarreries », et abandonne largement les dernières sonorités « folk », a recueilli autant de critiques mitigées que de louanges. Mais heureusement, le remplissage de la salle sera suffisant pour ne pas créer un sentiment désagréable de « vide », même si, quand la première partie monte sur scène à 20h, les rangées de sièges et la fosse sont encore bien dégarnies.

Cette première partie, Vera Ellen, une artiste indie néo-zélandaise réputée, qui plus est signée chez Flying Nun, soit « la » référence en termes de label, est a priori assez attirante, et ce d’autant qu’elle se présente sur scène en format « groupe ». Malheureusement, les premiers morceaux semblent s’éterniser sans que grand-chose ne s’en dégage, ni du point de vue mélodique, ni – surtout - émotionnel. Ce qui fait que l’intérêt retombe peu à peu, en dépit d’un public « bien élevé » qui applaudit poliment. Il faut attendre Sangria, le quatrième morceau, pour avoir l’impression que quelque chose se passe sur scène. Et puis Broadway Junction, en avant-dernier sur la setlist, dégage enfin une vraie et belle émotion. On sait que Vera Ellen a souffert de graves problèmes de santé et n’a pas toujours été sereine non plus, et on comprend qu’elle se protège (elle se plaindra d’ailleurs d’être trop « exposée » du fait des lumières fortes sur scène, sans que personne de l’équipe Pleyel ne remédie au problème, ce qui n’est pas très bienveillant) : il reste qu’elle ne dévoile pas grand-chose de ses sentiments, à part sur Broadway Junction, justement, et que, hormis de beaux vocaux, parfois en harmonie avec ses musiciens, on a le sentiment d’assister à un set tout en retenue, voire en sécheresse. Elle nous demande de passer à son stand de merchandising à la fin, pour acheter son dernier album, HEAVEN KNOWS WHAT TIME, ce qui pourrait « changer sa vie » ! Pas sûr malheureusement qu’elle ait convaincu suffisamment de spectateurs…

21h00 : Aldous Harding est là, accompagnée par un quatuor qui comprend d’ailleurs deux claviers : nous savons, grâce aux retours de son concert de la veille à Rouen, que son set sera en majeure partie consacrée à son nouvel album, Train on the Island, et donc que les claviers seront prépondérants. Nous avions déjà vu des photos du nouveau look d’Aldous – cheveux très courts et blouson -, donc pas de surprise à ce niveau-là. Après une intro extrêmement « suspendue » avec l’enchaînement de Train on the Island et I Ate The Most, deux titres hantés du nouveau disque, elle n’empoignera sa guitare acoustique qu’au troisième (One Stop), et ne reviendra – un peu - à ses « origines folk » qu’au quatrième, le beau Treasure, extrait de Designer… qui semblera d’ailleurs littéralement libérer un public extrêmement silencieux et recueilli, peut-être décontenancé par l’atmosphère presque glaciale du set. Venus in the Zinnia reçoit de belles acclamations, mais c’est probablement le curieux If Lady Does qui représente le plus clairement la singularité musicale actuelle de Harding.

Les tentatives de spectateurs de s’adresser à elle (« We Love You », « How Are You ? ») sont accueillies par une fin de non-recevoir : « I’m on stage, so I’m alright, but I’m not gonna talk too much you know… ! ». Entre ses perpétuelles mimiques – presque des grimaces -, ses mouvements désordonnés, ses poses clairement embarrassées, et peut-être surtout les blancs qui semblent parfois interminables qu’elle laisse entre deux chansons, il est clair qu’Aldous Harding n’apprécie pas l’exercice de la scène, et n’a nullement envie de prendre en compte l’existence d’un public devant elle.

Elle tente quand même de « mettre de l’ambiance » en se levant de sa chaise, en quittant son blouson et en essayant de danser sur Passion Babe, mais ça sent trop l’effort artificiel pour fonctionner. Heureusement, le joliment velvetien Leather Whip rattrape l’affaire, et la dernière ligne droite du concert sera plus emballante, moins glacée, jusqu’à une belle conclusion avec l’excellent Coats (comme sur l’album). On ne commentera pas, néanmoins, « son jeu de scène » sur le morceau plus rock qu’est Fever, pendant lequel elle s'allonge comme si elle était à la plage pour laisser ses musiciens jouer !

Nous aurons droit ensuite à un rappel réussi de trois titres. L’interprétation solo de l’intimiste Riding That Symbol n’est pas transcendante, il y aura même un « pain » (qu’elle relèvera elle-même en plaisantant : « Not bad! ». Mais les deux derniers morceaux, annoncés par un déconcertant « If you have any drugs, take them now! », le touchant Imagining My Man et surtout le baroque et « amusant » Designer, nous permettront de quitter Pleyel avec un doux sentiment de quasi-euphorie.

Il reste après cette soirée en demi-teinte qu’Aldous Harding n’est clairement pas une « artiste de scène », en dépit de sa voix régulièrement stupéfiante, surtout quand elle en joue avec des accents enfantins assez déstabilisants. Elle semble trop déchirée entre la volonté d’offrir un spectacle « professionnel », plutôt sage, et ses tendances naturelles à l’excès, pour que la scène puisse être un véritable plaisir pour elle. Et ça se ressent dans la salle.

La setlist du concert de Vera Ellen :

A Grip (Ideal Home Noise – 2023)

hunger is just a memory (HEAVEN KNOWS WHAT TIME – 2026)

When It's Over (HEAVEN KNOWS WHAT TIME – 2026)

Sangria (EP – 2025)

Stick Around 2 See (Ideal Home Noise – 2023)

Broadway Junction (Ideal Home Noise – 2023)

Then There Was You

La setlist du concert d’Aldous Harding :

Train on the Island (Train on the Island – 2026)

I Ate the Most (Train on the Island – 2026)

One Stop (Train on the Island – 2026)

Treasure (Designer – 2019)

Venus In The Zinnia (Train on the Island – 2026)

If Lady Does It (Train on the Island – 2026)

Worms (Train on the Island – 2026)

Passion Babe (Warm Chris – 2022)

Leathery Whip (Warm Chris – 2022)

San Francisco (Train on the Island – 2026)

What Am I Gonna Do? (Train on the Island – 2026)

Fever (Warm Chris – 2022)

Warm Chris (Warm Chris – 2022)

Coats (Train on the Island – 2026)

Encore:

Riding That Symbol (Solo) (Train on the Island – 2026)

Imagining My Man (Party – 2017)

Designer (Designer – 2019)

5 mars 2026

The Divine Comedy - Mardi 3 Mars 2026 - Salle Pleyel (Paris)

J’aurais dû me méfier. Écouter mon intuition. Le dernier album de The Divine Comedy m’avait inquiété, tant il est empreint d’une mélancolie frisant parfois la dépression. Neil Hannon ne va clairement pas bien. Et les retours du premier concert à la Salle Pleyel, la veille, de la part d’amis aimant Neil autant que moi étaient préoccupants. Mais voilà, cela faisait plus de trois ans que je n’avais pas vu The Divine Comedy sur scène, il était difficile, voire quasiment impossible, de faire l’impasse sur ce passage à Pleyel, qui marquait, avec deux soirées sold out, la consécration méritée d’un artiste talentueux.

J’ai eu tort, grand tort d’y aller, parce que je suis ressorti de la salle moi aussi déprimé, en me disant que j’avais vu non seulement le pire concert de The Divine Comedy depuis sa miraculeuse apparition au Festival des Inrocks en 1993, mais bien plus grave que ça, un Neil Hannon qui n’avait clairement pas envie de chanter, et qui a joué ses chansons – miraculeuses pour la plupart – sans y mettre aucun cœur.

Il faut dire que la soirée n’avait pas très bien commencé avec les Irlandais de A Lazarus Soul, qui nous ont assommés avec un post-punk aussi informe qu’ennuyeux. Une musique presque sans rythme ni mélodie (à l’exception du dernier titre joué, Funeral Seasons, qui tentait quelque chose d’un peu plus entraînant), où chaque morceau est un long flux musical sur lequel le chanteur Brian Brannigan pose un aussi long flux de paroles. C’est un concept, oui, mais ça ne fait pas en l’occurrence vraiment de la bonne musique. Le public de Pleyel reste silencieux, ce qui surprend Brian, habitué à être chahuté par les spectateurs irlandais, qu’on imagine bien aussi peu séduits par ce qu’ils entendent que nous. Ou alors, on a été polis et bien éduqués, ce qui ne veut pas dire qu’on ait aimé. La prochaine fois, promis, on jettera nos gobelets de bière pleins sur la scène.

22 heures : Neil Hannon débarque, barbu, vieilli et circonspect, entouré par sa fine équipe – six musiciens, tous plus décontractés, voire hilares que lui. Neil porte chapeau et lunettes noires, mais il s’en débarrassera vite, même si les lumières resteront réduites pendant les trois premiers titres, histoire bien sûr de contrarier les photographes professionnels. Le set démarre plan-plan avec deux titres du dernier album, logiquement à l’honneur ce soir, sans qu’il y ait de quoi s’enthousiasmer. Neil se console en se servant un verre de Bordeaux manifestement bon marché (il le renversera plus tard et les effluves de vinasse qui se dégageront au premier rang ne laisseront aucun doute sur la qualité du breuvage). Il est vrai qu’il le boit à petites gorgées, et alternera même avec des verres d’eau, mais il ne semble pas très net, et il avoue ne pas être bien (une crève, suggérera-t-il).

Et là, surprise, il nous offre un When the Lights Go Out All Over Europe surprenant et tout à fait séduisant, ce qui me rassure. La suite va malheureusement doucher ces espoirs : le second album à l’honneur aujourd’hui est le respectable Bang Goes the Knighthood, mais aucun des titres extraits du disque ne fonctionnera vraiment, même le pourtant délicieux Assume the Perpendicular, qui n’aura guère de charme…

Plus le set avance, plus le malaise est visible. Pour un ou deux titres qui surnagent (les incontournables Songs of Love et Our Mutual Friend, où un peu de la vieille magie résiste), le concert s’enfonce lentement dans un gloubi-boulga où plus rien ne marche. Musicalement et vocalement à la peine, Neil et son groupe échouent à chaque fois à créer l’émotion qui survient d’habitude si naturellement.

Alors oui, Neil essaie de nous faire rire en servant des boissons (bières, soft drinks, cocktails, vin) à ses musiciens quand il les présente, sur une version quasiment inexistante de son déjà médiocre A Man-A-Lago by the Sea, où il se moque de Trump.

Mais le pire reste à venir : si The Heart Is a Lonely Hunter confirme son excellence, la version offerte ce soir du sublime To the Rescue est absolument insignifiante, un vrai crève-cœur. Tous les tubes (sic) habituels sont joués, sauf Something for the Weekend, mais dans des versions aussi peu séduisantes qu’émotionnellement désincarnées. Et le final systématiquement sublime de Tonight We Fly passera quasiment inaperçu : un comble ! Il semble d’ailleurs que personne ne se soit levé au balcon durant ce final, du jamais vu.

Bon, ce fiasco n’a rien en soi de tragique : tout le monde, même et surtout les meilleurs, peut avoir un passage à vide. Mais dans le cas de Neil, on sent plutôt une sorte de malaise, comme si la dépression perceptible sur le dernier album s’accrochait aux basques de Neil et lui ôtait l’envie et le plaisir de jouer sur scène. Il est vrai que si l’on repense à sa trajectoire, il a toujours été un artiste fragile, manquant d’assurance, jouant avec méfiance – et humour – le rôle de l’idole pop, ayant recours régulièrement à quelques verres (de trop) pour trouver le courage de nous affronter. Il est vrai que sa musique est belle parce qu’elle traduit ce trouble, ces doutes, ces malaises. Mais c’est la première fois que cela l’empêche de nous offrir sur scène l’émotion et la beauté auxquelles nous sommes désormais habitués de sa part…

Même si je me suis rendu compte après coup que pas mal de vieux fans comme moi ont préféré faire comme si tout était normal, je suis sorti de Pleyel aussi déçu qu’inquiet.

Les musiciens de A Lazarus Soul :

Brian Brannigan – vocals, lyrics

Anton Hegarty – bass

Joe Chester – guitar, production

Julie Bienvenu – drums, percussion

La setlist du concert de A Lazarus Soul :

We Start Fires (Through a Window in the Sunshine Room - 2011)

Glass Swans (No Flowers Grow in Cement Gardens - 2024)

The Flower I Flung Into Her Grave (No Flowers Grow in Cement Gardens - 2024)

Diver Walsh (No Flowers Grow in Cement Gardens - 2024)

Mercury Hit a High (Last of the Analogue Age – 2014)

Funeral Sessions (The D They Put Between the R & L – 2019)

 

Les musiciens de The Divine Comedy sur scène :

Neil Hannon (chant, guitare)

Tosh Flood (guitares, banjo, chœurs)

Simon Little (basse, chœurs)

Andrew Skeet (piano, claviers, chœurs)

Ian Watson (accordéon, claviers, chœurs)

Tim Weller (batterie, percussions)

Rosie Thomson (violon)

La setlist du concert de The Divine Comedy :

Achilles (Rainy Sunday Afternoon – 2025)

The Last Time I Saw the Old Man (Rainy Sunday Afternoon – 2025)

When the Lights Go Out All Over Europe (Promenade - 1994)

Assume the Perpendicular (Bang Goes the Knighthood – 2010)

Rainy Sunday Afternoon (Rainy Sunday Afternoon – 2025)

Bang Goes the Knighthood (Bang Goes the Knighthood – 2010)

A Lady of a Certain Age (Victory for the Comic Muse - 2006)

At the Indie Disco (Bang Goes the Knighthood - 2010)

Neapolitan Girl (Bang Goes the Knighthood – 2010)

Songs of Love (Casanova - 1996)

Our Mutual Friend (Absent Friends - 2004)

Bad Ambassador (Regeneration - 2001)

Mar-a-Lago by the Sea (Rainy Sunday Afternoon – 2025)

To the Rescue (Foreverland - 2016)

The Heart Is a Lonely Hunter (Rainy Sunday Afternoon – 2025)

Other People (Foreverland - 2016)

Absent Friends (Absent Friends - 2004)

Becoming More Like Alfie (Casanova - 1996)

Generation Sex (Fin de siècle - 1998)

National Express (Fin de siècle - 1998)

Encore:

In Pursuit of Happiness (A Short Album About Love – 1997)

Invisible Thread (Rainy Sunday Afternoon – 2025)

Tonight We Fly (Promenade - 1994)

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 > >>
Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...
  • Depuis que j'ai 15 ans, ce qui nous fait un bail, je fréquente les salles de concert de par le monde, au gré de mon lieu de résidence. Il était temps de capturer quelque part tous ces grands et petits moments d'émotion, de rage, de déception, de plaisir...
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog