Aldous Harding - Vendredi 12 juin 2026 - Salle Pleyel (Paris) :
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Après cinq semaines de confinement à domicile pour cause de fracture de la cheville (même pas dans une salle de concert !), je fais mon retour grâce à l'ami Jérôme, qui a bien voulu me revendre sa place au balcon à Pleyel pour Aldous Harding. Tout le monde connaît mon aversion pour le fait d'assister à un concert assis, mais je n'allais pas faire la fine bouche, d'autant que mon plâtre et la rééducation qui suivra vont m'empêcher d'être debout dans la fosse pendant encore plus d'un mois.
La salle Pleyel n’est évidemment pas sold out ce soir pour une artiste aussi clivante que la Néo-Zélandaise, et ce d’autant que son dernier album, qui charge la barque au niveau des « bizarreries », et abandonne largement les dernières sonorités « folk », a recueilli autant de critiques mitigées que de louanges. Mais heureusement, le remplissage de la salle sera suffisant pour ne pas créer un sentiment désagréable de « vide », même si, quand la première partie monte sur scène à 20h, les rangées de sièges et la fosse sont encore bien dégarnies.
Cette première partie, Vera Ellen, une artiste indie néo-zélandaise réputée, qui plus est signée chez Flying Nun, soit « la » référence en termes de label, est a priori assez attirante, et ce d’autant qu’elle se présente sur scène en format « groupe ». Malheureusement, les premiers morceaux semblent s’éterniser sans que grand-chose ne s’en dégage, ni du point de vue mélodique, ni – surtout - émotionnel. Ce qui fait que l’intérêt retombe peu à peu, en dépit d’un public « bien élevé » qui applaudit poliment. Il faut attendre Sangria, le quatrième morceau, pour avoir l’impression que quelque chose se passe sur scène. Et puis Broadway Junction, en avant-dernier sur la setlist, dégage enfin une vraie et belle émotion. On sait que Vera Ellen a souffert de graves problèmes de santé et n’a pas toujours été sereine non plus, et on comprend qu’elle se protège (elle se plaindra d’ailleurs d’être trop « exposée » du fait des lumières fortes sur scène, sans que personne de l’équipe Pleyel ne remédie au problème, ce qui n’est pas très bienveillant) : il reste qu’elle ne dévoile pas grand-chose de ses sentiments, à part sur Broadway Junction, justement, et que, hormis de beaux vocaux, parfois en harmonie avec ses musiciens, on a le sentiment d’assister à un set tout en retenue, voire en sécheresse. Elle nous demande de passer à son stand de merchandising à la fin, pour acheter son dernier album, HEAVEN KNOWS WHAT TIME, ce qui pourrait « changer sa vie » ! Pas sûr malheureusement qu’elle ait convaincu suffisamment de spectateurs…
21h00 : Aldous Harding est là, accompagnée par un quatuor qui comprend d’ailleurs deux claviers : nous savons, grâce aux retours de son concert de la veille à Rouen, que son set sera en majeure partie consacrée à son nouvel album, Train on the Island, et donc que les claviers seront prépondérants. Nous avions déjà vu des photos du nouveau look d’Aldous – cheveux très courts et blouson -, donc pas de surprise à ce niveau-là. Après une intro extrêmement « suspendue » avec l’enchaînement de Train on the Island et I Ate The Most, deux titres hantés du nouveau disque, elle n’empoignera sa guitare acoustique qu’au troisième (One Stop), et ne reviendra – un peu - à ses « origines folk » qu’au quatrième, le beau Treasure, extrait de Designer… qui semblera d’ailleurs littéralement libérer un public extrêmement silencieux et recueilli, peut-être décontenancé par l’atmosphère presque glaciale du set. Venus in the Zinnia reçoit de belles acclamations, mais c’est probablement le curieux If Lady Does qui représente le plus clairement la singularité musicale actuelle de Harding.
Les tentatives de spectateurs de s’adresser à elle (« We Love You », « How Are You ? ») sont accueillies par une fin de non-recevoir : « I’m on stage, so I’m alright, but I’m not gonna talk too much you know… ! ». Entre ses perpétuelles mimiques – presque des grimaces -, ses mouvements désordonnés, ses poses clairement embarrassées, et peut-être surtout les blancs qui semblent parfois interminables qu’elle laisse entre deux chansons, il est clair qu’Aldous Harding n’apprécie pas l’exercice de la scène, et n’a nullement envie de prendre en compte l’existence d’un public devant elle.
Elle tente quand même de « mettre de l’ambiance » en se levant de sa chaise, en quittant son blouson et en essayant de danser sur Passion Babe, mais ça sent trop l’effort artificiel pour fonctionner. Heureusement, le joliment velvetien Leather Whip rattrape l’affaire, et la dernière ligne droite du concert sera plus emballante, moins glacée, jusqu’à une belle conclusion avec l’excellent Coats (comme sur l’album). On ne commentera pas, néanmoins, « son jeu de scène » sur le morceau plus rock qu’est Fever, pendant lequel elle s'allonge comme si elle était à la plage pour laisser ses musiciens jouer !
Nous aurons droit ensuite à un rappel réussi de trois titres. L’interprétation solo de l’intimiste Riding That Symbol n’est pas transcendante, il y aura même un « pain » (qu’elle relèvera elle-même en plaisantant : « Not bad! ». Mais les deux derniers morceaux, annoncés par un déconcertant « If you have any drugs, take them now! », le touchant Imagining My Man et surtout le baroque et « amusant » Designer, nous permettront de quitter Pleyel avec un doux sentiment de quasi-euphorie.
Il reste après cette soirée en demi-teinte qu’Aldous Harding n’est clairement pas une « artiste de scène », en dépit de sa voix régulièrement stupéfiante, surtout quand elle en joue avec des accents enfantins assez déstabilisants. Elle semble trop déchirée entre la volonté d’offrir un spectacle « professionnel », plutôt sage, et ses tendances naturelles à l’excès, pour que la scène puisse être un véritable plaisir pour elle. Et ça se ressent dans la salle.
La setlist du concert de Vera Ellen :
A Grip (Ideal Home Noise – 2023)
hunger is just a memory (HEAVEN KNOWS WHAT TIME – 2026)
When It's Over (HEAVEN KNOWS WHAT TIME – 2026)
Sangria (EP – 2025)
Stick Around 2 See (Ideal Home Noise – 2023)
Broadway Junction (Ideal Home Noise – 2023)
Then There Was You
La setlist du concert d’Aldous Harding :
Train on the Island (Train on the Island – 2026)
I Ate the Most (Train on the Island – 2026)
One Stop (Train on the Island – 2026)
Treasure (Designer – 2019)
Venus In The Zinnia (Train on the Island – 2026)
If Lady Does It (Train on the Island – 2026)
Worms (Train on the Island – 2026)
Passion Babe (Warm Chris – 2022)
Leathery Whip (Warm Chris – 2022)
San Francisco (Train on the Island – 2026)
What Am I Gonna Do? (Train on the Island – 2026)
Fever (Warm Chris – 2022)
Warm Chris (Warm Chris – 2022)
Coats (Train on the Island – 2026)
Encore:
Riding That Symbol (Solo) (Train on the Island – 2026)
Imagining My Man (Party – 2017)
Designer (Designer – 2019)
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