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Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...
4 avril 2022

Porridge Radio - Dimanche 3 Avril 2022 - Boule Noire (Paris)

Every Bad, l’album de Porridge Radio s’était imposé comme l’un des plus marquants de l’année 2020. On attendait donc avec impatience le fameux « retour à la normale » des concerts pour pouvoir juger sur pièces, en live, de ce groupe si prometteur. Leur ouverture du premier concert de IDLES à l’Elysée Montmartre ne nous avait pas déçus, mais ce premier VRAI concert à la Boule Noire était véritablement l’épreuve du feu pour Dana Margolin et son groupe.

20h : Flora Hibberd est une jeune femme qui se présente comme de nationalité anglaise (« comme Porridge Radio… ») et vivant à Paris. Et elle nous offre 35 minutes intensément poétiques, avec de très beaux textes mis en musique de manière plutôt minimale, un peu à la manière d'une Aldous Harding. La voix de Flora, grave et riche fait beaucoup dans la force des images transmises, par exemple dans un Crater Lake assez saisissant. On pourra regretter une certaine uniformité des atmosphères, qui finit par user un peu notre intérêt. Jusqu'à un final plus vigoureux, avec Headlights, qui démontre par l'absurde le besoin de secouer un peu cette musique pour qu'elle soit encore plus belle.

21h : si nos chouchous de Porridge Radio nous avaient fait bonne impression en première partie de IDLES, nous pressentions que, en tête d'affiche, dans une salle plus intime comme celle de la Boule Noire, le groupe serait encore plus impressionnant, à la hauteur de son magnifique Every Bad. Et nous avions raison ! Une trop courte heure plus tard, nous ressortiront éblouis et bouleversés de la plus forte décharge émotionnelle ressentie depuis longtemps.

En fait, dès l'ouverture de Born Confused avec son final ascendant (« Thank you for leaving me, Thank you for making me happy ! », répété comme un mantra enragé), c'était gagné ! Et la suite, succession quasi ininterrompue de moments forts extraits de Every Bad ou annonciateurs du prochain album, Waterslide, Diving Board, Ladder to the Sky, annoncé pour mai, n'a presque jamais laisser retomber la tension.

Quand on voit le sourire plein de douceur de Dana Margolin, on a du mal à imaginer les torrents de douleur et de frustration qu'elle est capable de déverser dans ses chansons : avec ses textes très près de l'os, voire brutaux, sur la sauvagerie des relations amoureuses, et sa manière de pousser sa voix d'abord dans le défi, puis dans la colère, puis dans la rage incandescente, Dana met en scène l'horreur de l'amour qui déraille et qui s'enfuit, les désastres du cœur. Cela ne peut clairement ne pas plaire à tout le monde, en particulier cette répétition de phrases - souvent terribles - pendant de longues minutes paraît un peu "too much" à ceux qui préfèrent la douleur discrète et les soupirs de tristesse. Chez Porridge Radio, il s'agit de catharsis, de cris de rage et d'affolement de l'âme. Chez Porridge Radio, la vie est une salope et on ne se laisse pas faire, même si l’auto-détestation peut aussi s’inviter au programme…

Oh, tous les morceaux ne sont pas extrêmes, et les claviers de Georgie délivrent leur lot bienvenu de hooks qui sonnent presque New Wave, et les voix de Maddie, la souriante bassiste remise de ses problèmes de cheville, et de Georgie viennent adoucir régulièrement l’amertume des chansons. Et, au fond, devant le grand électronique sur lequel brille et palpite la pochette de l’album, Sam propulse la machine Porridge Radio vers l’avant. Quelques accélérations, trop brèves peut-être, montrent parfois la voix d’une autre libération, plus physique celle-ci, des tensions par la danse. Le set se clôt, trop vite, par la tuerie qu’est Lilac… Comment s’arrêter de hurler à pleins poumons avec Dana et autre mantra rempli d’une indicible panique : « I don’t want to get bitter / I want us to get better / I want us to be kinder / To ourselves and to each other » ? Les larmes aux yeux, on voudrait que ça ne s’arrête jamais, pour ne pas avoir à retourner affronter les désastres de nos vies…

En rappel, Waterslide, Diving Board, Ladder to the Sky (la chanson…) propose une version plus apaisée, en quasi solo, de Dana Et, enfin, en conclusion dévastatrice, le terrible Sweet (« And she will love me when she meets me / She will love me when she meets me / I am charming, I am sweet », jusqu’aux cris, jusqu’aux larmes (amères) nous explose définitivement le cœur. Boooooooom !

Porridge Radio n’est peut-être pas encore un GRAND groupe, juste une énorme expérience émotionnelle. Mais Porridge Radio est un JEUNE groupe, et l’avenir lui appartient.

 

La setlist du concert de Flora Hibberd :

Hold (Hold – 2021)

Viper

Night, Perpetual (Hold – 2021)

Sometines I Miss You

SNC

Every Incident

Crater Lake

Headlights (Archipelago – 2020)

 

Les musiciens de Porridge Radio sur scène :

Dana Margolin – guitare, chant

Georgie Stott – claviers, chant

Maddie Ryall – basse, chant

Sam Yardley - batterie

La setlist du concert de Porridge Radio :

Born Confused (Every Bad – 2020)

Give/Take (Every Bad – 2020)

Circling (Every Bad – 2020)

Good for You (single – 2020)

Splintered

Long (Every Bad – 2020)

Back to the Radio

Jealousy

7 Seconds (single – 2020)

Lilac (Every Bad – 2020)

Encore:

Waterslide, Diving Board, Ladder to the Sky

The Rip

Sweet (Every Bad – 2020)

Commentaires
Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...
  • Depuis que j'ai 15 ans, ce qui nous fait un bail, je fréquente les salles de concert de par le monde, au gré de mon lieu de résidence. Il était temps de capturer quelque part tous ces grands et petits moments d'émotion, de rage, de déception, de plaisir...
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