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Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...

23 octobre 2026

Angine de Poitrine - Jeudi 22 Octobre 2026 - Elysée Montmartre (Paris)

Angine de Poitrine, c'est la combinaison de deux idées brillantes : d'abord, transposer dans le Math Rock l'utilisation des microtonalités popularisée par King Gizzard, plutôt que de rester sur les terrains du rock progressif et psychédélique ; ensuite, reprendre à Daft Punk l'idée d'un duo disparaissant derrière des personnages masqués, ici deux extraterrestres de carton-pâte. Le résultat, un vrai succès, étonnant à une époque où le Rock remplit difficilement les salles et où les jeunes le jugent généralement comme la musique – dépassée - de leurs parents et grands-parents. 8 mois après un petit triomphe devant guère plus de 200 personnes au Supersonic, les deux Québécois sont de retour et remplissent en quelques minutes deux soirées à l'Elysée Montmartre, soit 2.800 spectateurs... alors même qu'un Zénith aurait même pu être un peu juste pour satisfaire la demande. Profitons-en donc puisque ce sera sans doute notre dernière occasion pour un moment d'écouter leur musique et d'assister à leur spectacle dans une salle à taille humaine.

Bien entendu, comme à chaque fois qu'un tel buzz se produit autour d’artistes, nous sommes témoins de débats acharnés entre fans plus qu'enthousiastes (« je les ai mis devant Nick Cave dans mon top des meilleurs concerts » ou « tu sais qu'ils ont joué devant 120.000 spectateurs au Montréal Jazz Festival ? ») et détracteurs blasés (« leur musique n'est vraiment pas intéressante ! »). Il a été difficile d'obtenir le précieux sésame pour entrer à l'Elysée Montmartre ce second soir, et c'est avec un sentiment de victoire que nous nous retrouvons dans la queue déjà longue à 17h30, une queue où se mêlent, dans la même excitation, étrangers ayant voyagé pour l'occasion et fans - souvent féminins - joliment vêtus de costumes à pois (noirs sur fond blanc ou blancs sur fond noir). Comme anticipé, le public d’Angine de Poitrine est jeune, et on comprend que, pour beaucoup, ce sera ce soir leur premier « vrai » concert de Rock.

 

20h00 : la soirée commence avec les amis québécois de Gros Mené, qui sont souvent décrits affectueusement comme jouant une musique de bourrins, pleine de fuzz. Le terme de « bourrins » est très excessif, nous avons affaire à un power trio lourd mais puissant, jouant ce qui s’apparente surtout à un blues rock assez classique, avec une guitare certes saturée d'effets divers mais inventive, un batteur qui tape fort et un bassiste au jeu fluide mais, malheureusement, un chant manquant de singularité. Les textes sont en français, langue que nos cousins québécois défendent mieux que nous. On remarquera particulièrement deux chansons plus accrocheuses, d’abord Bonsaï, puis Venus avec son « Goo goo g’joob! », deux chansons qui nous donnent envie d’aller approfondir le sujet et d’écouter les albums de Gros Mené !

 

 

 

21h00 : la scène a été vidée des amplis et retours de la première partie, et se retrouve dépouillée à l’extrême pour Angine de Poitrine, avec deux estrades placées côte à côté, une pour chaque musicien, avec – logiquement – la batterie de Klek de Poitrine installée sur l’une. Le décor est simple : deux triangles lumineux, la pointe en bas, évoquant le signe utilisé par les musiciens pour saluer, et le symbole figurant sur la coiffe de Khn de Poitrine, le guitariste / bassiste. On pourra pinailler sur cette imagerie et ces « gestes rituels » évoquant un culte étrange, pas forcément de bon goût quand on pense aux méfaits des sectes, et leur préférer l’imagerie extraterrestre, avec un langage guttural et grogné imaginaire, qu’ils exploitent de manière satirique sur scène. Les lumières sont simples et directes, largement blanches pendant tout le set, avec un peu de rouge ajouté sur le final de Sherpa qui se veut paroxystique.

 

Il faut l’admettre, le spectacle offert par le groupe, tant à travers les fameux costumes à pois et casques que grâce à de courtes saynètes occasionnelles, aussi décalées que caricaturales, est fascinant. Mais est-ce suffisant ? Non, bien sûr, car nous sommes là pour écouter de la musique, si possible avant-gardiste, mais surtout BONNE ! Chacun des huit morceaux joués ce soir est plus ou moins construit de la même manière : Khn construit des boucles avec d’abord la partie « basse » de sa spectaculaire guitare à double manche, puis avec la partie « guitare », et c’est sur cette trame, que Klek développe sa partition à la batterie, multipliant ruptures de rythme et changements de mesure, tandis que Khn vient enrichir progressivement l'ensemble de nouveaux motifs à la guitare.

 

Pour éviter que cette mécanique musicale, répétitive par essence, ne finisse par tourner à vide, Angine de Poitrine multiplie les emprunts à des genres différents, renouvelant ainsi notre plaisir d'un morceau à l'autre. Ça peut être très rock, un peu plus funky et dansant, frôler rapidement la techno mais jouée avec des instruments, puis aller vers free jazz, avant de virer franchement rock progressif, comme sur un Sarniezz qui est indiscutablement l’un des meilleurs moments de la soirée, avec sa belle accélération à mi-course. La toute dernière partie du concert est d’ailleurs la plus mémorable, puisqu’Angine de Poitrine enchaîne ensuite son récent « hit » (enfin, selon leur définition) Fabienk – l’un des morceaux qui se met le plus à évoquer King Gizzard, et confirme la source de l’inspiration microtonale… Et le set se termine au bout d’une heure et dix minutes sur un Sherpa très « rock » qui a l’ambition de faire décoller la salle… et y parvient, le public ayant été de plus en plus expansif au fil de la soirée.

 

Il faut parler de ce public formidable, débordant de passion pour le groupe, qui connaît tous les morceaux par cœur, qui danse sans faiblir et qui ajoute des vocaux quand il faut, qui slamme sans honte sur une musique qui ne s’y prête pas forcément. Bref, qui fait la fête – en l’animant quand même avec des chants antifascistes et des cris de « Macron démission » fort à propos… Un public passionné qu’on est heureux de voir à un concert de Rock, et qui ajoute beaucoup d’intérêt à une soirée qui ne serait pas aussi convaincante sans lui. Car, et c’est là la réserve que nous ferions sur Angine de Poitrine, le duo échoue à monter en puissance, à aller réellement vers l’intensité, et / ou vers l’hystérie que l’on appelle de tous nos vœux.

 

 

 

Bref, alors qu’il est habituel de présenter le groupe et sa musique comme clivants, nous nous sommes retrouvés « entre deux » au sortir de l’Elysée Montmartre : intéressés et amusés par sa démarche musicale (renforcée, il faut le souligner, par une féroce indépendance en dépit de son succès), mais déçus par ce qui paraît aujourd’hui un manque flagrant de puissance ou d’émotion. Nous nous attendions à vibrer, à verser des larmes de bonheur, à nous étourdir à force de danser, et nous sommes restés simples spectateurs d'un show où la virtuosité instrumentale et l'intelligence de la construction musicale ne parviennent jamais tout à fait à se transformer en émotion.

 

Ce qui ne veut pas dire que nous ne retenterons pas l’expérience… à condition quand même que ça ne soit pas dans une salle trop immense !

 

La setlist du concert d’Angine de Poitrine :

Angor (Vol. II – 2026)

Yor Zarad (Vol. II – 2026)

Tamebsz (Vol. 1 – 2024)

Mata Zyklek (Vol. II – 2026)

Ababa Hotel (Vol. 1 – 2024)

Sarniezz (Vol. II – 2026)

Fabienk (Vol. II – 2026)

Sherpa (Vol. 1 – 2024)

20 octobre 2026

My New Band Believe - Lundi 19 Octobre 2026 - Maroquinerie (Paris)

Grosse attente pour cette soirée, déplacée d’ailleurs du Point Éphémère à la Maroquinerie face à une demande de billets plus importante que prévu, ce qui est un très bon signe : My New Band Believe, la nouvelle formation de Cameron Picton, bassiste de black midi, un groupe dont on ne sait pas trop s’il existe encore, attire un public conséquent à Paris, après la sortie de son excellent album éponyme. Mieux, on réalise dans la salle de la Maroquinerie que le public est quasiment uniquement composé de jeunes mélomanes entre 20 et 30 ans : un excellent signe à une époque où les concerts de rock servent surtout de point de rassemblement de têtes grises, et où une musique aussi singulière que celle de Cameron n’attire pas un public recherchant la facilité.

20h00 : Et, en parlant de facilité, ce n’est pas non plus la première partie qui va nous en offrir, puisque le musicien qui se présente seul devant nous, armé simplement d’une guitare acoustique, d’un tambour posé sur une estrade, d’une boîte d’effets et d’un lecteur de cassettes pour ajouter des sons bizarres, voire des voix, à son set, est Jasper Llewellyn, l’un des cofondateurs du collectif caroline. Jasper n’est pas une personne très chaleureuse, même s’il explique qu’il est stressé par un problème technique – le branchement de sa guitare sur l’ampli derrière lui – et que, du coup, il ne fera pas l’effort surhumain de nous parler en français ! Bon, cette mauvaise première impression est injuste, car on réalisera assez vite que Jasper est surtout un vrai timide, pas à l’aise seul sur une scène.

Quand il débute son set, en jouant avec sa voix, qu’il positionne à différents niveaux, mais aussi avec des effets sur sa guitare, sa musique, loin d’être évidente, nous semble assez remarquable, et sa démarche joliment anticonformiste. Le souci est que ses morceaux sont tous assez longs, et quasiment dépourvus de mélodies – en tout cas de mélodies qu’on saisirait à la volée lors d’une première écoute. Et le résultat est que, à peine arrivés à la moitié de son set qui durera quarante minutes, on s’ennuie déjà poliment. C’est certainement injuste de répondre ainsi aux ambitions de Jasper, mais l’absence d’émotion, de surprise, ou même d’un minimum d’implication vis-à-vis de nous, pauvres spectateurs, finit par nous laisser totalement indifférents. Et donc, répétons-le, par nous ennuyer. Dommage !

21h05 : À la disposition des instruments sur la scène, on perçoit déjà l’originalité de l’approche de Cameron Picton et son My New Band Believe : le micro de Cameron est complètement sur la gauche, tandis que la batterie de Dillon Harrison est à l’opposé sur la droite, laissant l’espace du milieu au second guitariste Kit Mosely et au contrebassiste Joe MacLaren. Quatre personnes sur scène en tout et pour tout pour interpréter les chansons d’un album qui a nécessité des dizaines de musiciens et de choristes, ce n’est pas beaucoup, et il nous faut bien nous résigner à ce qui était prévisible, c’est-à-dire à assister à une version format « groupe de rock » d’une œuvre « bigger than life ». Mais nous allons très vite découvrir que ces chansons n'ont nul besoin de leurs somptueux arrangements pour nous émerveiller.

 

Le set débute, comme l’album, par le craquant Target Practice, mêlant chant fantaisiste façon opérette et guitare acoustique (douze cordes) brillamment jouée par Cameron. Bien sûr, nous n’avons ni piano, ni clavecin, ni orchestre à cordes, ni choristes, mais la mélodie fonctionne impeccablement. Cam – comme il est affectueusement surnommé – paraît aussi juvénile qu’à l’époque où nous découvrions black midi, il y a huit ans, mais il est un guitariste accompli, doublé d’un vocaliste formidable, dont le talent impressionne encore davantage sur scène que sur disque. En reportant notre attention sur les autres musiciens, nous réalisons vite que la virtuosité instrumentale est leur point commun : le batteur, en particulier, est absolument époustouflant de subtilité et d’inventivité, et son style s’apparente plus à celui d’un jazzman que d’un batteur « traditionnel » de rock.

 

Au milieu d’une setlist mêlant une bonne partie des titres de l’album à quelques morceaux inconnus de nous – a priori des nouveautés – on notera Lecture 25, premier single du groupe, combinant frénésie et virtuosité, tirant des cris d’enthousiasme de l’assistance fascinée par le spectacle. Love Story, même sans le piano et les violons, est un beau moment d’émotion enchantée, confirmant que la grâce survit parfaitement à une interprétation différente. Et puis comment ne pas adorer une phrase comme « You want potatoes or rice tonight? / Pick up some onions / I'm making dinner (Tu veux des pommes de terre ou du riz ce soir ? / Prends des oignons / Je prépare le dîner) pour illustrer ce qu’est le véritable amour ? Le fantastique single Numerology est ensuite l’un des sommets de la soirée, un mélange improbable du Vampire Weekend des débuts avec l’inventivité d’un Alt-J, le tout traversé par une irrésistible fantaisie de comédie musicale.

À l’applaudimètre lorsque Cam présente son groupe, c’est le batteur qui l’emporte, ce qui oblige Cam à revenir sur les autres musiciens pour qu’ils aient leur lot d’applaudissements et de cris admiratifs : Cameron est vraiment quelqu’un d’attentionné, à l’image de sa musique, fantasque mais chaleureuse.

 

Pièce maîtresse de la dernière partie du concert, le long et complexe Heart of Darkness a tout d’un couronnement pour My New Band Believe, mais Cameron insiste pour interpréter encore en final un titre à la mémoire de Matt, un ami disparu : et on la connaît, cette chanson ! On réalise enfin qu’il s’agit d’une reprise de Dylan, Make You Feel My Love, tirée de Time Out Of Mind, et déjà reprise par à peu près tout le monde, d’Adele à Pink et Boy George en passant par Bryan Ferry.

 

Belle conclusion, émouvante et gracieuse, d’un set d’une heure vingt, qui se sera apparenté à un voyage sur des terres musicales inconnues, où chacun a dû accepter de prendre des risques avec ses propres convictions et certitudes pour suivre Cameron Picton là où il lui prenait l’envie de nous emmener. Finalement, nous n'avons aucune raison de regretter la fin de black midi si son esprit aventureux se perpétue avec My New Band Believe. Moins d'agressivité, davantage de chaleur humaine, mais toujours cette volonté de nous entraîner hors de notre zone de confort.

Les musiciens de My New Band Believe sur scène :

Dillon Harrison - drums

Joe MacLaren – double bass

Kit Mosely – acoustic and electric guitar

Cameron Picton – lead vocals, acoustic guitar

 

La setlist du concert de My New Band Believe :

Target Practice (My New Band Believe – 2026)

Opposite Teacher (My New Band Believe – 2026)

Quebrantahuesos

In the Blink of an Eye (My New Band Believe – 2026)

Kick Me

Lecture 25 (Single - 2025)

I'm Not Laughing Now

Actress (My New Band Believe – 2026)

Love Story (My New Band Believe – 2026)

Numerology (Single - 2026)

Intruder In The Dust

Heart of Darkness (My New Band Believe – 2026)

Make You Feel My Love (Bob Dylan cover) (Dedicated to Matt)

 

16 octobre 2026

Ghinzu - Jeudi 15 Octobre 2026 - Olympia (Paris)

L’une des vérités indiscutables dans le petit monde du Rock, c’est que la Belgique est, et de loin, le pays du continent où l’on compose et l’on joue la meilleure musique. Et le retour de Ghinzu après dix-sept ans de silence a encore augmenté la taille du fossé entre la maîtrise belge et le reste de l’Europe. Ghinzu, un groupe redoutable qui nous avait balayés à l’époque avec ses albums Blow et Mirror Mirror, et qui est revenu, comme si de rien n’était, presque deux décennies plus tard, avec un nouvel album, et, surtout, des concerts impressionnants de puissance… Le seul problème, quand même, c’est que le public, très fan du groupe, qui a envahi l’Olympia deux soirs de suite les 14 et 15 octobre, a l’âge de John Stargasm et de sa bande, et qu’on ne voit guère de jeunesse dans la salle… ce qui est toujours une chose triste quand on doit constater qu’une formation avec un tel talent ne franchit plus le « plafond de verre » qui lui permettrait de recruter un nouveau public…

20h00 : L’Olympia n’est pas encore totalement remplie quand le trio rouennais de We Hate You Please Die attaque son set de 25 minutes, largement privé d’éclairage, ce qui n’est pas très élégant quand même. Mais Chloé, Mathilde et Joseph ne se départissent pas de leur habituelle conviction et de leur férocité, passant en revue sept titres de leur album Chamber Songs, datant déjà de 2024, dont les excellents Adrenaline, Stronger Than Ever, et surtout Lust en belle conclusion sonique. Leur musique est toujours aussi déterminée, relayant largement un militantisme bien de notre temps, même si elle est un peu moins punk qu’elle ne l’était aux débuts du groupe. Le public réagit favorablement, l’énergie déployée est convaincante, on regrettera seulement que le set ait été si court – après tout, il leur restait cinq minutes ! Et on aimerait bien que le groupe nous dévoile de nouveaux morceaux : sur la setlist, il n'y a qu'un seul titre qui soit un inédit, non publié sur disque. C'est Short Sighted, joué en avant-dernière position... En tous cas, ce set nous a donné envie de revoir rapidement le groupe dans une plus petite salle, et dans une atmosphère plus appropriée.

21h00 : Ça y est, ils sont là, les cinq de Ghinzu, et on sent déjà au frémissement de la foule l’enthousiasme des fans. When Other Worlds Await fait office de corridor d’entrée progressive – dans les deux sens du terme - dans la musique des Belges : le chant initial en falsetto de John Stargasm déconcertera ceux qui n’ont pas pris la peine d’écouter le dernier album, W.O.W.A., et le lyrisme croissant de la chanson ne débouche pas sur l’explosion d’intensité que l’on attend forcément de Ghinzu. C’est Cold Love, premier des trois seuls extraits de Mirror Mirror de la soirée, qui rassure les nostalgiques de la « grande époque » avec une belle accélération « rock ». On a connu John plus intense que ce soir, le frontman du groupe semble plutôt d’humeur bienveillante et décontractée, enchaînant les sourires et les blagues : il donne un peu l’impression qu’il attend que quelque chose démarre dans le public, et d’ailleurs, ce ne sera qu’au bout d’une quarantaine de minutes qu’il posera la question : « Bon, on peut débuter le concert, maintenant ? ». En revanche, aux deux extrémités de la scène, les deux guitaristes Greg Rémy – vite torse nu – et Jean « Montevideo » Waterlot se démènent comme deux beaux diables, et font le spectacle presque à eux seuls.

La setlist est, logiquement, largement consacrée à W.O.W.A avec huit morceaux interprétés, ce qui nous vaut plusieurs passages moins forts, où le groupe semble jouer la carte d’une musique recherchant une sorte d’ampleur plutôt que l’urgence rock, moins basée sur les guitares et pas aussi forte émotionnellement. Heureusement, il y a le très beau Out of Control qui allumera la mèche de la première déflagration émotionnelle de la soirée. Ce sera la montée en intensité de Dragster Wave, enchaînée avec l’hystérie de 21st Century Crooners, puis de Death Race qui nous rendront complètement le Ghinzu puissant que nous adorons en live : ce groupe qui nous fait hurler de bonheur et nous met les larmes aux yeux… ce groupe que, par moments, nous sommes prêts à célébrer comme l’un des meilleurs qui soient sur scène. Do You Read Me permet à John de démontrer pleinement son ascendant sur un public qui lui est désormais totalement soumis, et de la fosse au balcon, l’Olympia est en ébullition ! C’est bon, et c’est beau, cette ferveur !

Le set s’interrompt – trop vite – après une heure, ce qui a pour effet de nous frustrer, mais, pas d’inquiétude, il reste encore à Ghinzu quarante minutes pour nous faire à nouveau décoller. Deux rappels donc, l’un de quatre titres et l’autre de deux, construits sur la même dynamique : d’abord des explosions d’une folle puissance (Mirror Mirror, le colossal Blow), puis un retour au calme et à des atmosphères lyriques mais plus sereines. Ce serait presque frustrant, ce choix final de nous quitter sur un Forever, au texte certes approprié pour un au revoir, mais au romantisme qui tranche avec l’intensité que nous aimons le plus chez Ghinzu.

Même si ce concert a eu quelque chose d’une promenade en montagnes russes, ses moments les plus « hauts » ont été d’une force incomparable, et nul ne peut se prétendre le moins du monde déçu ce soir. Et finalement, peu importe que le public de Ghinzu ait vieilli en même temps que ses musiciens : pendant près de deux heures, nous avons tous retrouvé cette ferveur adolescente, cette foi absolue dans la puissance du Rock’n’roll, qui nous faisait croire que la musique pouvait changer nos vies. Et qui, certains soirs, nous le fait encore croire.

 

Les musiciens de We Hate You Please Die :

Chloé Barabé : chant, basse

Joseph Levasseur : guitare

Mathilde Rivet : batterie

 

La setlist du concert de We Hate You Please Die :

Flesh (Chamber Songs – 2024)

Vampirized (Chamber Songs – 2024)

Adrenaline (Chamber Songs – 2024)

The Fool (Chamber Songs – 2024)

Stronger Than Ever (Chamber Songs – 2024)

Sorority (Chamber Songs – 2024)

Short Sighted

Lust (Chamber Songs – 2024)

 

Les musiciens de Ghinzu sur scène :

John Stargasm (John Descamps) : chant, claviers, guitare, basse

Mika « Nagazaki » Hasson : basse, guitare

Greg Rémy : guitare, basse

Jean « Montevideo » Waterlot : guitare, claviers, chœurs

Antoine Michel : batterie

 

La setlist du concert de Ghinzu :

When Other Worlds Await (W.O.W.A. – 2026)

Cold Love (Mirror Mirror – 2009)

Morning Lights (W.O.W.A. – 2026)

Out of Control (W.O.W.A. – 2026)

Snow White (W.O.W.A. – 2026)

Dragon (Electronic Jacuzzi – 1999)

Apologies (W.O.W.A. – 2026)

Dragster Wave (Blow – 2004)

21st Century Crooners (Blow – 2004)

Death Race (W.O.W.A. – 2026)

Do You Read Me? (Blow – 2004)

Mine (Blow – 2004)

Encore:

Mirror Mirror (Mirror Mirror – 2009)

The Dream Maker (Mirror Mirror – 2009)

It's the Law (W.O.W.A. – 2026)

Breathless Words (W.O.W.A. – 2026)

Encore 2:

Blow (Blow – 2004)

Forever (W.O.W.A. – 2026)

12 octobre 2026

Dexys Midnight Runners - Dimanche 11 Octobre 2026 - Elysée Montmartre (Paris)

Le temps passe, et nous vieillissons : arrivés à un certain âge, il est temps de jeter un coup d’œil sur le chemin parcouru, et de s’interroger, non seulement sur ce que nous avons bien ou mal fait, mais, plus important encore, sur ce que nous pouvons encore faire. Et en particulier sur ce sujet central, l’Amour. C’est plus ou moins la démarche de Kevin Rowland dans LOVE, qu’il présente comme le dernier album de ses Dexys Midnight Runners, qui ont d’ailleurs repris leur nom complet pour ce dernier tour de piste. Un tour de piste passant ce soir par l’Elysée Montmartre parisien, en un dimanche soir où la compétition est sévère dans le domaine des concerts : nous pourrions être aux Lemon Twigs ou à Courtney Barnett, deux soirées très tentantes, mais nous avons finalement préféré revoir Kevin, aiguillonnés par cette crainte que ce soit la dernière fois.

 

C’est un programme inhabituel qui nous a été annoncé pour ce soir : après une ouverture des portes - habituelle pour l'Elysee Montmartre - à 18h30, l'absence d'une première partie nous forcera à patienter une heure et demie jusqu'à 20h, heure où débutera le concert de Dexys, prévu en deux parties avec entracte. Il n’est donc pas surprenant que la salle se remplisse très lentement, même s’il flotte une petite inquiétude quant à la taille du public final, puisque les réservations de billets n’ont pas été à la hauteur espérée… On remarque aussi l’absence totale d’amplification et de retours sur la scène, ce qui suppose que le son passera entièrement sur la sono, un système pas toujours idéal pour les spectateurs massés aux premiers rangs.

 

 

 

 

 

 

20h : Mais nos craintes ne seront pas fondées, puisque quand Kevin et ses Dexys Midnight Runners pénètrent sur scène, la salle est correctement remplie, et le son, après quelques minutes de réglage, sera impeccable. La grande scène est relativement dégagée, puisque, outre la batterie dans le fond, l’espace est occupé par deux claviers, chacun d’un côté du micro central, qui est celui de Kevin. Sean Read aux claviers mais aussi au saxo, va jouer un rôle vocal important, soit comme le confident / interlocuteur de Kevin sur plusieurs morceaux, structurés comme des saynètes de comédie musicale, soit comme chanteur de plein droit sur certains titres de Searching For The Young Soul Rebels. Dans le fond de la scène, on repère évidemment la blonde violoniste Lucy Morgan, dont le rôle est central sur de nombreux titres (et l’on ne parle pas que de l’incontournable Come On Eileen…). Après un démarrage un peu en demi-teinte, où chacun – y compris le public – semble prendre ses marques, la chanteuse Janelle Martin entre en scène, et il faut bien reconnaître que sa présence et sa voix remarquable font monter immédiatement le niveau musical de plusieurs crans : la merveilleuse She Got a Wiggle, extraite de l’album One Day I’m Going to Soar, sommet tardif et sous-estimé, passe crème, et le duo Kevin-Janelle fait des étincelles sur You’ve Got the Love, premier sommet de la soirée, car premier moment de joie générale et partagée.

Au bout de quarante-cinq minutes d’un set qui a fait la part belle aux titres du dernier album, pas forcément ceux pour lesquels le public est là, c’est un entracte qui brise, comme prévu, la belle atmosphère qui s’était créée. Pas grave, car le second set, qui alignera quant à lui les titres réclamés par les vieux fans, va rallumer rapidement la vieille flamme. Mais avant, nous verserons des larmes d’émotion sur Old Love, constat bouleversant sur le passage des années, où Kevin semble se mettre à nu devant nous : un grand moment, qui permet de vérifier que, même si sa voix est maintenant plus grave, il reste un très grand chanteur « soul ». L’alignement imparable des tubes des deux premiers albums produit ensuite le résultat attendu : joie à tous les étages, même si l’on pourra trouver que, musicalement, on n’est pas au meilleur de l’histoire de Dexys. Mais qu’importe les rythmes poussifs et la batterie manquant vraiment de subtilité, les chansons étincellent, les performances vocales de Kevin et Janelle sont impeccables, et tout le monde est content. Et puis quand même, en entendant Dexys enchaîner Geno, Jackie Wilson Said et Come on Eileen, qui ne serait pas comblé ?

Kevin nous fait un speech comme quoi il adore Paris, qu’il est heureux d’être là et que ça aura été le meilleur concert de la tournée, et on ne sait pas s’il faut le croire, mais tout le monde a le sourire, dans la salle comme sur scène. Arrive alors le rappel, avec une version colossale de plus de quinze minutes de This Is What She’s Like, qui rappelle aux négligents que nous avons été à l’époque que Don’t Stand Me Down a bien été le chef d’œuvre méconnu des premières années de Dexys. Après ça, personne n’a envie d’arrêter, et Kevin demande à sa troupe de jouer un Tell Me When My Light Turns Green absent de la setlist sur scène, qui constituera un bonus pas indispensable mais sympathique à un set de presque deux heures.

Rien à regretter donc : un concert certes sans surprise et sans génie, mais rempli de belles chansons, de belles voix et de belles émotions, qui, si Kevin ne change pas d’avis comme beaucoup, aura été celui des adieux entre Paris et Dexys. Un moment précieux où il nous a bien fallu admettre que, oui, pendant que nous n’y prêtions pas attention, les années avaient passé. Et que l’Amour avait changé. Mais au moins, il est toujours là, ce fichu Amour !

 

Les musiciens de Dexys Midnight Runners :

Kevin Rowland - voix

Sean Read - saxophone, claviers, chœurs

Mike Timothy - claviers, chœurs

Lucy Morgan - Violon, chœurs

Timothy Weller - Batterie

Janelle Martin  - Chant, duos avec Kevin Rowland

Olli Martin – Trombone, claviers

 

La setlist du concert de Dexys Midnight Runners :

Set 1:

I'll Always Love You (LOVE – 2026)

Once a Man, Twice a Child (LOVE – 2026)

She Got a Wiggle (One Day I’m Going to Soar – 2012)

You've Got the Love (LOVE – 2026)

Because of You (Single – 1986)

Liars A to E (Too-Rye-Ay – 1982)

It's Over Now (LOVE – 2026)

The Teams That Meet in the Caffs (It Was Like This – 1996)

My Life in England Pt. 2 (LOVE – 2026)

Set 2:

Curragh of Kildare (Let The Record Show: Dexys Do Irish and Country Soul – 2016)

Old Love (LOVE – 2026)

Burn It Down (Searching For The Young Soul Rebels – 1980)

Breaking Down the Walls of Heartache (Searching For The Young Soul Rebels – 1980)

There, There, My Dear (Searching For The Young Soul Rebels – 1980)

Geno (Searching For The Young Soul Rebels – 1980)

Jackie Wilson Said (I'm in Heaven When You Smile) (Van Morrison cover) (Too-Rye-Ay – 1982)

Come on Eileen (Too-Rye-Ay – 1982)

Encore:

This Is What She's Like (Don’t Stand Me Down – 1985)

Tell Me When My Light Turns Green (Searching For The Young Soul Rebels – 1980)

4 octobre 2026

Gyasi - Samedi 3 Octobre 2025 - Petit Bain (Paris)

Gyasi, c'est simple : depuis 2022, année où on a entendu parler de lui pour la première fois, chacun de ses concerts est une garantie de ne pas être déçu. Du coup, il n’y a jamais de véritable surprise : on ressort toujours de là avec « la banane », et avec les oreilles remplies de délicieux sons de guitare typiques des années glam du début des seventies. De quoi se demander pourquoi un artiste de cette trempe n’arrive pas à remplir des salles parisiennes plus grandes que la Maro ou Petit Bain où on le voit (quasiment) chaque année. Gyasi est en train de devenir l’un de ces secrets musicaux trop bien gardés que seuls les initiés se partagent, alors que le beau jeune homme de Nashville rêvait sans doute d’une carrière sinon à la Bowie, mais au moins à la Bolan (sans la fin prématurée et tragique, bien sûr). En tout cas, en ce samedi soir, Petit Bain n’est même pas totalement complet, même s’il se remplit vite d’une foule bigarrée et enthousiaste… mais pas aussi jeune qu’on l’aimerait…

 

19h50 : Nous ne sommes pas particulièrement excités par la perspective d’une première partie assurée par Soft Palms, duo US présenté comme faisant de la dream pop, un genre musical qui nous donne souvent… sommeil. C’est que nous n’avions pas écouté leur dernier album, In Echo, qui, sans perdre un aspect « flottant », marque un virage vers une drôle de musique sentant le déséquilibre malsain à plein nez… et qui sera joué en quasi-intégralité. Dès le début, la guitariste chanteuse Julia Kugel combine étrangement le son abrasif de sa guitare avec un chant de petite fille perverse, tombant occasionnellement dans de petits dérapages quasi-psychotiques. Les mélodies louchent du côté de la pop sixties, il y a de jolies chansons presque commerciales (comme l’excellente Nervous As Hell), il y a de légères tendances « grunge » aussi… Mais ce qui stupéfie, ce sont des montées en intensité inattendues, en particulier dans un fracassant final, enchaînant un Radio quasi punk et un The Wedding Song bien ironique avec ses « Show up and shut up / Do what I say, do what I want » en illustration des joies du mariage. 35 minutes intrigantes, et des gens qu’on essaiera de suivre désormais.

 

20h50 : Après la soirée quasi-zeppelinesque que nous avait offerte Gyasi à la Maro l’année dernière et la récente parution de l’album Songs From The Holler, consacré à des reprises acoustiques dépouillées de classiques du blues, on s’attendait, logiquement, à voir notre guitar hero anticonformiste nous plonger dans une autre soirée blues rock… Eh bien, inutile de faire durer le suspense, il n'en sera rien !

 

Au contraire, ce soir, Gyasi et son band vont revenir au glam rock de leurs débuts, dans une version quand même un tantinet plus « heavy » pour faire bonne mesure. Est-ce l’influence de la redoutable guitariste Leilani Kilgore, qui n’était pas là en 2025, et revient cette fois rendre le son plus explosif, plus punk, plus heavy metal ? Peut-être, mais en tout cas, ce soir, beaucoup moins de longs soli à la Jimmy Page, priorité à l’efficacité des chansons, et à l’intensité des duels de guitare spectaculaires. À propos de la guitariste, il nous faut admettre que, du fait de son passage du blond au noir corbeau et d'une robe très féminine à un look cuir / metal, nous n’avons pu reconnaître Leilani que grâce à ses très beaux tatouages…

La setlist de ce soir va puiser de manière équilibrée dans toute la discographie de Gyasi, y compris son récent single, You've Got the Look, une chanson découverte il y a déjà un an à la Maro… ce qui permet de constater que le « style Gyasi » est resté cohérent au fil des années. Une identité renforcée par une interprétation plutôt « rentre-dedans », avec des soli beaucoup moins dilués, mais donnant toutefois lieu à ces moments spectaculaires dont Gyasi est friant : poses provocatrices et postures archétypales des guitar heroes seventies (au second degré, heureusement). Car Gyasi et son groupe prennent visiblement un énorme plaisir à être là, à partager leur musique avec un public qui répond à leur enthousiasme. On regrettera des lumières difficiles, et un niveau de voix insuffisant pour le public du premier rang : pour le reste, le son de la basse de Cole Bearden est remarquable, et la combinaison des deux guitares de Leilani et Gyasi irrésistible.

 

Nous avons droit, comme toujours, à la pause « cabaret + boa » sur 23, seul moment un peu plus calme du set, et à la fin du rappel à un court crowdsurfing de Gyasi lui-même. Un rappel original, puisque Gyasi nous jouera d’abord une chanson récemment composée et offerte par son acolyte de chez Alice Cooper, Dennis Dunaway (le bassiste historique du Alice Cooper Group) : An American In Paris est un hommage parfait à la capitale, ville où Gyasi termine sa tournée européenne, et amuse avec ses « Ouh Là Là » caricaturaux que nous reprenons tous en chœur. S’ensuit une reprise – rajoutée au feutre sur la setlist – brouillonne mais évidemment satisfaisante du Rebel Rebel de Bowie, joli cadeau aux spectateurs les plus âgés dans la foule qui ont vécu les années 70. Et le set se termine avec le jouissif Bang Bang (Runaway), extrait du dernier album.

 

On se quitte rapidement, le staff de Petit Bain devant préparer la salle pour la soirée « club » traditionnelle du samedi soir, mais nombreux sont quand même ceux qui s’attardent au merch où les attend un Gyasi souriant de toutes ses dents. Visiblement aussi satisfait que nous ! On savait tous que Gyasi serait excellent, mais on ne savait simplement pas quel Gyasi on allait retrouver, et cette coloration très glam / heavy rock’n’roll de la soirée a été un vrai bonheur.

 

Les musiciens de Soft Palms sur scène :

Julia Kugel – voix, guitare

Scott Montoya – batterie

 

La setlist du concert de Soft Palms :

Batshit (In Echo – 2026)

Rainbows (Soft Palms – 2020)

Garbage In The Sand (In Echo – 2026)

Nervous As Hell (In Echo – 2026)

Pretty Dancer (Soft Palms – 2020)

Bone Dry (Soft Palms – 2020)

Baddy (Soft Palms – 2020)

Dog 'n' Bone (In Echo – 2026)

Pretty Boring (In Echo – 2026)

In Plain Sight (In Echo – 2026)

Radio (In Echo – 2026)

The Wedding Song (In Echo – 2026)

 

Les musiciens de Gyasi sur scène :

Gyasi — chant, guitare

Leilani Kilgore — guitare

Cole Bearden — basse/claviers

Sam Skorik — batterie

 

La setlist du concert de Gyasi :

Cheap High (Rock N’ Roll Sword Fight – 2024)

Mind explorer

She Says (Here Comes The Good Part – 2025)

Tongue Tied (Androgyne – 2019)

Androgyne (Androgyne – 2019)

Teacher (Rock N’ Roll Sword Fight – 2024)

You've got the look (Single – 2026)

Baby Blue (Rock N’ Roll Sword Fight – 2024)

Lightning (Here Comes The Good Part – 2025)

Kiss Kiss (Androgyne – 2019)

23 (Rock N’ Roll Sword Fight – 2024)

Godhead (Pronounced Jah-See – 2022)

Snake City (Here Comes The Good Part – 2025)

All Messed Up (Pronounced Jah-See – 2022)

Encore:

American in Paris (Dennis Dunaway song)

Rebel Rebel (David Bowie cover)

Bang Bang (Runaway) (Here Comes The Good Part – 2025)

2 octobre 2026

The Molotovs - Jeudi 1er Octobre 2026 - Machine du Moulin Rouge (Paris)

The Molotovs, c’est depuis quelques mois une petite hype qui monte, qui monte. Oh pas une explosion inattendue comme celle d’Angine de Poitrine, mais quand même : un duo frère-sœur qui arpente les scènes britanniques depuis 2020, alors que Mathew et Issey Cartlidge étaient encore adolescents, en jouant une musique nerveuse et 100% anglaise, tissant un lien entre plusieurs époques glorieuses du rock d’outre-Manche, de The Jam aux Libertines, en passant par Blur. Et puis, et ce peut être une raison de leur succès, regarder Mathew et Issey ne fait pas mal aux yeux !

 

Ne les ayant encore jamais vus sur scène, et ayant apprécié leur premier album, Wasted Youth, paru en début d’année, nous nous rendons donc plein d’espoirs à leur concert à la Machine du Moulin Rouge, qui affiche complet avec sa jauge déjà très raisonnable de 800 personnes. En revanche, l’inquiétude règne dans la file d’attente à l’entrée de la salle, après l’annonce que le concert de la veille, au 106 de Rouen, a dû être écourté du fait d’un problème de santé (grippe ? en cette saison ?) de Mathew…

 

20h00 : la salle accueillante de la Machine du Moulin Rouge (une salle que nous aimons beaucoup, offrant la plupart du temps une bonne visibilité sur la scène avec ses deux coursives, son balcon et son escalier, mais surtout un excellent son et d’excellentes lumières) est déjà bien pleine quand les Anglais de The Velvet Hands – originaires plus précisément de Cornouailles - investissent la scène. Le programme offert par Live Nation ce soir est riche car The Velvet Hands, ce n’est pas un groupe de seconde zone : ils tournent depuis huit ans, et ont deux albums à leur actif, et déjà une ribambelle de chansons. Des influences très riches aussi, qui démarrent avec le punk rock classique de The Clash, mais qui couvrent aussi ce moment décisif en 1978-1979 quand le punk s’est enrichi de la tradition « pop classique » anglaise. Et puis, inévitablement pour des gens de cette génération, un impact de The Strokes, en particulier dans le chant.

 

Dès le démarrage pied au plancher du set, le plaisir déferle sur la fosse (composée quand même d’un public un peu plus âgé qu’on ne l’aurait attendu pour The Molotovs) : The Velvet Hands mélangent parfaitement les mélodies évidentes et l’énergie juvénile aux pics d’intensité occasionnels que l’on attend de la tradition « garage punk », une recette à laquelle nous avons bien du mal à résister ! Nous apprécierons particulièrement – évidemment - Chick Habit, la version anglaise de Laisse tomber les filles de France Gall (un titre de Gainsbourg) : bénéfice d’être à Paris, Lise, la chanteuse de Pythies qui chante sur le single, monte sur scène pour pousser la chansonnette avec le groupe. À l’autre extrémité du spectre musical, si l’on veut, il y aura un Sick of Living à toute allure, bien dans la tradition 1977, donc parfait pour les nostalgiques de cette époque.

 

30 minutes très convaincantes, un excellent démarrage de soirée, et un groupe qu’il ne faudra pas manquer quand il reviendra jouer à Paris : d’après notre discussion au stand de merchandising, ce serait en avril 2027, peut-être au Supersonic.

21 h : le « power trio » (dans l’esprit The Jam, donc) de The Molotovs attaque son set avec un puissant Johnny Don’t Be Scared, et tout est simplement parfait. Le look à la Paul Weller de Mathew, en plus blond peroxydé et plus mignon, le son tranchant des Rickenbacker, le martèlement furieux de la batterie, et, bien sûr… le look ravageur d’Issey qui attire bien des regards masculins. Sans même parler de son jeu de scène très expansif – surtout si l’on considère la tradition britannique des bassistes immobiles ! -, qui « dépote » vraiment… au point d’attirer même parfois un peu trop les regards ! Rhythm of Yourself, qui suit, est un titre encore meilleur, porté par une mélodie efficace, et on se rassure (à tort, on le verra) quant aux capacités vocales ce soir de Mathew, même si on remarque qu’il n’effectue pas beaucoup de ses célèbres sauts « à la Pete Townshend ».

 

Le nouveau et accrocheur Born In Society est une bonne nouvelle : The Molotovs ont encore de l’inspiration en réserve. Daydreaming louche vers une power pop consensuelle, ce que l’on ne saurait leur reprocher, le set est vraiment bien lancé… Quand, patatras ! Après Today’s Gonna Be Our Day, Mathew jette sa guitare au sol et quitte la scène en courant… On reste évidemment interloqués, mais Issey et Noah se lancent dans une version féline du Should I Stay or Should I Go du Clash : même si Issey n’est pas une grande chanteuse, avec la salle qui participe avec elle, c’est un beau moment.

 

On espère le retour de Mathew, mais on nous annonce que son état ne lui permet pas de continuer, et que le concert va s’interrompre après seulement un dernier titre ! Matthew revient quand même pour un ultime More More More, qu’on a du mal à apprécier dans ces circonstances…

 

Trente minutes, coitus interruptus ! C’est fini. Matthew disparaît. Issey descend dans la fosse pour « donner de sa personne », poser pour des selfies, parler avec un maximum de gens. Noah reste lui aussi pour discuter avec le premier rang. Force est d’admettre que, en dépit de leur succès déjà notable, The Molotovs ne se comportent pas comme les nombreuses mini-stars arrogantes auxquelles les groupes anglais nous ont habitués. Simples, sympathiques, voilà des musiciens comme on aime… Evidemment, la frustration est forte dans le public.

 

Se pose aussi la question de savoir si, connaissant le risque lié à la mauvaise santé de Mathew, le groupe a voulu quand même essayer de jouer pour satisfaire son public, ou si, hypothèse plus cynique, Live Nation a préféré que les Molotovs jouent aussi longtemps que possible afin d’éviter une annulation et le remboursement des billets…

 

En tous cas, Issey nous a juré que le groupe reviendrait très vite à Paris. Nous y serons, évidemment !

 

Les musiciens de The Molotovs sur scène :

Mathew Cartlidge – voice, guitar

Issey Cartlidge – bass, backing vocals

Noah Riley - drums

 

La setlist du concert (interrompu) de The Molotovs :

Johnny Don't be Scared (Rhythm of Yourself EP – 2025)

Rhythm of Yourself (Wasted on Youth – 2026)

Born In Society

Daydreaming (Wasted on Youth – 2026)

Today's Gonna Be Our Day (Wasted on Youth – 2026)

Should I Stay or Should I Go (The Clash cover)

More More More (Wasted on Youth – 2026)

 

 

27 septembre 2026

Scott McCloud / Momus - Samedi 26 Septembre 2026 - Supersonic Records (Paris)

Ce samedi, c’est la seconde et – malheureusement ! - dernière journée du Festival Outsiders au Supersonic Records, et en attendant devant la salle, en compagnie d’un public beaucoup moins nombreux que le vendredi soir, on espère très fort ne pas être déçus ce soir, tant les promesses du festival ont été brillamment tenues la veille ! L’affiche est moins prestigieuse, mais on compte sur les goûts bien affirmés de l’équipe du festival pour nous surprendre et nous enchanter…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20h20 : Et de fait, le set de Momus va s’avérer une surprise, et très vite, un enchantement (… un sentiment, précisons-le tout de suite, qui ne sera pas partagé par tout le monde dans la salle !). Il faut d’abord préciser que Momus (Nicolas John Currie de son véritable nom) est un pur OVNI dans le monde finalement bien conventionnel de la musique, et que si, après un joli succès dans les années 80 – Momus a eu une influence importante sur Jarvis Cocker et sur Brett Anderson -, il est désormais surtout connu au Japon, et en Asie plus généralement. D’ailleurs, à côté de nous au premier rang, il y avait une jeune femme chinoise qui avait fait le voyage depuis son pays juste pour assister à ce concert !

 

Seul devant un écran projetant les "clips", souvent sous-titrés, des chansons qu’il interprète, Momus, désormais très émacié et coiffé de manière spectaculaire, vêtu d’une sorte de combinaison étrange et rapidement pieds nus, arpente la scène en gesticulant, et en effectuant quelques pas de danse (… qui, en effet, évoquent le « jeu de scène » d’un Jarvis Cocker). Il enchaîne quasiment sans aucune pause, hormis quelques notes qu’il tire de temps en temps d’une flûte à bec, une ribambelle de mini-morceaux mi-chantés, mi-parlés, balayant une multitude de genres musicaux et de thèmes. On passe sans coup férir de la pop synthétique – avec quelques jolies mélodies par-ci, par-là – à une sorte de musique ambient dont le rôle semble avant tout d’illustrer ou de supporter les longues récitations de l’artiste.

 

Dit comme ça, on comprend aisément ceux qui ont détesté cette heure aussi radicale que déstabilisante, et pourtant ! Nous, nous sommes passés du rire aux larmes et vice-versa, grâce à des paroles brillantissimes (Momus est peut-être tout autant un écrivain et un journaliste qu’un musicien), couvrant un spectre thématique absurde : de la disparition de son chat adoré aux réflexions philosophiques baignées de culture orientale, les textes ratissent large, mais sont largement irrigués d’un humour fin et corrosif (Momus a été plusieurs fois poursuivi en justice !). Mais c’est sans doute le plus important : nous avons aussi vibré grâce à la voix étonnante et la présence scénique de cet artiste hors norme, évoquant très fortement le jeune Bowie (eh oui !)… Un peu l'impression de voir ce que serait devenu Bowie dans un monde parallèle où il n'aurait pas connu le succès et serait resté sur sa trajectoire initiale d’artiste provocateur. Fascinant !

 

Gros, gros coup de cœur pour nous, et vivre ce genre d’expérience décalée, inattendue justifie pleinement de fréquenter les salles de concert dans une recherche jamais définitivement satisfaite d'émotions nouvelles.

 

21h40 : nous avions – logiquement - peur de retomber de haut avec Scott McCloud (ex Girls Against Boys, un groupe que nous reconnaissons n'avoir jamais écouté, et également ex-Paramount Styles) : ses morceaux folk-rock ultra-classiques, chantés avec une voix et dans un style assez similaires à notre cher Elliott Murphy (mais malheureusement sans le génie mélodique d'Elliott…), peuvent difficilement être considérés comme ceux d’un « Outsider ». Mais Scott est chaleureux, drôle, sympathique, et – comme Elliott – peu avare en anecdotes expliquant ses chansons. Celui qui semble être le véritable « outsider » de cette seconde partie de la soirée, c’est Simon Lenski, un brillant violoncelliste belge, qui accompagne McCloud et qui va transcender le set, opérant un véritable tour de magie grâce aux sons audacieux (et très « noise » souvent) tirés de son instrument dont il joue de manière peu conventionnelle.

 

C’est quand les chansons montent en intensité qu’elles deviennent vraiment passionnantes, et on aurait sans doute apprécié un peu plus de moments plus « rock » dans un set d’une heure plutôt intimiste. Exemple significatif : la réinterprétation par Scott du classique forcené des Stooges, Search and Destroy, qui devient une méditation existentielle plutôt douloureuse… Très belle conclusion, avec Hold Me Tight, d’un set malheureusement abrégé du fait des contraintes d’horaire le soir.

 

En conclusion, aucune déception en cette seconde soirée, et un grand merci au Festival Outsiders pour tout ce qu'ils font pour des artistes "différents" (nous pensons aux mots sincères de Scott expliquant que ce genre d’événement permet à des gens comme lui de « survivre » : dur !). Mais aussi pour nous, public avide de musiques peu communes !

 

La setlist du concert de Scott McCloud :

Make It To Forever (Make It To Forever – 2026) (with Simon Lenski)

Spaceship (Make It To Forever – 2026) (with Simon Lenski)

Skin of My Teeth (Make It To Forever – 2026) (with Simon Lenski)

Come to New York (Paramount Styles song) (with Simon Lenski)

The Girls of Prague (Paramount Styles song) (with Simon Lenski)

Abandoned In Flames (Make It To Forever – 2026) (with Simon Lenski)

Come Around (Make It To Forever – 2026) (with Simon Lenski)

Alleyesareonyounowmypet (Paramount Styles song) (with Simon Lenski)

Search and Destroy (Iggy and The Stooges cover)

BFF (Girls Against Boys song)

Sexy Sam (Girls Against Boys song) (with Simon Lenski)

Hold Me Tight (Make It To Forever – 2026) (with Simon Lenski)

26 septembre 2026

Black Box Recorder / Perio - Vendredi 25 Septembre 2026 - Supersonic Records (Paris)

“Life is unfair / Kill yourself or get over it” (La vie est injuste / Tue-toi ou passe à autre chose.) reste sans doute la phrase la plus connue extraite de la courte discographie de Black Box Recorder (3 albums au tournant entre le XXe et le XXIe siècle). C’est en tout cas celle qui traduit le mieux la violence des thèmes traités par l’inénarrable – et irremplaçable – Luke Haines, et son complice John Moore, dissimulés dans une forme de pop music sophistiquée et douce, qui plus est chantée par la voix exquise de Sarah Nixey. Lorsque la nouvelle de la reformation du trio est venue à nos oreilles, suivie par des comptes rendus élogieux d’un concert londonien qui avait attiré une jolie foule, nous avons prié pour que Black Box Recorder vienne nous voir à Paris, eux qui ne l’avaient jamais fait à l’époque.

 

Et ce sont nos amis de Sun Burns Out que nous devrons éternellement remercier pour avoir convaincu ces trois quasi-extraterrestres du rock britannique de prendre l’Eurostar et de venir, guitares acoustiques sous le bras, jouer pour nous au Supersonic Records dans le cadre de la troisième édition du festival Outsiders. Un miracle ou presque de pouvoir assister à ça : le public parisien ne s’y est pas trompé, les places sont parties très vite, la soirée est sold out, la queue s’allonge assez tôt avant l’ouverture des portes rue Biscornet. Tout est en place pour un set mémorable.

À 20h20, même si nous sommes tous impatients de vivre cette expérience de voyage dans le temps, vers une époque où le songwriting « classique » était encore la base du rock, et où avoir un « discours politique » plus ou moins virulent quant à l’état de la société était une évidence, nous avons d’abord à vivre un autre bon moment, le concert de Perio. Voici presque un an que The Sharp Bones of My Sleep, le dernier album d’Eric Deleporte, est sorti, et nous n’avions pas encore eu l’occasion de l’entendre défendu sur scène ! Perio est en format trio ce soir, Eric étant accompagné d’un bassiste qui joue occasionnellement de la guitare et du trombone à coulisse, et d’un batteur qui terminera le set à la basse. On perçoit immédiatement une belle alchimie sur scène, un plaisir évident d’être là, qui va porter le set vers l’excellence. On démarre sur la respiration puissante du trombone, avec un Screens – extrait du dernier album – qui réussit à être à la fois envoûtant, mystérieux, et confortable comme un cocon de beauté dans lequel on a envie de se lover. Bien sûr, la voix singulière (quelque part entre Gordon Gano et Daniel Johnston, deux sacrées références…) et les effets de vibrato dans le chant de Deleporte confèrent à la musique de Perio une originalité supplémentaire, l’éloignant des sonorités Americana que l’on attendait.

 

Et nous sommes partis pour cinquante minutes avec une setlist composée de sept chansons de The Sharp Bones Of My Sleep, dont la pop tubesque et presque sautillante de Graffiti Palace, et surtout un Feel the Rage transcendé par l’énergie scénique du trio, et de cinq autres morceaux revisitant le passé du groupe. On retiendra surtout le dissonant et très émouvant Billboard, Pt. 2, et une version très festive de Whoopadoop qui trace en effet une ligne de parenté entre Perio et Violent Femmes.

 

Même si on a l’impression parfois que Perio reste un peu trop dans la retenue, et gagnerait encore sur scène à prendre le risque de la perte de contrôle, de l’explosion, ce set confirme la singularité d’Eric Deleporte et de sa musique.

 

21h25 : Ils sont enfin alignés devant nous : Luke Haines, avec son éternel chapeau (presque un chapeau de paille), visiblement réjoui dès la première chanson, Sarah Nixey, éblouissante tant par sa présence physique que par sa voix – peut-être devenue encore plus belle avec la maturité -, et John Moore, qui tiendra – malgré lui ou pas ? – le rôle amusant du maladroit / angoissé de service. Une véritable petite comédie se joue sur scène entre et même pendant les chansons, traduisant là encore une jolie complicité (et un soupçon de rivalité ?) entre les musiciens… mais surtout un plaisir sincère d’être là avec nous. Le public est conquis dès les premières notes du sublime England Made Me, le premier rang est occupé en partie par de jeunes fans qui connaissent toutes les paroles par cœur, et nous allons assister à ce qu’un ami qualifiera de « masterclass de composition » : dix-huit chansons d’un niveau que peu de groupes peuvent atteindre, divinement chantées, et jouées simplement avec deux guitares acoustiques qui, parfois, ont du mal – surtout au début – à se synchroniser, et sans le renfort de l’électronique et des claviers comme sur les disques.

 

Nous aurons droit à une heure dix minutes parfaites, consacrées largement au premier album de Black Box Recorder, England Made Me, comme annoncé très vite par Haines, avec seulement trois extraits du pourtant aussi excellent The Facts of Life et deux de Passionoia. Difficile après coup de retenir quels auront été les plus beaux moments de la soirée : peut-être Child Psychology (le titre dont est extraite la fameuse phrase, titre dont la citation par Billie Eilish a apporté une nouvelle notoriété au groupe, et explique la présence dans la salle d’un public plus jeune), Swinging pour son évidence pop, la reprise forcément consensuelle du Moribond de Brel (un tube pop outre-Manche sous le titre de Seasons in the Sun), le méconnu et captivant The New Diana, le spoken word et les « la lala la » de The Art Of Driving, ou l’imparable rappel de The Facts of Life ?

 

Nous aurons en tout cas admiré la prestation de John Moore à la scie musicale (instrument qu’il n’avait pas eu le droit d’embarquer sur l’Eurostar, et que les organisateurs du festival ont dû aller acheter avant le set au Castorama le plus proche !), et beaucoup ri quand le même John sera tout perturbé d’avoir entendu quelque chose se déplaçant à l’intérieur de sa guitare : Luke lui expliquera, hilare, que c’est sans doute « Johnny Hallyday » qui y est entré !

 

Le plus important est sans doute qu’à la fin, ils nous ont promis de revenir très vite jouer à Paris. Et ils avaient l’air sincères, ou en tout cas, d’avoir envie d’y croire autant que nous. Il n’y a pas de petits miracles dans la vie…

 

 

La setlist du concert de Perio :

Screens (The Sharp Bones Of My Sleep – 2025)

Exotic Thrill (Black Condensed – 2018)

Crust & Dirt (30 Minutes With Perio – 2015)

The Last Goodbye (The Sharp Bones Of My Sleep – 2025)

Feel The Rage (The Sharp Bones Of My Sleep – 2025)

Dance the Crisis (The Sharp Bones Of My Sleep – 2025)

No Western Land Fits Your Passion (No Western Land Fits Your Passion – 1998)

Billboard, Pt. 2 (Medium Crash – 1999)

The Game (The Sharp Bones Of My Sleep – 2025)

Whoopadoop (30 Minutes With Perio – 2015)

Graffiti Palace (The Sharp Bones Of My Sleep – 2025)

The Sharp Bones Of My Sleep (The Sharp Bones Of My Sleep – 2025)

 

La setlist du concert de Black Box Recorder :

England Made Me (England Made Me – 1998)

Girl Singing in the Wreckage (England Made Me – 1998)

New Baby Boom (England Made Me – 1998)

Child Psychology (England Made Me – 1998)

It’s Only the End of the World (England Made Me – 1998)

I. C. One Female (England Made Me – 1998)

Swinging (England Made Me – 1998)

Hated Sunday (England Made Me – 1998)

Seasons in the Sun (Jacques Brel cover)

Do You Believe In God? (Life Is Unfair – 2018)

Brutality (England Made Me – 1998)

The Art of Driving (The Facts of Life – 2000)

Watch the Angel, Not the Wire (England Made Me – 1998)

May Queen (The Facts of Life – 2000)

The New Diana (Passionoia – 2003)

Soul Boy

I Ran All the Way Home (Passionoia – 2003)

Encore:

The Facts of Life (The Facts of Life – 2000)

18 septembre 2026

Ty Segall - Jeudi 17 Septembre 2026 - Bataclan (Paris)

Il faut reconnaître qu’en 2026, on est bien moins impatients d’assister à un concert de Ty Segall que dix ans auparavant. Le guitariste californien prodigue a publié ces dernières années des albums moins indispensables… et son dernier passage, il y a quatre ans, à l’Elysée Montmartre, nous avait un peu déçus, comme si la flamme de sa musique brillait avec moins de force. Mais il faut toujours laisser une chance aux artistes, surtout quand ils ont laissé une trace aussi marquante dans la musique que Ty Segall. Et puis, Chrome, son dernier album avait quelque chose d’un retour aux sources d’un rock’n’roll lourd et sans concession, qui redonnait envie…

On se doute bien que le Bataclan ne sera pas complet ce soir, et le public arrivera particulièrement tardivement, pour atteindre finalement les 1400 spectateurs, ce qui n’est pas si mal. Et quand les Parisiennes d’Alvilda montent sur scène, à 19h30, la fosse est quand même déjà correctement remplie, ce qui est plus respectueux pour le groupe de première partie… Alvilda, c’est un groupe parisien extrêmement sympathique que nous suivons depuis ses débuts, et qui joue une power pop sautillante et souriante, qui met tout le monde de bonne humeur. Au fil du temps, le groupe progresse techniquement, et possède désormais un répertoire bien nourri : pendant les 35 minutes de leur set, les filles joueront huit titres extraits de leur premier album, C’est déjà l’heure, sorti en 2024, et trois titres de leur EP, Négatif. Du fait d’un son mal équilibré au premier rang, les paroles seront peu intelligibles, ce qui est dommage pour un groupe chantant en français, mais au milieu de la cavalcade ininterrompue, on se réjouira sur les déjà fameux Angoisse, Chômage (comme quoi on peut faire danser et sourire sur des sujets anxiogènes !), et surtout, comme toujours, Cinéma, en conclusion efficace. Si l’on n’échappe pas totalement à un sentiment d’uniformité des morceaux, on apprécie particulièrement la section rythmique bondissante. Si l’on cherche des antécédents à Alvilda dans le rock français, ce serait sans doute – comme nous l’a suggéré un ami mélomane – du côté des Calamités qu’il faut regarder…

20h30 : Ty Segall et ses fidèles musiciens, dont le fantastique bassiste Mikal Cronin, et le non moins impressionnant guitariste Emmett Kelly, sont installés dans le fond de la scène en arc de cercle, avec Ty complètement sur la droite, nous offrant obstinément, à nous qui sommes en face, son profil. Pas de souci, car nous sommes aussi juste face à son ampli qui va déverser sur nous pendant les quatre-vingts minutes du set (rappel compris) de la lave en fusion.

Le concert s’ouvre sur un Feel puissant, datant de la grande époque de Manipulator, ce qui annonce clairement que, ce soir, ce ne sera pas comme en 2024 : la poudre va parler. Si la voix de Ty est peu audible, ce qui n’est pas dramatique, la musique étant largement instrumentale, le son est rapidement très bien équilibré, les performances (nous pesons nos mots) de chaque musicien étant parfaitement audibles. Ty part rapidement dans un impressionnant – et très long – solo, qui donne le ton du reste de la soirée. Ce soir, les amoureux de guitare électrique en folie vont être au paradis !

La setlist comportera l’intégralité des neuf titres de Chrome, agrémentés de sept morceaux extraits d’albums principalement « heavy » de la discographie de Ty. Le tout souvent enchaîné sans pause, et donnant rapidement l’impression d’une longue « jam », sur laquelle tout le monde a l’opportunité de démontrer son talent. Le même mécanisme donc qu’à l’Elysée Montmartre, mais avec une différence de taille : la majorité des titres sont violents, voire extrêmement violents. Et les solos de Ty s’inscrivent au fer rouge sur une musique puissante, délivrée sur des rythmes « soutenus » dirons-nous. De quoi ravir les acharnés du slam, toujours actifs lors d’un concert de Ty ! Rappelons qu’il n’y a normalement, comme c’était le cas ce soir, pas de crash barrier à un concert de Ty Segall, pour permettre au public de grimper sur scène devant les musiciens, et utiliser le large espace mis à disposition des slammers !

Bon, il faut admettre qu’il est parfois difficile, voire impossible, de reconnaître les chansons, mais personne n’a l’air de s’en soucier, pourvu qu’on puisse headbanguer, surfer sur les bras du public, hurler sur chaque solo de guitare incandescent. Et puis, le spectacle sur scène ne manque pas de sel : entre un Mikal Cronin déchaîné sur plusieurs titres, qui donnerait une leçon à une bonne partie des bassistes de la planète, et un Ben Boye parfaitement stoïque et souriant ironiquement devant ses claviers, le groupe de Ty nous offre différentes versions de l’attitude rock’n’roll qui va bien ! À propos des claviers, certains se seront étonnés de leur présence, mais le son sursaturé qui s’en échappe ne fait rien pour adoucir la musique, et épaissit encore la musique, offrant aux solistes déchaînés une liberté totale.

Le set principal se termine sur le long et fantastique She, de Freedom’s Goblin, une sorte de rencontre entre Motörhead et le Deep Purple 70’s de Highway Star.

Ty et ses complices reviennent nous offrir un dernier medley torride, où le bref punk rocker de la première heure, Oh Mary et le lourd et bluesy Cherry Red encadrent une longue – et effroyablement jouissive – citation du LA Woman des Doors. Pas loin de la perfection, du coup.

Reviens-nous vite, Ty, nous sommes à nouveau des fans convaincus !

Les musiciennes de Alvilda sur scène :

Nina Galdino – chant et guitare

Eva Montes - basse

Sandra Mangione - batterie

Mélanie Martinez - guitare

 

La setlist du concert de Avilda :

Négatif (Négatif EP – 2021)

Chômage (C’est déjà l’heure – 2024)

Paris été (C’est déjà l’heure – 2024)

Pas dispo

Le froid (C’est déjà l’heure – 2024)

Angoisse (C’est déjà l’heure – 2024)

Mélanie (C’est déjà l’heure – 2024)

Maladresse (C’est déjà l’heure – 2024)

Moustique (C’est déjà l’heure – 2024)

Kylie (Négatif EP – 2021)

Alvilda (C’est déjà l’heure – 2024)

Cinéma (Négatif EP – 2021)

 

Les musiciens de Ty Segall sur scène :

Ty Segall – guitar / vocals

Emmett Kelly – guitar / vocals

Mikal Cronin – bass / vocals

Ben Boye – keyboards

Evan Burrows - drums

 

La setlist du concert de Ty Segall :

Feel (Manipulator – 2014)

Hospital (Chrome – 2026)

Candy Sam (Emotional Mugger – 2016)

Thank God for Sinners (Twins- 2012)

Finger (Melted – 2010)

Black Paint (Chrome – 2026)

Running to Nowhere (Chrome – 2026)

Let Go (Chrome – 2026)

Glass (Chrome – 2026)

My Best Friend (Three Bells – 2024)

Everything You’ve Been (Chrome – 2026)

Chrome (Chrome – 2026)

Play Cowboys (Chrome – 2026)

Separation (Chrome – 2026)

She (Freedom’s Goblin – 2018)

Encore:

Oh Mary (Ty Segall – 2008) / L.A. Woman (The Doors Cover) / Cherry Red (Deforming Lobes – 2019)

16 septembre 2026

Metric / Broken Social Scene - Mardi 15 Septembre 2026 - Salle Pleyel (Paris)

Ce soir, Live Nation annexe la Salle Pleyel pour une double affiche canadienne Broken Social Scene + Metric qui tourne en Europe sous le nom de « All The Feelings Tour »… et a logiquement un peu de mal à remplir les 2500 places de la salle en configuration mixte assise / debout. Néanmoins, ne nous plaignons pas, nous ne serons pas trop serrés, et pourrons profiter de l’air conditionné alors que la France connaît encore une augmentation (tardive) des températures. Et puis, petit clin d’œil de circonstance, c'est assez amusant d'accueillir des groupes canadiens – même si leur base est plus Toronto que Montréal -, alors qu'à guère plus de cent mètres de là, les fans en transe guettent la sortie de Céline Dion au Royal Monceau, pour son karaoké quotidien !

Ouverture des portes à 19h, et ça ne traîne pas, vu le programme serré de la soirée avec trois sets, et le couvre-feu à 23 h : dès 19h30, Stars, un groupe peu connu chez nous, qui a dans ses rangs deux musiciens en commun avec Broken Social Scene, attaque son set. Sur scène, déjà beaucoup de monde, en moyenne huit personnes, mais parfois plus quand la section de cuivres se muscle. Stars, c’est une musique que nous qualifierons, faute de mieux, de « pop indépendante », mais qui manque terriblement de personnalité. Pendant les deux ou trois premiers, on trouve ça plutôt sympathique, en particulier avec la combinaison masculin-féminin des vocaux de Torquil Campbell, le fondateur du groupe, et Amy Millan (de Broken Social Scene). Mais on réalise vite que Campbell n’est pas un très bon chanteur, et qu’il manque singulièrement de charisme, alors qu’il a tendance à exagérer ses attitudes sur scène, ce qui ne lui rend pas service. On appréciera quelques montées occasionnelles en intensité, quelques pointes cuivrées ajoutant du piment, mais 40 minutes, c’est beaucoup trop, et l’ennui plombe la fin du set.

21 h : peu de changement de matériel entre les deux groupes, ce qui permet que, moins de vingt minutes plus tard, Broken Social Scene soit déjà sur scène. Vu l’excitation dans les premiers rangs, il est clair qu’une partie des spectateurs est venu surtout pour le collectif de Toronto, un public d’ailleurs logiquement différent de celui de Metric, ce qui, quelque part, valide le pari de la tournée d’additionner des publics de deux groupes complémentaires.

Broken Social Scene, c’est beaucoup, beaucoup de monde sur scène, pas loin d’une quinzaine de personnes nous a-t-il semblé, sans que nous arrivions à les compter : tout cela dans une atmosphère de camaraderie générale vraiment touchante. Et puis, au-delà des cuivres qui ajoutent sur certains titres une puissance bienvenue, on compte jusqu’à quatre guitares électriques en même temps, jouées qui plus est par des types qui ne sont pas manchots ! D’où une sorte de garantie de notre satisfaction, à nous qui goûtons cet instrument essentiel du Rock !

Broken Social Scene est un groupe qui n’a jamais réellement trouvé son public en France, même pas à Paris, et Kevin Drew – l’un des deux leaders - nous fera remarquer par deux fois au cours de l’heure du set que cette soirée, qui n’est pas loin d’être triomphante dans une telle salle, est une belle surprise après toutes les déceptions de sa carrière. Il faut admettre que la grande variété de styles du groupe a de quoi désorienter quand on ne s’y attend pas : il y a des passages « Americana » (dirait-on « Canadana » dans ce cas ?) comme Paying for Your Love extrait de leur dernier album, qui peut faire penser à du Tom Petty ou à du Springsteen ; il y a le point culminant du set – sans doute survenu un peu trop tôt –, une version énorme de Ibi Dreams of Pavement, qui évoque les sommets émotionnels des premiers albums d’Arcade Fire ; il y a, à l’opposé, et avec la participation d’Emily Haines, la chanteuse de Metric, et de James Shaw, le guitariste, un beau morceau intimiste (Anthems For A Seventeen Year-Old Girl, nous semble-t-il)… Il y a aussi des échanges constants d'instruments entre les musiciens qui entrent et sortent au gré de la setlist : tout le monde a l’air de bien s'amuser. On célèbre avec beaucoup de sincérité et d'émotion l’anniversaire de Evan Cramey, l’un des guitaristes (qui fait d’ailleurs aussi partie de Stars…).

Il règne parfois sur scène un sentiment de joyeuse pagaille, mais musicalement, ça tient toujours la route, grâce à la virtuosité de tous, et à leur esprit de troupe. Finalement, si l’on ne recherche pas trop une musique organisée et facilement compréhensible, il est difficile de ne pas s'enthousiasmer devant une approche aussi humaine, joyeuse et généreuse !

21h30 : Quand résonne sur scène une version triturée du Real Good Time Together du Velvet Underground, il nous est difficile de contenir notre excitation ! Evidemment, Metric, c’est tout autre chose : plus dépouillé, plus directement identifiable, plus facilement accrocheur, avec d’excellentes mélodies que l’on saisit dès la première écoute. La grande scène de Pleyel semble presque vide maintenant avec seulement quatre musiciens… en dépit de jeux de lumières sophistiqués, et de deux grosses armoires « électroniques » qui permettent à Shaw (à la guitare, donc) et à Joshua Winstead (à la basse) de triturer en permanence le son de leurs instruments ! Quant à la radieuse Emily Haines, elle œuvre surtout – quand elle ne chante pas – derrière ses claviers installés sur une petite table roulante qu’elle déplace avec elle sur la scène.

Curieusement, le démarrage du concert semble, sinon un peu poussif, du moins trop convenu, peut-être artificiel. Les sonorités électroniques, la mise en scène du « show » offert par Metric constituent une rupture de style très forte après la musique très organique de Broken Social Scene. Même l’excellent Youth Without Youth ne parvient pas à déclencher l’excitation attendue. Paradoxalement, c'est quand le set assume totalement le côté le plus électro de Metric – comme sur le très synthétique Crush Forever - que tout finit par se mettre en place. La version de Breathing Underwater est magnifique, et dégage enfin cette émotion que nous attendions : chanter / crier avec Emily : « Is this my life? » a quelque chose de thérapeutique.

 

 

 

La seconde partie du concert sera magistrale, avec un enchaînement de chansons superbes, une énergie réellement classe, sans parler des petits discours en forme de mini-leçons de vie donnés avec humilité et sincérité par Emily, gagnée par l'émotion : parfait, tout simplement. La version de Synthetica, avec les cuivres en bonus, est irrésistible. Loyal est l’occasion pour les membres de Stars et de Broken Social Scene de tous revenir faire un dernier tour de piste, et de faire preuve à nouveau de ce bon esprit qui a caractérisé la soirée… Avant une formidable conclusion du set sur un Combat Baby pugnace. La soirée, parfaitement réussie, se clora donc à 23h00 pile, après un rappel de deux chansons (Help I’m Alive et Black Sheep) fédératrices.

Alors que notre attention portée à la riche scène rock canadienne est souvent focalisée sur Montréal, il n’était pas inutile de placer également Toronto sur la carte des « villes Rock » : c’est là l’un des effets secondaires de cet « All The Feelings Tour » qui nous aura ravi ce soir. Quant à Céline… c’est évidemment une tout autre histoire, qui ne nous concerne pas.

La setlist du concert de Stars :

Hold On When You Get Love and Let Go When You Give It (The North - 2012)

Elevator Love Letter (Heart – 2003)

Losing to You (There Is No Love in Fluorescent Light - 2017)

Take Me to the Riot (In Our Bedroom after the War – 2007)

Dead Hearts (The Five Ghosts - 2010)

Look Up (Heart – 2003)

Trap Door (No One Is Lost - 2014)

Ageless Beauty (Set Yourself on Fire – 2004)

Your Ex-Lover Is Dead (Set Yourself on Fire – 2004)

La setlist du concert de Broken Social Scene :

Cause = Time (You Forgot It in People – 2002)

7/4 (Shoreline) (Broken Social Scene – 2005)

Ibi Dreams of Pavement (A Better Day) (Broken Social Scene – 2005)

Paying for Your Love (Remember the Humans – 2026)

Texico Bitches (Forgiveness Rock Record – 2010)

Hug of Thunder (Hug of Thunder – 2017)

Sweetest Kill (Forgiveness Rock Record – 2010)

Fire Eye'd Boy (Broken Social Scene – 2005)

The Call (Remember the Humans – 2026)

Anthems for a Seventeen Year-Old Girl (You Forgot It in People – 2002)

KC Accidental (You Forgot It in People – 2002)

Les musiciens de Metric :

Emily Haines - lead vocals, keyboards

James Shaw - guitar, synthesizers, backing vocals

Joshua Winstead - bass, synthesizers, backing vocals

Joules Scott-Key - drums, percussion

La setlist de Metric :

Victim of Luck (Romanticize the Dive - 2026)

Oh Please (Formentera - 2022)

Youth Without Youth (Synthetica -2012)

Monster Hospital (Live It Out - 2005)

Poster of a Girl (Live It Out - 2005)

Crush Forever (Romanticize the Dive - 2026)

Now or Never Now (Art of Doubt - 2018)

Breathing Underwater (with Amy Millan) (Synthetica -2012)

Leave You on a High (Romanticize the Dive - 2026)

All Comes Crashing (Formentera - 2022)

Tremolo (Romanticize the Dive - 2026)

Synthetica (with the horn section of Broken Social Scene) (Synthetica -2012)

Gold Guns Girls (with Sam Goldberg Jr.) (Fantasies - 2009)

Loyal (with Broken Social Scene and Stars) (Romanticize the Dive - 2026)

Gimme Sympathy (Fantasies - 2009)

Combat Baby (partly with women vocalists from Broken Social Scene and Stars) (Old World Underground, Where Are You Now? - 2003)

Encore:

Help I'm Alive (Fantasies - 2009)

Black Sheep (Scott Pilgrim vs. The World – 2010)

 

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  • Depuis que j'ai 15 ans, ce qui nous fait un bail, je fréquente les salles de concert de par le monde, au gré de mon lieu de résidence. Il était temps de capturer quelque part tous ces grands et petits moments d'émotion, de rage, de déception, de plaisir...
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