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Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...
30 août 2026

Amyl & The Sniffers / High Vis / Man/Woman/Chainsaw/Dynamite Shakers - Samedi 29 Août 2026 - Festival Rock en Seine (Parc de Saint-Cloud)

Ce samedi est un jour compliqué pour moi, qui ne suis pas très fan des genres hardcore et compagnie, qui sont mis en avant sur à peu près toutes les scènes. Mais, heureusement, il y a toujours moyen de trouver de quoi passer un bon moment à Rock en Seine, tout du moins depuis que la programmation est redevenue Rock !

17h55 : les Dynamite Shakers sur scène, c’est justement toujours la garantie de l’un de ces bons moments, mais, cette fois… le choc, pour moi qui ai suivi ce jeune groupe (« jeune » par l’âge de ses membres), et pourtant très expérimenté, depuis des années, c’est le passage des textes de l’anglais au français, qui a accompagné leur signature chez un gros label. On peut imaginer que la bonne maison Barclay voit en eux le potentiel de devenir le Téléphone de la génération actuelle… Cette francophonie nouvelle, quand j’en avais entendu parler, m’avait semblé une excellente idée, vu le nombre beaucoup trop réduit de rockers hexagonaux chantant dans leur langue maternelle. Mais elle s’avère une mini-révolution plus notable que prévue, et donc déstabilisante : la langue de Molière éloigne Dynamite Shakers de leurs belles racines « puristes » et rock garage, et, quelque part, les transforme en… autre chose.

Il me faut donc un peu de temps pour m’habituer, même si l’intro sur le féroce nouveau titre, Equipage Ravage, prouve que l’ADN « rock dur » du groupe n’a pas été affecté. Je tique plutôt sur la reprise du mythique C’est comme ça des Rita Mitsouko : même dans une version énervée, on est trop loin de ce que je considérais jusque-là comme leur univers (en gros, Fleshtones et Dogs…) pour aider mon adhésion aux « Dynamite Shakers V2.0 ». Mais, no sweat ! Progressivement, au fil de la setlist et de leur habituelle montée en pression, je retrouve le groupe que j’adore, jusqu’à un final enragé et incendiaire (sur le What’s Going On extrait du premier album), qui porte bien leur marque. Bon, il va me falloir maintenant écouter MARYLIN, leur nouveau disque, qui vient juste de sortir…

 

 

18h50 : Course rapide la scène AXS vers la scène Roc-On Volkswagen (ces noms, quand même !) pour tenter d’assurer la barrière afin de voir et écouter le nouveau groupe qui m’a le plus marqué sur disque ces derniers temps, Man/Woman/Chainsaw. D’ailleurs, s’il y a une chose regrettable quand même dans la programmation de cette édition de RES, c’est le nombre limité de prises de risque, de découvertes, de musiques surprenantes… Alors profitons de cette exception ! Le rock aussi expérimental que « pop », aussi punk dans l’esprit que joyeusement désorganisé, du jeune collectif anglais va clairement scinder le public en deux camps : il y aura ceux qui quitteront rapidement la scène Roc-On en n’ayant entendu qu’une sorte de cacophonie incohérente, et ceux (heureusement plus nombreux) qui auront été enchantés par cette atmosphère foutraque, traversée par des éclairs aveuglants de beauté soul, de furie punk rock et de lyrisme échevelé.

D’où je suis placé, un peu trop sur la gauche, je ne vois quasiment pas l’un des « points forts » des prestations scéniques de Man/Woman/Chainsaw : Clio, la fantasque violoniste, qui remue beaucoup d’air à elle seule. Le reste du groupe (six musiciens, quatre filles et deux garçons) est beaucoup plus sage, et s’applique à jouer les nouvelles chansons extraites de l’album qui vient de sortir, Cannonball. Comme sur le disque, on passe de titres très énervés comme le furieux The Thing, qui décoiffe salement, à des sucreries pop-soul comme Lighter. Je trouve d’ailleurs que le groupe n’arrive pas tout-à-fait à créer un flux cohérent de musique qui nous permette de nous y raccrocher… Cela étant, il faut bien reconnaître que jouer avec un grand soleil en pleine face n’est pas facile pour un « collectif » britannique de ce genre, plus habitué à l’intimité des caves underground ! Je les reverrai donc dès que possible dans un lieu plus adapté.

19h45 : Je me suis fait un peu prier par les copains fans de High Vis (« encore un groupe de punks hardcore en colère ! ») pour retourner devant la Scène AXS, et je n’y suis donc pas arrivé avec beaucoup d’enthousiasme, alors qu’un public nombreux était déjà massé devant. La barrière est néanmoins accessible, mais cette fois, très à droite. Et puis, rapidement, il a été évident pour moi que High Vis, c’était bien autre chose, bien plus qu’un cliché : de véritables chansons, avec des mélodies reconnaissables, avec des changements de genre musical inattendus. Il y a surtout, au-delà de l’énergie déployée, une sincérité, une honnêteté que l’on ne rencontre pas si souvent que ça, en fait… et qui leur vaut visiblement la fidélité de nombreux fans manifestant clairement leur passion pour le groupe. Finalement, j’ai le sentiment de reconnaître quelque chose de ce « naturel » presque naïf qui faisait le prix du mouvement punk londonien entre 1976 et 1977, dont High Vis serait un héritier, simplement plus dur et désespéré, étant donné la manière dont les temps ont changé et dont la société a évolué.

Mais c’est quand, d’un seul coup, l’émotion s’est emparée de Graham Sayles, leur chanteur, que tout a basculé pour moi : les larmes aux yeux et la voix serrée, Graham nous a avoué combien c’était une récompense pour le groupe de jouer ici devant des milliers de personnes, après avoir galéré aussi longtemps dans des salles vides. Un moment de pure beauté, de vraie humanité, dans ce monde de brutes qui est le nôtre désormais. Tiens, je suis presque devenu un fan de High Vis ! Bon, juste pour faire rire les connaisseurs du groupe qui vont sûrement se moquer de moi, mon moment préféré du set a été la chanson Guided Tour, extraite de l’album éponyme.

20h45 : J’ai pris la décision difficile de quitter la Scène AXS avant la toute fin du set de High Vis pour essayer de trouver une place correcte devant la grande scène et voir Amyl & The Sniffers. Je suis content d’y parvenir, même si je suis très sur la gauche, j’ai une bonne vue dégagée sur la scène ! Le problème est plutôt que, même si j’ai beau bien aimer les albums d’Amy, en live, ça s’avère du pub rock – légèrement coloré d’esprit punk - sans grande surprise, et même assez répétitif.

Pire, par rapport à leur set d’il y a trois ans au même endroit, ce concert souffrira d’un « ventre mou »… avant une dernière partie où, heureusement, s’aligneront enfin des titres plus accrocheurs, comme Jerkin’ ou Hertz, qui dégagent une saine énergie, et réjouiront les nombreux pogoteurs qui s’en donnent à cœur joie (en évitant quand même les flaques de boue !). Il reste qu’Amyl est toujours aussi radieuse et pétulante, et convaincue dans ses rares diatribes contre la violence et la discrimination, que la nouvelle bassiste a fière allure, et que Declan Mehrtens, à la guitare, nous a fait de belles démonstrations de virtuosité qui ont soulevé les applaudissements.

Il est temps pour moi de quitter les lieux avant que le public ne devienne complètement hystérique devant Deftones. Il me faut garder des forces pour demain dimanche, une journée importante.

La setlist du concert de Dynamite Shakers :

Equipage ravage (MARYLIN – 2026)

Scellé au sol (MARYLIN – 2026)

Juste pour toi (CINEMA EP – 2026)

Cinéma (MARYLIN – 2026)

C'est comme ça (Les Rita Mitsouko cover)

Get lost (on the other side) (MARYLIN – 2026)

Ridiculous (Don’t Be Boring – 2024)

Nightclub (MARYLIN – 2026)

What's Goin' On? (Don’t Be Boring – 2024)

La setlist du concert de Man/Woman/Chainsaw :

Only Girl (Cannonball – 2026)

Canyons (Cannonball – 2026)

scab

Goddamn, Lizard Man! (Cannonball – 2026)

Get Up and Dance (Cannonball – 2026)

The Thing (Cannonball – 2026)

Lighter (Cannonball – 2026)

Ode to Clio (Eazy Peazy EP – 2024)

Something Else to Give (Cannonball – 2026)

Nosedive (Cannonball – 2026)

La setlist du concert de High Vis :

Drop Me Out (Guided Tour – 2024)

Walking Wires (No Sense No Feeling - 2019)

Talk for Hours (Blending – 2022)

Altitude (No Sense No Feeling - 2019)

Out Cold (Blending – 2022)

Mob DLA (Guided Tour – 2024)

0151 (Blending – 2022)

Guided Tour (Guided Tour – 2024)

A Fist for When You're Down

Fever Dream (Blending – 2022)

The Bastard Inside (No Sense No Feeling - 2019)

Choose to Lose (No Sense No Feeling - 2019)

Mind's a Lie (Guided Tour – 2024)

Trauma Bonds (Blending – 2022)

La setlist du concert d’Amyl & The Sniffers :

Control (Confort to Me – 2021)

Do It Do It (Cartoon Darkness - 2024)

U Should Not Be Doing That (Cartoon Darkness - 2024)

Cup of Destiny (Amyl and the Sniffers – 2019)

Security (Confort to Me – 2021)

Doing in Me Head (Cartoon Darkness - 2024)

Guided by Angels (Confort to Me – 2021)

Balaclava Lover Boogie (Big Attraction EP – 2017)

GFY (Amyl and the Sniffers – 2019)

Me and The Girls (Cartoon Darkness - 2024)

Pleasure Forever (Giddy Up/Big Attraction – 2018)

Facts

Big Dreams (Cartoon Darkness - 2024)

Chewing Gum (Cartoon Darkness - 2024)

Tiny Bikini (Cartoon Darkness - 2024)

Got You (Amyl and the Sniffers – 2019)

Jerkin' (Cartoon Darkness - 2024)

Hertz (Confort to Me – 2021)

Some Mutts (Can't Be Muzzled) (Amyl and the Sniffers – 2019)

Commentaires
Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...
  • Depuis que j'ai 15 ans, ce qui nous fait un bail, je fréquente les salles de concert de par le monde, au gré de mon lieu de résidence. Il était temps de capturer quelque part tous ces grands et petits moments d'émotion, de rage, de déception, de plaisir...
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