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Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...
31 août 2026

Ce dimanche à Rock en Seine, c’est la « folie Cure » qui déferle. Ils sont des dizaines de milliers de personnes à vouloir être devant la scène ce soir, le mieux placés possibles, et le reste de la programmation de la journée, du coup, même si elle est riche, semble passer un peu « inaperçue ». Moi, je m’organise de manière opposée : pas de The Cure pour moi cette fois, mais je vais plutôt camper devant ma chère Scène de la Cascade (pardon, BoursoBank maintenant !), bien me placer au premier rang et enchaîner Dry Cleaning, Wolf Alice, et surtout Mogwai.

15h45 : Mon après-midi commence donc par Dry Cleaning, un groupe dont je ne sais toujours pas exactement quoi penser, après « toutes ces années ». Une chose est certaine, Dry Cleaning, c’est sans surprise : il y a le « Spoken Word » assez atone de Florence Shaw, posé sur une musique pour le coup réellement cold wave qui, elle, danse et flambe. Un mélange de chaud et de froid original et un concept intéressant, mais qui me semble toujours au final moins convaincant qu’espéré. Et cet après-midi, ce sera pareil à toutes les fois précédentes, où je les ai vus : du coup, ceux qui aiment auront aimé le set de quarante minutes (plus court de cinq minutes que prévu, ce qui n’est pas très sympathique pour les fans), tandis que ceux qui n’aiment pas se seront gentiment ennuyés.

 

 

Tom Dowse, à la guitare, fait toujours des merveilles, et reste quand même LA grande raison d’écouter Dry Cleaning. Pourtant, il paraît beaucoup moins boute-en-train que d’habitude, moins impliqué aussi, ce qui fait que le set sera inférieur au précédent que j’ai vu. Lewis Maynard, à la basse, essaie sans doute de compenser, et danse tout au long du concert avec un enthousiasme (qu’il espère) communicatif. Des pics d’intensité apparaissent après 15 minutes, en particulier sur l’excitant Magic of Meghan, un titre datant des débuts du groupe, il y a déjà sept ou huit ans… mais on aimerait qu’il y en ait plus ! Ils terminent leur set par Scratchcard Lanyard, un très bon morceau, mais qu’on dirait « sous-exposé » aujourd’hui. Donc, à la fin, les lignes n’ont pas bougé. Un jour, peut-être, Dry Cleaning transcendera-t-il son concept ? L’espoir s’amoindrit au fil des années…

 

17h25 : Wolf Alice n’est pas un groupe que j’ai particulièrement écouté et encore moins suivi : vu une seule fois en live, il y a huit ans au Download Festival, un ou deux albums réellement écoutés… Ellie Roswell chante très bien, elle a une élégance et une présence scénique remarquable, mais j’ai toujours trouvé quelque chose d’un peu « générique » dans sa musique. En plus, on m’avait prévenu que Wolf Alice avait changé de style musical, effectué un virage commercial vers la pop, loin du folk et du rock tendu de ses origines.

Et force est de constater que, durant la première moitié du set, on a du mal à reconnaître Wolf Alice, et pas seulement parce que la blonde Ellie Roswell est devenue brune. Si sa voix est toujours impeccable, si ses musiciens jouent le jeu à 200% pour animer la foule, faire taper des mains, chanter, sauter, avec une bonne humeur communicative (la palme revient au bassiste, Theo Ellis, omniprésent et charismatique), les titres de The Clearing qui ouvrent le set le semblent tout sauf intéressants. Seule surprise : à un moment, dans un bon esprit très sympathique, deux spectatrices – qui s’avéreront être hollandaises - sont invitées à monter sur scène pour chanter et danser, interlude qui se finira dans une sorte de ronde enfantine avec Ellie. Mais, soyons honnêtes, nous avons du mal à trouver tout ça passionnant.

Et puis, dans la seconde partie du set, on retrouve certains titres forts des albums précédents, le ton se durcit jusqu’à devenir intense, presque extrémiste, comme sur les féroces Yuk Foo et Play The Greatest Hits enchaînés avec une réelle furie. Ce qui prouve qu’il y a encore un groupe et une chanteuse de rock derrière cette soupe qu’ils nous ont servi et ce spectacle trop consensuel. Consensuel ? Oui, car si nous avons été, nous, déçus, ce n’est pas le cas des fans de Wolf Alice, qui ont semblé aux anges du début à la fin d’un set de presque une heure.

19h40 : Si j’ai tant envie de revoir Mogwai, alors que mon dernier concert du groupe de post-rock écossais ne date que de février 2025, c’est que la rumeur a couru parmi mes amis que Mogwai avait offert à la Route du Rock le meilleur concert de l’édition 2026 : du coup, je n’en espère pas moins pour Rock en Seine, ayant fait l’impasse et sur Nick Cave et sur The Cure. Et de fait, ce soir, ça va être très vite « plié » : dès le premier titre – oui, le premier –, qui n’est pas moins que God Gets You Back, la superbe ouverture psyché – où il y a même des vocaux ! - du dernier album, The Bad Fire (un titre dont je me souviens avoir pensé qu’il chassait un peu sur les terres du meilleur My Bloody Valentine !), quand la guitare de Stuart Braithwaite entre en action, on sent nos poils qui se dressent, les larmes qui nous montent aux yeux, le grand frisson qui arrive… Ce grand frisson que nous recherchons encore et encore dans la musique. Nous nous regardons, incrédules, entre fans massés au premier rang, impossible de mettre des mots sur cette sensation… Mogwai est vraiment immense…

Mais là où ce set d’une heure et dix minutes – un peu plus long que le temps prévu, ça nous change des raccourcis de Dry Cleaning et Wolf Alice ! – est exceptionnel, c’est que la même chose, le même frisson se reproduit, mais encore plus fort, au second titre, le bien nommé Hi Chaos avec son crescendo imparable. Et puis au troisième… I'm Jim Morrison, I'm Dead (j’adore le titre de ce morceau !)...

Ce ne sera ensuite que du bonheur, au fil d’une setlist qui me paraîtra l’une des plus parfaites que nous ayons entendu de la part de Mogwai depuis longtemps. Et oui, ils joueront le magique Auto Rock, l’un de leurs titres où c’est le piano qui mène la danse, et même leur single grungy et chanté (!), Fanzine Made of Flesh… Le tout sans que nous redescendions réellement de notre nuage pendant cette heure et dix minutes. Et tout se conclura sur l’enchaînement du très radical We’re Not Here et de l’incontournable fresque épique qu’est toujours Mogwai Fear Satan, avec ses breaks « infernaux ». Et dans un déluge aveuglant et éblouissant de lumière et d’électricité (pas très sympathique pour les épileptiques, pour le coup !), qui nous emporte, hébétés, mais extatiques, vers des rivages inconnus.

 

 

​​​​​​​On n'a rien dit ici de la scène - dont la seule décoration consiste en un drapeau palestinien à droite et un drapeau transgenre (rose, blanc et bleu) à gauche, marquant l'engagement politique soutenu du groupe -, ni des musiciens - comme toujours discrets, s'effaçant derrière leur musique, tous les cinq pleinement concentrés sur leurs instruments et sur la construction de leurs univers sonores : à un concert de Mogwai, la musique s'écoute plus qu'elle ne se regarde, et l'aventure proposée est avant tout intérieure. Et ça a été encore plus vrai cette fois que jamais.

Quand ce fut terminé, après nous être tous congratulés joyeusement, étourdis de bonheur, d’avoir eu « la sagesse » de parier sur Mogwai, il ne nous restait plus qu’à regretter qu’une partie du public ait déserté la Scène BoursoBrank avant la fin du concert, pour se mieux placer devant la Grande Scène, ce qui était sans doute inévitable. Nous, nous n’avions plus qu’une solution : quitter Rock en Seine, pour garder précieusement, très précieusement dans notre mémoire et notre cœur le souvenir de cette musique tout simplement idéale.

Tout ce que nous attendons d’un concert de Rock, Mogwai nous l’a donné ce soir.

Merci, Rock en Seine !

La setlist du concert de Dry Cleaning :

Strong Feelings (New Long Leg – 2021)

Gary Ashby (Stumpwork – 2022)

Her Hippo (New Long Leg – 2021)

Magic of Meghan (Sweet Princess EP – 2018)

Cruise Ship Designer (Secret Love – 2026)

Scratchcard Lanyard (New Long Leg – 2021)

La setlist du concert de Wolf Alice :

Bloom Baby Bloom (The Clearing – 2026)

White Horses (The Clearing – 2026)

Formidable Cool (Visions of a Life - 2017)

Just Two Girls (The Clearing – 2026)

Leaning Against the Wall (The Clearing – 2026)

How Can I Make It OK? (Blue Weekend – 2021)

Bros (My Love Is Cool – 2015)

The Sofa (The Clearing – 2026)

Bread Butter Tea Sugar (The Clearing – 2026)

Yuk Foo (Visions of a Life - 2017)

Play the Greatest Hits (Blue Weekend – 2021)

Smile (Blue Weekend – 2021)

The Last Man on Earth (Blue Weekend – 2021)

Don't Delete the Kisses (Visions of a Life - 2017)

La setlist du concert de Mogwai :

God Gets You Back (The Bad Fire – 2025)

Hi Chaos (The Bad Fire – 2025)

I'm Jim Morrison, I'm Dead (The Hawk is Howling – 2008)

New Paths to Helicon, Pt. 1 (Ten Rapid (Collected Recordings 1996–1997) – 1997)

How To Be A Werewolf (Hardcore Will Never Die, But You Will – 2011)

Ritchie Sacramento (As the Love Continues – 2021)

Auto Rock (Mr. Beast – 2006)

Fanzine Made of Flesh (The Bad Fire – 2025)

Remurdered (Rave Tapes – 2014)

We're No Here (Mr. Beast – 2006)

Mogwai Fear Satan (Young Team – 1997)

Commentaires
Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...
  • Depuis que j'ai 15 ans, ce qui nous fait un bail, je fréquente les salles de concert de par le monde, au gré de mon lieu de résidence. Il était temps de capturer quelque part tous ces grands et petits moments d'émotion, de rage, de déception, de plaisir...
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