Wednesday - Jeudi 27 août 2026 - Festival Rock en Seine (Parc de Saint-Cloud)
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Il faut l’admettre, le programme concocté en 2026 par les responsables de Rock en Seine a fait briller les yeux de tous ceux qui regrettaient la quasi-disparition du Rock durant de longues années. Les journées de vendredi, samedi et dimanche sont tout simplement glorieuses, que ce soit au niveau des têtes d’affiches qu’à celui des groupes et artistes moins célèbres. Mais comme la fête risquait d’être trop belle, la météo semble avoir décidé de perturber autant que possible un festival qui ne méritait pas ça. Qu’importe ! Nous n’allons pas résister à l’appel du rock’n’roll.
Bon, le programme de ce jeudi est encore dirigé avant tout à l’attention des fans d’electro, de rap et de pop, mais j’ai décidé de risquer le tout pour le tout (surtout de me faire tremper !) pour enfin voir sur scène Wednesday, dont j’avais manqué leur dernier passage au Trabendo, ainsi que Florence Road, jeune groupe irlandais que la jeunesse (enfin, celle qui écoute du Rock) plébiscite.
16h25 : alors que la Grande Scène est déjà bien remplie par un public attendant les stars de la soirée, le programme commence donc par un groupe de Rock, atypique par rapport à la programmation de ce jeudi, Florence Road : les jeunes Irlandaises originaires de Bray (ce qui nous change de Dublin), ont très rapidement captivé les rockers de la nouvelle génération, avec un style musical qui peut rappeler celui des Cranberries ou de U2, pour nommer d’autres enfants du pays. Du lyrisme, une voix qui n’hésite pas à en faire des tonnes, des solos de guitare en veux-tu, en voilà : rien de nouveau sous le soleil, mais les réseaux sociaux portent le groupe.
Dès le début, on réalise que, en effet, pas mal de gens très jeunes dans la foule apprécient beaucoup ce groupe : c’est une bonne nouvelle pour le Rock ! La moins bonne, c’est que Florence Road, en dépit de sa jeune gloire, peine à convaincre. La voix de Lily Aron est puissante, mais ne nous caresse pas dans le sens du poil, nous qui avons un problème avec les « gueulardes », comme nous les appelons. Les solos de guitare sont spectaculaires, mais très envahissants, façon seventies. Et les chansons n’ont, dans leur ensemble, pas grand-chose d’original. Bon, le final sur Break The Girl a toutefois bien fonctionné, grâce à une mélodie bien troussée, et en dépit de ses « La La La » trop clicheteux. Au final, je me suis un peu ennuyé, mais je dois admettre que, globalement, le public de la Grande Scène a été enthousiaste.
L’attente est longue jusqu’au set de Wednesday, mais ça me permet au moins de me restaurer, avant d’affronter le premier orage de l’après-midi qui fait fuir tout le monde, dans une tentative désespérée d’échapper aux torrents d’eau qui se déversent sur le Parc de Saint-Cloud…
18h45 : la pluie s’est calmée, mais ça n’est apparemment que temporaire. La scène AXS (ex-scène du Bosquet, rebaptisée au nom de l’un des sponsors) accueille un public assez international, pour accueillir Wednesday : ce groupe de Caroline du Nord, chantant la vie des gens ordinaires du Sud USA, est évidemment adepte de la country music et de l’Americana en général. Mais Wednesday, c’est plus compliqué que ça : ils se revendiquent punks « purs et durs » et mélangent leur musique « traditionnelle » à un indie rock parfois très grunge. Le groupe a bénéficié en termes de notoriété de la présence à la guitare de MJ Lenderman, mais la star de l’alt-country a été depuis remplacée par un nouveau guitariste, Spider, qui va se révéler très convaincant.
Wednesday est donc beaucoup LE groupe le plus attendu de la journée, et ils ne vont pas décevoir. Leur set, qui débordera de cinq minutes sur le temps prévu (punks toujours !), démarre par une période d’observation mutuelle : la scène est encore trempée, comme le public massé devant, et le mélange de genres, avec une pedal steel guitar très présente, mais distordue, surprend un peu. Et puis, à mi-course, après un touchant hommage country à Dolly Parton (« une vraie punk », d’après Karly Hartzman, la charismatique chanteuse de Wednesday), tout se met en place.
Ce qui provoque ce basculement du set, c’est un nouvel orage qui se déverse sur nous : la majorité des spectateurs décident de rester, et résistent stoïquement ; le groupe, lui, recule juste de quelques pas, protège les pédales dans des sacs plastiques, et se met à jouer littéralement comme si sa vie en dépendait. Et les dernières trente minutes du set sont magiques, jusqu’à un final ultra-violent (enchaînant les très punks Bull Believer et Wasp), d’une folle générosité.
Un grand moment de rock’n’roll, en dépit – ou peut-être à cause – des circonstances difficiles.
Glacé jusqu’à la moelle, je décide de - malheureusement - faire une croix sur le concert de Kompromat, qui me tentait bien. Espérons que, demain, le temps sera plus compatible avec le plaisir d’assister à un festival !
Les musiciennes de Florence Road :
Lily Aron – voix et guitare
Emma Brandon – guitare
Ailbhe Barry – basse
Hannah Kelly - batterie
La setlist du concert de Florence Road :
7563 (Single – 2026)
Storm Warnings (Spring Forward EP – 2026)
Heavy (Fall Back EP – 2025)
Figure It Out (Fall Back EP – 2025)
Miss (Spring Forward EP – 2026)
Hanging Out to Dry (Spring Forward EP – 2026)
Surprise Surprise
Goodnight (Fall Back EP – 2025)
Break the Girl (Fall Back EP – 2025)
La setlist du concert de Wednesday :
Reality TV Argument Bleeds (Bleeds – 2025)
Got Shocked (Rat Saw God – 2023)
Fate Is... (I Was Trying to Describe You to Someone – 2020)
Wound Up Here (By Holdin On) (Bleeds – 2025)
Hot Rotten Grass Smell (Rat Saw God – 2023)
Candy Breath (Bleeds – 2025)
Phish Pepsi (Bleeds – 2025)
Pick Up That Knife (Bleeds – 2025)
Twin Plagues (Twin Plagues – 2021)
Elderberry Wine (Bleeds – 2025)
Bitter Everyday (Bleeds – 2025)
Townies (Bleeds – 2025)
Bull Believer (Rat Saw God – 2023)
Wasp (Bleeds – 2025)