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Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...
4 janvier 2010

Neil Young - Jeudi 16 Septembre 1982 - Ile St Germain, Issy-les-Moulineaux

1982_09_Neil_Young_Ile_St_Germain_BilletSoyons clairs : ce soir, ce n'est pas n'importe qui que nous allons voir, c'est Neil Young ! Un géant, et l’un des seuls survivants encore crédibles des années 70 et du rêve hippie… Le problème de Neil Young en 1982, c’est que son éternel public semble n’avoir jamais écouté que "Harvest" ou "Déjà Vu" (deux albums magnifiques, mais là n’est pas la question !), et ne connaître ni  "Rust Never Sleeps", ni le fulgurant "Trans", son dernier album, hyper-électrique (…mais sans doute quand même pas très inspiré, c’est vrai…). D’où le malentendu effrayant ce soir entre "le tigre" et son public. Mais revenons un peu en arrière…

Drôle d'endroit pour un concert que cette Ile St Germain, située en face d'Issy les Moulineaux sur la Seine ! L'accès n'y est pas évident, et - on le verra à la fin - en faire sortir plusieurs milliers de personnes à la fin du concert relèvera de la gageure... Il est rapidement évident pour moi, en écoutant les conversations autour de moi que Neil a attiré ce soir un public par trop traditionnel, qui a plus envie d'écouter des morceaux acoustiques extraits de "Harvest" ou "Comes a Time" (cruel contresens sur le billet, d'ailleurs) que… ce que Neil va lui servir…

 

1982 09 Neil Young Ile St Germain 02

Car c'est - heureusement pour moi - le Neil électrique et énervé auquel nous avons droit : cheveux courts, tenue blanche minimale, on est loin de l'imagerie hippie-folk. Et comme, divine surprise, la seconde guitare est assurée ce soir par Nils Lofgren, l'ex-petit prodige de la 6 cordes, nous allons avoir droit à un beau déluge d'électricité... Le concert commence très, très fort avec l’enchaînement de Don’t Cry No Tears / Everybody Knows This is Nowhere et Cortez The Killer ! je suis aux anges… Mais ce déluge d’électricité n'est visiblement pas du goût des babas autour de moi... Je ricane en moi-même : rien de tel qu'un peu de polémique pour mettre du piment dans un concert ! Vient la pause solo / acoustique - superbe, c’est un fait (Old Man, The Needle and The Damage Done, Comes A Time, un Birds bouleversant au piano,…) - et les sourires reviennent sur les visages de mes voisins. Pas pour longtemps, néanmoins, car alors que le groupe revient sur scène, Neil nous sort un drôle de bidule avec un tuyau dans lequel il chante, déformant sa voix au delà de toute reconnaissance possible. Il entame ainsi la deuxième partie du set, hallucinante, composé de nouveaux morceaux heavy metal discoïde ou de reprises de morceaux connus chantés au vocoder, et peut-être annonciateurs d’un nouveau style pour cet artiste toujours à la recherche d’idées nouvelles… et qui mérite décidément mieux que ce public de l’Ile St Germain, qui ira même jusqu’à huer son idole… Des nouveaux morceaux, je retiendrai particulièrement une longue et flamboyante épopée come Neil a toujours su en composer, qui s’appelle a priori Like An Inca, et qui sera pour moi un pur moment de bonheur… A noter aussi que le Loner n’aura pas joué une seule note de son dernier album en date, "Reactor", et qu’il a donc visiblement déjà l’esprit tourné vers l’avenir et ses expérimentations…

 

1982 09 Neil Young Ile St Germain 01

En dépit (un peu à cause aussi…) de mes altercations avec mes voisins qui ne partageaient pas mon enthousiasme, je ressors de cette soirée avec le sentiment d’avoir vécu un grand concert, presque un concert exceptionnel. Et d’avoir renouvelé mon pacte de fidélité avec ce musicien hors normes qu’est Neil Young !

Photos : Jean-Pierre V.

Les musiciens du concert de Neil Young :

Neil Young – guitar, piano, voice

+

Ben Keith

Nils Lofgren

Joe Lala

Bruce Palmer

Larry Craigg

Ralph Molina

Joel Bernstein

 

La set list du concert de Neil Young :

On The Way Home (Buffalo Springfield – Last Time Round – 1968)

Don't Cry No Tears (Zuma – 1975)

Everybody Knows This Is Nowhere (Everybody Knows This Is Nowhere – 1969)

Cortez The Killer (Zuma – 1975)

If You Got Love (new song)

Soul Of A Woman (new song)

Are You Ready For The Country? (Harvest – 1972)

Southern Man (After The Goldrush – 1970)

A Little Thing Called Love (new song)

Old Man (Harvest – 1972)

The Needle And The Damage Done (Harvest – 1972)

Comes A Time (Comes a Time – 1978)

Birds (After The Goldrush – 1970)

Beggars Day (Nils Lolgren)

Like An Inca (new song)

Hey Hey, My My (Into The Black) (Rust Never Sleeps – 1979)

Cinnamon Girl (Everybody Knows This Is Nowhere – 1969)

Like A Hurricane (American Stars’n’Bars – 1977)

I Am A Child (Buffalo Springfield – Last Time Round – 1968)

 Sugar Mountain (single B-side – 1969)

----Encore----

Sample And Hold (new song)

Mr. Soul (Buffalo Springfield – Again – 1967)

 

Commentaires
F
J'y étais aussi. C'est pour moi un souvenir exceptionnel, inoubliable. Environ 30.000 personnes, je crois et il faisait très chaud. Effectivement, j'ai vu plusieurs personnes évanouies portées à bout de bras vers la sortie, qui a été très longue et difficile. Il me semble que j'ai conservé le ticket d'entrée de ce concert. Ça fait 42 ans, et j'avais 26 ans. :o)
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G
Au fait, merci pour votre super travail sur ce concert magnifique !<br /> <br /> Ce qui s’est passé c’est qu’il n’y avait que la sortie du pont et comme on est tous rentrés progressivement, le monde s’est réparti autour de la scène (si vous vous rappelez elle était avec une grande bande d’estrade qui s’avançait dans le public).<br /> <br /> Donc pour repartir, il y avait cette petite dune sur toute la largeur, tout était tranquille sauf que ça a formé un entonnoir très réduit et les gens ont commencé à se tasser, il y a eu un, puis plusieurs malaises et les gens évanouis étaient déplacés par les bras de la foule jusqu’au pont.<br /> <br /> Même problème au parc de Sceaux pour Supertramp...<br /> <br /> Aujourd’hui les choses sont mieux, mais les Stones à Marseille en 2018 c’était bien pourri pour rentrer.<br /> <br /> Encore merci pour ce doc.<br /> <br /> Bonne suite
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E
Comme j'étais au premier rang, je suis sorti très tard, je n'ai rien vu... Qu'est-ce qui s'est passé ?
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G
j,y étais, j'ai adoré. La sortie un peu moins, on faisait passer des corps au dessus de nos têtes vers les ambulances les lumières affolantes qui attendaient sur le pont...
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L
Ce fut un concert exceptionnel, géant !
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Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...
  • Depuis que j'ai 15 ans, ce qui nous fait un bail, je fréquente les salles de concert de par le monde, au gré de mon lieu de résidence. Il était temps de capturer quelque part tous ces grands et petits moments d'émotion, de rage, de déception, de plaisir...
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